Suzanne BAAKLINI
Prêcher dans le Sahara. On pourrait utiliser cette expression pour souligner à quel point parler d’écologie au Liban rencontre généralement peu d’échos, surtout auprès des autorités concernées. Le drame, c’est que le mot « désert » risque bientôt de traduire littéralement la réalité…
Une centaine de cèdres abattus récemment à Hardine (dans le périmètre de la réserve de Tannourine, qui plus est) ; des dizaines de pins coupés à Kobeyate dans le Akkar (l’écologiste Antoine Daher a été arrêté quelques heures pour… avoir protesté contre cette décision de la municipalité de son village, alors que les vrais coupables courent toujours) ; des milliers de cèdres, sapins de Cilicie et genévriers qui disparaissent de l’ancestrale forêt de Jabal el-Qillé (près de Kornet es-Saouda), etc. Et les exemples d’abattage d’arbres supposés être protégés par la loi se multiplient. Or, malgré les nombreux scandales signalés dans la presse, les autorités politiques et judiciaires n’ont pas réagi.
Pourquoi cette léthargie ?
Parce que le mazout coûte trop cher et qu’on ferme les yeux sur un trafic de bûches pour l’hiver ? Parce que les assassins de forêts sont souvent « protégés » et que les seuls à oser les dénoncer, à part les écologistes excédés, c’est la partie politique adverse quand elle estime en tirer un profit électoral ? Le Liban se désertifie à vue d’œil, et l’environnement s’avère, une nouvelle fois, le miroir de la réalité du pays. En effet, à force de turbulences et de dissensions qui empêchent ou ralentissent toute action répressive et dissuasive à l’encontre des contrevenants, le Liban est en train, sans nul doute, de se vider de sa substance, tout comme ses forêts perdent leur couverture végétale. En faut-il plus pour convaincre les autorités de bouger ? Ce sont elles et elles seules qui, finalement, ont les clés en main.
Prêcher dans le Sahara. On pourrait utiliser cette expression pour souligner à quel point parler d’écologie au Liban rencontre généralement peu d’échos, surtout auprès des autorités concernées. Le drame, c’est que le mot « désert » risque bientôt de traduire littéralement la réalité…
Une centaine de cèdres abattus récemment à Hardine (dans le périmètre de la réserve de Tannourine, qui plus est) ; des dizaines de pins coupés à Kobeyate dans le Akkar (l’écologiste Antoine Daher a été arrêté quelques heures pour… avoir protesté contre cette décision de la municipalité de son village, alors que les vrais coupables courent toujours) ; des milliers de cèdres, sapins de Cilicie et genévriers qui disparaissent de l’ancestrale forêt de Jabal el-Qillé (près de Kornet...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.