En baisse de près de 10 %, la Bourse saoudienne
a vécu l’une des pires journées de son histoire.
À l’image des autres marchés boursiers mondiaux, la Bourse saoudienne, la première du monde arabe en termes de capitalisation, a plongé de près de 10 % hier à sa réouverture, alors que les places financières des autres monarchies du Golfe poursuivaient leur recul entamé la veille.
La Bourse saoudienne était restée fermée pendant une semaine en raison de l’Aïd el-Fitr. À la clôture, le Saudi Tadawul All-Shares Index (TASI) perdait 9,81 % à 6 726,60 points, son niveau le plus bas depuis plus d’un an. Il s’agit des pertes les plus élevées en une seule journée depuis plusieurs années. Avant l’Aïd, le TASI avait déjà fini le troisième trimestre en baisse de 20,2 % par rapport à la clôture du deuxième trimestre. C’est l’une des pires journées dans l’histoire du marché saoudien, où les 124 titres cotés ont cédé près de 10 %, le seuil maximum autorisé en Arabie saoudite.
Outre la crise financière mondiale, la chute du marché saoudien semble s’expliquer par les résultats modestes annoncés par certaines grandes banques du royaume pour les neuf premiers mois de l’année.
La combinaison de ces deux facteurs a fait sombrer le marché, a indiqué l’économiste saoudien Ali al-Dakkak. « C’est la panique face aux événements sur le marché mondial. Ici, les investisseurs s’attendent au pire sur les marchés américain et européens et redoutent un impact sur l’Arabie saoudite et la région », a-t-il dit à l’AFP. À cela s’ajoutent des bénéfices « inférieurs aux attentes annoncés par des sociétés cotées, notamment des banques. Cela donne une indication pour les autres groupes », a ajouté M. Dakkak, directeur d’al-Dakkak Economic Studies House. Al-Rajhi Banking Corp. a ainsi annoncé une augmentation de seulement 5 % de ses bénéfices, tandis que la banque saoudo-américaine Samba a fait état d’un recul de 6,3 % de ses bénéfices nets par rapport à la même période de l’an dernier. Les titres des différents secteurs étaient en baisse hier sur le marché saoudien. Les valeurs de la pétrochimie, conduites par le géant Sabic, ont perdu 9,92 %. Le groupe Sabic a lui-même chuté de 10 %.
Pour leur part, les Bourses des autres monarchies pétrolières du Golfe ont poursuivi la dégringolade amorcée à la reprise de leurs activités dimanche après l’Aïd. Le Kuwaiti Stock Market (KST), le second du monde arabe en termes de capitalisation, est tombé hier en dessous de 12 000 points pour la première fois depuis 15 mois. Il a perdu 3,4 % pour fermer à 11 951,70 points, cédant 6,9 % en deux jours.
Plusieurs députés koweïtiens ont appelé hier le gouvernement à « intervenir immédiatement pour stopper la chute » de la Bourse, qui se poursuivait malgré l’injection par l’État au cours des deux dernières semaines de liquidités sur le marché.
La Bourse de Dubaï a, elle, chuté de 7,6 % à 3 551,79 points, son plus bas niveau en plus de 18 mois, portant ses pertes à près de 14 % en deux jours. M. Dakkak a indiqué qu’outre la panique sur les marchés internationaux, les Bourses émiraties de Dubaï et d’Abou Dhabi étaient tirées vers le bas par le secteur immobilier. Le groupe Emaar, le géant de ce secteur, a ainsi connu une deuxième journée noire en plongeant de 10,74 %. Dimanche, il avait déjà perdu plus de 10 %. Le secteur de l’immobilier à Dubaï a perdu 11,1 % et celui des télécommunications et des services 12 %. La deuxième Bourse des Émirats arabes unis, celle d’Abou Dhabi, a fini la journée à 3 558,18 points, en baisse de 5,6 %, portant à 10 % ses pertes en deux jours. Cette Bourse a aussi été touchée par la dégringolade du secteur immobilier, qui a cédé 9,2 %. Au Qatar, Doha Securities Market a fermé en baisse de 4,43 % à 8 280,89 points, perdant 11,1 % en deux jours. Enfin, la Bourse d’Oman a chuté de 6,7 % pour clore à 7 702,85 points, perdant 9,3 % depuis dimanche.
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