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Portrait Le monde sans limites de Nabil Romanos

REPORTAGE
15/09/2008
Carla HENOUD Il en a fait le tour des dizaines de fois, plongeant dans ses extrêmes, climats, peuples, cultures et géographies. Mais Nabil Élias Romanos ne se lasse jamais de ces voyages passionnants qui le rapprochent toujours un peu plus de lui-même. Chaque année a ses émotions, ses images, ses expéditions, ses photos et ses souvenirs. Chaque année, depuis quatorze ans, a ses cahiers personnels dans lesquels Nabil Élias Romanos collectionne ses aventures, répertorie ses journées en détail, imprime ses impressions, immortalise ses propres records. Fièrement, il sort de sa valise noire de ville les deux derniers, qui se rapportent à 2007 et 2008. Soit une cinquantaine de pays et 95 destinations il y a deux ans, 52 destinations et 40 pays, « certains plusieurs fois » cette année, « qui n’est pas encore finie », précise-t-il encore. « Voici la liste des destinations que j’ai pu visiter ces 15 derniers mois, outre les passages obligés au Liban, en Europe et aux États-Unis : le Pakistan, l’Albanie, l’Argentine, le Mozambique, la Bolivie, le désert d’Atacama au Chili, la Russie, la Mongolie, la Chine, l’Afrique du Sud, le Pérou, Singapour, la Thaïlande, Hong Kong, le Venezuela et l’Autriche. » Pour son tour du monde 2008, Nabil Romanos a revisité certaines destinations et a affiché de nouvelles escales, telles Bornéo, le Sri Lanka, la Nouvelle-Zélande, les îles Fidji, la Géorgie, Hawaï, Svalbard, la Norvège et la Suède. « Mes destinations ces quinze derniers mois, poursuit-il, étaient surtout conditionnées par mon désir de m’attaquer à des problèmes d’ordre humanitaire en Afrique et surtout en Amérique du Sud, notamment la lutte contre le cancer de l’utérus dans ces pays en voie de développement. Un projet sur lequel je travaille sur tous les fronts depuis plus de 14 ans, de Buenos Aires à Tokyo, en passant par Moscou et Sydney, en collaboration avec des ministères, des médecins, des investisseurs et des patients. ». Alors, sans même avoir à poser des questions, Nabil revient sur ses six cents jours et autant d’heures de plaisir, qui ont mêlé voyages d’affaires et année sabbatique. Une décision qu’il a prise suite à un accident survenu au Pakistan en mars 2007 qui l’a laissé avec un bras cassé. « C’était un peu comme un coup de feu, un signal. J’ai eu le désir urgent de m’arrêter un peu professionnellement. Le besoin de me consacrer à ma famille et mes amis. D’étancher mon envie d’exotisme, de reprendre mes passions sportives, comme la plongée sous-marine ou l’équitation que j’ai eu le privilège de pratiquer dans des cadres magnifiques. » Tours du monde Vice-président d’une société internationale spécialisée dans la radiothérapie, Nabil Romanos, qui parle couramment huit langues, confie avoir quatre « bases » où il dépose brièvement ses bagages. Quatre adresses depuis 8 ans qui sont autant d’escales avant un nouveau départ. « La Californie, Munich, Singapore et le Liban. Ma base est là où je suis, poursuit-il en portugais, espagnol, français, anglais, arabe ou italien dans le texte. L’avion est mon meilleur ami. Il me mène partout où je voudrais être. Je le vois plus que mes amis ! Tout le reste est logistique… » Il en faut, une certaine logistique, pour organiser des départs le long de la route de la soie, jusqu’aux steppes de Mongolie, aux rizières des Philippines, dans les profondeurs aquatiques des îles Fidji, au Kamchatka, dans les laves des volcans de Hawaï, au fin fond du Mozambique ou dans les monastères sacrés de Saint-Petersbourg. « J’ai créé une chaîne d’amis, d’amis d’amis, de collègues, d’amis de collègues et de connaissances partout dans le monde. » Des années, des kilomètres plus tard, il avoue : « Je suis devenu plus mûr, du moins je l’espère ! Plus je vois, plus j’ai envie de voir, mais surtout d’apprendre. J’ai acquis une certaine philosophie, qui exige un moment d’arrêt pour absorber ce que j’ai vécu. Le monde est devenu, à mes yeux, moins simple depuis que j’ai commencé à vraiment le détailler. J’ai beaucoup de comparaisons dans ma tête, et de plus en plus de questions. Je suis intéressé par de nouvelles dimensions qui concernent les peuples, leurs cuisine, tradition, croyance, leurs conditions sociales et économiques. Cette période sabbatique s’achèvera cet automne avec une stabilité acquise par une grande introspection que j’ai pu développer puisque j’étais maître de mon temps. Un retour à mon industrie après plus de 16 mois d’une liberté totale, des voyages d’affaires entre l’Europe, l’Asie et les Amériques. Un voyage au Rajasthan en fin d’année, après une Noël au Liban, qui sera en famille, comme toujours. » Pour conclure, Nabil Romanos cite un grand aventurier, Nicolas Bouvier, qui, dit-il, « a su si bien mettre en mots ma propre définition du voyage », extrait de L’usage du monde : « Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait ou vous défait. »

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