Si le sélectionneur de l’Angleterre Fabio Capello pensait que sa réputation le mettait à l’abri de la presse britannique, un tabloïd l’a ramené sur terre avant même le début des qualifications pour le Mondial 2010 contre Andorre demain.
« Le crétin sans le pépin », a hurlé en août l’un d’eux, sous une photo de l’Italien, au lendemain d’un triste nul à Wembley contre la République tchèque (2-2).
Une allusion à une autre victime du mépris médiatique, disposant, lui, de cet accessoire utile à Londres : son prédécesseur Steve McClaren, alias « The Wally with the Brolly » (« Le crétin avec le pépin »), surnom attribué après une défaite pluvieuse contre la Croatie, synonyme d’absence de l’Euro 2008 et d’humiliation nationale.
Le pauvre homme a depuis dû s’exiler au FC Twente, club néerlandais dont le nom équivaut désormais dans le vocabulaire du supporteur anglais à une terrible déchéance professionnelle. S’il n’est pas encore tombé sous le niveau de la mer dans l’estime des amoureux de la Croix de saint Georges, l’ancien patron du Real Madrid n’est plus le « Fabiolous » Capello célébré par la presse à son arrivée.
Les cinq matches de l’Italien n’ont pas incité les journalistes à parier leur salaire sur une demi-finale au Mondial 2010 ou à l’Euro 2012, les missions confiées par la fédération (FA).
Capello a battu des équipes qui n’effraieraient pas plus que ça le FC Twente : la Suisse, les États-Unis et Trinité-et-Tobago. Face à deux flops de l’Euro, la France et la République tchèque, elle a enregistré une défaite (0-1) et un nul immérité.
Un statu quo à 7 millions d’euros
Candidat malheureux au poste de sélectionneur, Harry Redknapp a décrit le match contre les Tchèques comme « l’une des pires performances de l’Angleterre ». Et après l’éviction du directeur général de la FA, Brian Barwick, l’homme qui a fait venir l’Italien, son président David Triesman a dû lui assurer qu’il n’était pas menacé.
Sous Capello, l’Angleterre reste aussi triste. À l’exception de Jermaine Defoe contre la modeste équipe de Trinité-et-Tobago, aucun attaquant n’a marqué. Plus inquiétant, les Anglais n’ont pas montré les qualités traditionnelles de leur patron : discipline, cohésion, solidité.
Beaucoup se demandent pourquoi la FA verse 7 millions d’euros par an à un homme qui se complaît dans le statu quo, maugrée sur le manque de talent des footballeurs locaux et n’a lancé que quatre joueurs (Wheater, Bullard, Hart et Warnock), aucun titulaire en devenir.
Ceux qui ont commencé le match contre les Tchèques sont des habitués de la sélection depuis quatre ans. Pour les qualifications, le sinistre Emile Heskey, qui n’a plus marqué en compétition depuis le Mondial 2002, a été rappelé pendant que l’espoir Gabriel Agbonlahor était oublié.
Le match contre Andorre à Barcelone sera une formalité. Il en sera tout autrement du déplacement en Croatie la semaine prochaine.
« L’Angleterre peut être la première à gagner à Zagreb », avance Capello qui pourrait se voir rappeler qu’une défaite aurait un précédent : celle des qualifications de l’Euro 2008 en 2006 (0-2), point de départ de la déchéance d’un homme désormais connu par les écoliers britanniques comme « Steve McClown ».
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« Le crétin sans le pépin », a hurlé en août l’un d’eux, sous une photo de l’Italien, au lendemain d’un triste nul à Wembley contre la République tchèque (2-2).
Une allusion à une autre victime du mépris médiatique, disposant, lui, de cet accessoire utile à Londres : son prédécesseur Steve McClaren, alias « The Wally with the Brolly » (« Le crétin avec le pépin »), surnom attribué après une défaite pluvieuse contre la Croatie, synonyme d’absence de l’Euro 2008 et d’humiliation nationale.
Le pauvre homme a depuis dû s’exiler au FC Twente, club...