Les accidents de la route sont la première cause de décès des jeunes de 15 à 25 ans, l’alcool combiné à la vitesse étant souvent à l’origine des drames de la circulation en plus du non-respect du code de la route. Le nouveau ministre de l’Intérieur a décidé de mettre fin à ce laxisme en ordonnant de réprimer sérieusement les infractions.
Plus de 500 morts par an sur les routes dont 50 % sont des jeunes entre 18 et 34 ans. Des chiffres qui nous ont été rappelés hier par le ministre Ziyad Baroud, qui a entamé son nouveau mandat par une série de mesures concernant la circulation qu’il entend faire appliquer avec rigueur. Après une campagne de conscientisation et d’éducation qui a duré deux semaines, les policiers sont passés à l’acte hier pour réprimer les contrevenants, notamment en matière de port de la ceinture de sécurité, d’utilisation du téléphone mobile au volant, de conduite en état d’ébriété ou sans casque pour les motocyclistes.
Mobilisés sur l’ensemble des axes routiers principaux, les agents de la circulation ont sévi là où les automobilistes ont ignoré les consignes. Certes, les contraventions étaient au rendez-vous, et les Libanais – qui attendaient depuis bien longtemps ces mesures restrictives – se sont donné le mot. Beaucoup d’entre eux avaient ainsi bouclé leur ceinture et n’ont pas attendu d’être rappelés à l’ordre par les agents.
À tous les points principaux de la capitale, les policiers ont rempli leur mission avec un sérieux que seul le passage de la gent féminine pouvait ébranler par moments.
« S’il vous plaît, madame, rangez votre cellulaire. Il est interdit en voiture », lance un agent à une jeune conductrice au croisement de la rue Hamra. En place et lieu du procès-verbal, le policier tente de dessiner un froncement de sourcil auquel la jeune fille répond par un sourire désarmant après avoir toutefois obtempéré.
Posté à quelques mètres de là, son collègue sera moins clément envers les conducteurs, tous sexes confondus, et tranche sur un ton ferme que les citoyens avaient oublié depuis belle lurette.
Place Sassine, un policier raconte que plusieurs contraventions ont été dressées en cours de matinée, pour sanctionner les conversations au cellulaire et l’absence de la ceinture.
Selon le commandant du service de la circulation, le colonel Joseph Doueyhi, les agents de la circulation ont désormais l’ordre de sanctionner tous ceux qui sont en infraction avec le code de la route. « Cela inclut notamment, outre l’obligation du port de la ceinture de sécurité, du casque pour les conducteurs de motos et de mobylettes, les communications effectuées sur le téléphone mobile au volant, l’absence d’extincteur, la vitesse, l’ébriété au volant, la circulation en sens interdit, le non-respect du feu rouge, bref toutes les violations prévues par la loi », assure le responsable.
L’officier insiste sur le fait que les FSI ne cherchent pas à dresser des PV pour leur propre plaisir, « mais pour protéger la vie des citoyens et mettre fin au fléau des accidents routiers qui sont souvent mortels ».
« Nous avions laissé aux citoyens une période de probation de deux semaines au cours de laquelle nous avions procédé à les sensibiliser sur l’importance des mesures préventives sur les routes. Cette période est aujourd’hui terminée puisque à partir d’aujourd’hui, nous allons tout simplement faire appliquer la loi », ajoute-t-il.
Interrogé à son tour, Fadi Gebran, fondateur de l’Association pour la sécurité routière « Koun Hadi », a salué cette initiative majeure, insistant toutefois sur l’importance des facteurs de « continuité et de persévérance ».
« Si les conducteurs se rendent compte d’un certain laxisme au niveau de l’application de la loi, et si ces mesures s’avèrent ponctuelles et temporaires, on n’aura rien fait », dit-il. Par contre, si les policiers parviennent véritablement à s’imposer et à verbaliser toutes les infractions, nous pourrions atteindre une baisse des accidents dans une proportion de 50 %.
Fadi Gebran – dont le fils est décédé à l’âge de 18 ans au volant – insiste cependant sur le fait que les autorités devraient faire preuve d’une plus grande vigilance sur certaines tranches d’autoroutes où les accidents sont récurrents, comme à Dora, et sur les routes menant vers le Nord ou le Sud.
Quoi qu’il en soit, c’est déjà un pas en avant en direction de la réhabilitation de l’autorité des FSI en matière de circulation et une initiative qui vise, en premier lieu, à sauvegarder la vie des citoyens, pour en finir avec la banalisation de la mort qui ne cesse d’accabler ce pays.
Je. J.
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Plus de 500 morts par an sur les routes dont 50 % sont des jeunes entre 18 et 34 ans. Des chiffres qui nous ont été rappelés hier par le ministre Ziyad Baroud, qui a entamé son nouveau mandat par une série de mesures concernant la circulation qu’il entend faire appliquer avec rigueur. Après une campagne de conscientisation et d’éducation qui a duré deux semaines, les policiers sont passés à l’acte hier pour réprimer les contrevenants, notamment en matière de port...