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Actualités - Opinion

Dialogue : craintes accentuées de manœuvres dilatoires

Selon nombre de professionnels, les chicanes que certains dressent devant le projet de table ronde laissent redouter une opération délibérée de retardement. Visant en tout premier lieu le débat potentiel sur la stratégie de défense, entendre sur l’armement, ou le désarmement, du Hezbollah. Parce qu’un camp déterminé, on devine aisément lequel, préfère marcher à la lumière des résultats, plus exactement des progrès ou de l’échec, des pourparlers israélo-palestiniens. Et attendre de même de voir comment vont évoluer les choses par rapport au nucléaire iranien. Une option de temporisation que les menaces israéliennes actuelles ne font sans doute que renforcer. Ces cadres trouvent absurde qu’on se dispute au sujet du nombre des participants. Certains veulent en effet élargir la table ronde, au nom d’une meilleure représentativité. D’autres leur répondent qu’on aurait ainsi une tour de Babel et un dialogue de sourds ne donnant rien d’autre qu’une recrudescence de querelles. Il est de même déraisonnable, poursuivent ces sources, que le nucleus du problème local, l’armement de la milice, risque de passer à la trappe parce qu’on ne se serait pas entendu sur la liste des autres questions à inscrire à l’ordre du jour. D’autant que cet armement, instrument notoire d’intimidation, compromet l’organisation de cette échéance politique capitale que sont les législatives de 2009. Le leader du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, avance deux propositions, deux revendications, deux trouvailles : débattre d’une stratégie nationale pour l’édification d’un État équitable et discuter d’une politique socio-économique. Les observateurs cités y voient de la poudre aux yeux, une tentative de diversion pour occulter la question de l’armement. La diluer à travers le long débat sur ces deux projets ou même la dissoudre en provoquant l’échec des échanges devant la précéder. En outre, soulignent ces sources, le dossier de l’État à construire, et encore plus le dossier socio-économique, ne relève pas de la compétence d’un comité privé, quel qu’il soit, mais des institutions publiques, Parlement et gouvernement en tête. Sans compter que pour le premier, et comme d’ailleurs le sayyed lui-même le rappelle ces derniers jours, il y a Taëf. Et, pour le second, Paris I, II et III. Il faut cependant noter que les parties qui posent des bâtons dans les roues risquent d’obtenir gain de cause au-delà même de leurs espérances. Car, en face, beaucoup de pôles, écœurés par la reprise des tactiques d’entraves, commencent à se dire qu’il vaut mieux renoncer au dialogue, pour laisser au cabinet dit d’union le soin de traiter problèmes et litiges en suspens, en consacrant au besoin des séminaires distincts, échelonnés, aux différents différends. Dans le même esprit, le Parlement, lieu de rencontre et de dialogue par excellence, pourrait plancher sur les résolutions retenues par l’Exécutif. Ou même traiter directement de thèmes relevant constitutionnellement de son autorité, comme les questions à caractère fiscal, fiduciaire ou financier. Notons également que certains, sensibles au facteur psychologique, estiment qu’avant tout dialogue, officiel ou officieux, il est nécessaire d’organiser à Baabda une cérémonie solennelle de réconciliation nationale. Groupant, notamment, les présidents Amine Gemayel, Nabih Berry, Omar Karamé ainsi que le général Michel Aoun, le Dr Samir Geagea, MM. Walid Joumblatt et Talal Arslane. Émile KHOURY
Selon nombre de professionnels, les chicanes que certains dressent devant le projet de table ronde laissent redouter une opération délibérée de retardement. Visant en tout premier lieu le débat potentiel sur la stratégie de défense, entendre sur l’armement, ou le désarmement, du Hezbollah. Parce qu’un camp déterminé, on devine aisément lequel, préfère marcher à la lumière des résultats, plus exactement des progrès ou de l’échec, des pourparlers israélo-palestiniens. Et attendre de même de voir comment vont évoluer les choses par rapport au nucléaire iranien. Une option de temporisation que les menaces israéliennes actuelles ne font sans doute que renforcer.
Ces cadres trouvent absurde qu’on se dispute au sujet du nombre des participants. Certains veulent en effet élargir la table ronde, au nom d’une...