Une source israélienne a annoncé l’intrusion, ces dernières 48 heures, de deux
bataillons de commandos syriens en territoire
libanais au Nord. Une source ministérielle dément catégoriquement.
Deux bataillons de commandos de l’armée syrienne auraient traversé la frontière nord durant les dernières 48h pour prendre position dans sept villages à majorité alaouite, sans toutefois nommer ces villages. Le but ultime étant de « sécuriser Tripoli afin de garantir le flux d’armes destinées au Hezbollah ». Ces informations, rapportées par le site Internet israélien DebkaFile, n’ont toutefois pas pu être corroborées. Contacté par L’Orient-Le Jour, un député du Nord a affirmé qu’il n’était pas au courant de tels développements, mais a toutefois indiqué que « les Syriens contrôlent déjà les frontières et disposent d’ores et déjà de routes d’armes » avant d’ajouter que « la Syrie sent peut-être qu’elle dispose actuellement d’une couverture israélienne pour prendre de telles initiatives ».
Une source ministérielle a de son côté démenti de manière catégorique ces informations, à l’instar d’une source proche de l’armée libanaise. Les milieux proches du Courant du futur ont quant à eux choisi de discréditer totalement la source, soulignant que le site DebkaFile « n’est pas digne de foi ».
L’information, qui cite des sources militaires israéliennes, ajoute que les bataillons sont accompagnés d’unités de reconnaissance et d’ingénierie et qu’il s’agit de la plus importante force militaire infiltrée en territoire libanais depuis mai 2005.
Le site souligne que cette incursion coïncide avec l’arrivée attendue d’experts de la marine russe ainsi que d’ingénieurs militaires à Tartous, qui servira bientôt de base permanente russe, la première du genre en Méditerranée. Selon DebkaFile, « il est désormais clair que le président syrien Bachar el-Assad sent qu’il peut en toute sécurité et en toute impunité s’embarquer dans une nouvelle aventure étrangère et occuper le Liban-Nord sans crainte de représailles ».
L’article ajoute que des sources proches de Washington et de Paris ont confié que les gouvernements américain et français « avaient vu cela venir », notamment après les accusations formulées à l’encontre du député Saad Hariri et de l’Arabie saoudite. Ces derniers sont accusés par la Syrie de « sponsoriser » les mouvements salafistes dans le nord du pays et de le transformer en « Kandahar libanais » afin de s’assurer que le Hezbollah ne s’approchera pas de cette région. Le président syrien aurait affirmé à son homologue français Nicolas Sarkozy, lors de sa récente visite à Damas, que « l’Occident devrait comprendre que la Syrie ne tolérera pas une base jihadiste à sa porte ».
Pour Israël, cette opération est destinée à s’éterniser car « le but de Bachar el-Assad est de sécuriser Tripoli afin de garantir le flux d’armes destinées au Hezbollah en provenance de Lattaqié et de Tartous. La présence militaire russe ajoutera encore un peu plus de complications à cette situation ». DebkaFile a en outre qualifié cette « invasion » de « sérieuse ».
Un site Internet américain, International Analyst Network, a de son côté repris les informations diffusées par DebkaFile en affirmant que celles-ci « confirmaient des informations que nous avions nous-mêmes publiées il y a exactement une semaine de cela ». Le site souligne que « des centaines de commandos, précédés par des douzaines de membres des services de renseignements syriens », avaient traversé la frontière au niveau du village de Hekr Dahr. « Nous avons également relevé des incursions régulières qui ont eu lieu depuis le 3 septembre, et des hélicoptères ont pu être observés du côté de la frontière syrienne, ainsi que des tanks et des pièces d’artillerie », indique également l’information parue sur le site.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats