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Actualités - Opinion

Texto Merci messieurs

de Lélia Mezher Merci messieurs. Vraiment, les femmes du Liban apprécient…Un quota féminin, franchement. L’idée est tellement archaïque, désuète. À quoi pensaient-elles ? Pendant qu’ils rejetaient cette réforme de la loi électorale, les (hommes) politiques de ce pays ont sûrement eu à l’esprit le tollé provoqué par la mise en place d’un quota permettant aux étudiants en provenance de milieux sociaux plus au moins défavorisés d’accéder à l’IEP, l’une des plus prestigieuses grandes écoles de France. Cette proposition avait à l’époque tout de suite provoqué des remous, sous prétexte qu’une discrimination positive est une discrimination quand même. Ce qui est tout à fait vrai, d’ailleurs. Sauf qu’au Liban, une discrimination positive au profit des femmes est une nécessité, un besoin pressant. Inutile, le quota féminin ? Petit rappel. Les femmes du Liban, messieurs, ne peuvent transmettre la nationalité libanaise ni à leurs époux ni à leurs enfants. Certaines courent le risque d’être assassinées à chaque fois qu’un homme de leur famille aura eu la vague impression qu’elles ont, d’une manière ou d’une autre, porté atteinte à son honneur. D’autres sont obligées de quitter leur travail lorsqu’elles se marient. D’autres encore n’auront jamais le droit de travailler. Alors, une petite discrimination positive de plus, additionnée à toutes les autres, aussi négatives qu’elles puissent être, leur aurait certainement insufflé un sentiment d’appartenance à ce pays. « Nous sommes des citoyennes », scandaient récemment un groupe de femmes, place de l’Étoile, dans l’espoir de faire pression sur les hommes au pouvoir pour que la réforme soit adoptée. Faut-il toutefois rappeler que même en étant simplement citoyens au masculin, les Libanais n’accèdent à aucun de leurs droits ? Faire pression sur les hommes au pouvoir. Un espoir surréaliste, semble-t-il. Car en plus des tracas classiques d’une campagne électorale – avec tout ce que celle-ci suppose comme intrigues, coups bas, couteaux dans le dos, etc. – pourquoi un politicien lambda se donnerait-il le mal d’afficher sur sa liste électorale des partenaires du sexe opposé ? C’est déjà assez compliqué de se faire comprendre entre hommes, vous diront-ils… Mais toute cette argumentation finit par être ridicule. Il n’y a qu’à observer la manière dont le président de la Chambre s’adresse à toutes les Nayla Moawad, Bahia Hariri, Solange Gemayel, Ghenwa Jalloul du Parlement pour comprendre que les femmes ont encore un très long chemin à parcourir avant de parvenir à s’imposer dans la vie politique nationale.
de Lélia Mezher

Merci messieurs. Vraiment, les femmes du Liban apprécient…Un quota féminin, franchement. L’idée est tellement archaïque, désuète. À quoi pensaient-elles ?
Pendant qu’ils rejetaient cette réforme de la loi électorale, les (hommes) politiques de ce pays ont sûrement eu à l’esprit le tollé provoqué par la mise en place d’un quota permettant aux étudiants en provenance de milieux sociaux plus au moins défavorisés d’accéder à l’IEP, l’une des plus prestigieuses grandes écoles de France. Cette proposition avait à l’époque tout de suite provoqué des remous, sous prétexte qu’une discrimination positive est une discrimination quand même. Ce qui est tout à fait vrai, d’ailleurs. Sauf qu’au Liban, une discrimination positive au profit des femmes est une nécessité, un besoin...