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Actualités - Opinion

Billet Art de la table

Par Gaby Nasr Rien à voir avec la table minable naguère dressée par Istiz Nabeuh au Parlement, une espèce d’établi circulaire, discrètement monté de sa cave perso, hâtivement dépoussiéré par ses bonnes puis pudiquement enveloppé d’un drap blanc récupéré de la buanderie. Au château de Michel Ier, puissance invitante, le meuble à palabres était une véritable piste d’aéroport. Afin sans doute d’éviter que cette information hautement stratégique ne tombe aux mains des Hébreux, les mensurations de la table de dialogue sont rigoureusement confidentielles. Chez nous, faut-il le rappeler, tout est secret d’État… jusqu’aux analyses d’urine des ministres et députés. Pour le reste, on retiendra que le style du meuble est très largement basé sur l’observation des rapports intercommunautaires. Non seulement en ce qui concerne l’ornement, mais aussi d’un point de vue conceptuel : des lignes vitales, sensuelles et ondoyantes irriguent la structure et en prennent possession. Signe de ces temps de réconciliations, fauteuils et table semblent avoir été modelés dans une matière à la mollesse caractéristique, mais pas forcément reposante. Partout où cela est possible, la ligne droite est bannie, et les divisions structurelles sont cachées au bénéfice de la ligne sinueuse et du mouvement. La principale originalité réside dans l’idée créative du plateau de la table, au milieu duquel les artisans ont creusé une fosse. On y a placé des pots de fleurs, mais les convives pourront toujours y stocker des armes pour le cas où la discussion tournerait au vinaigre. Enfin, il serait peut-être utile de signaler que le meuble possède des capacités vibrantes. En fait, la table servira aussi à tester certains spécimens agités affublés d’un neurone unique et à l’ego surdimensionné. Huit vérins hydrauliques, pouvant développer chacun une force dynamique de plusieurs dizaines de tonnes, permettent de réaliser des stimulations tridimensionnelles lorsque l’un de ces excités entre en transe. Voilà pour l’essentiel de cette première séance de dialogue. Ah, j’oubliais ! La rumeur publique raconte qu’il y avait ce jour-là 14 hurluberlus affalés autour du meuble. Mais l’info, farfelue et sans aucune espèce d’intérêt, oblige à préciser que personne ne s’en était aperçu…
Par Gaby Nasr

Rien à voir avec la table minable naguère dressée par Istiz Nabeuh au Parlement, une espèce d’établi circulaire, discrètement monté de sa cave perso, hâtivement dépoussiéré par ses bonnes puis pudiquement enveloppé d’un drap blanc récupéré de la buanderie. Au château de Michel Ier, puissance invitante, le meuble à palabres était une véritable piste d’aéroport.
Afin sans doute d’éviter que cette information hautement stratégique ne tombe aux mains des Hébreux, les mensurations de la table de dialogue sont rigoureusement confidentielles. Chez nous, faut-il le rappeler, tout est secret d’État… jusqu’aux analyses d’urine des ministres et députés.
Pour le reste, on retiendra que le style du meuble est très largement basé sur l’observation des rapports intercommunautaires. Non...