Après avoir été largement acclamée, la grandiose cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin commence à révéler des dessous moins brillants : une fausse chanteuse et des images truquées de feux d’artifice.
Personne ne niera que les tableaux concoctés par le metteur en scène Zhang Yimou, vendredi dernier pour saluer les premières Olympiades chinoises, étaient parmi les plus spectaculaires du genre, entre féerie et démesure. Mais voilà, certains petits secrets ont fait long feu. Et pourraient bien ternir un peu plus l’image d’une Chine déjà championne de la contrefaçon.
Le directeur musical de la soirée a reconnu que la fillette chinoise qui a entonné l’Ode à la Patrie a chanté en play-back, la véritable chanteuse n’étant pas assez jolie pour représenter son pays. « Nous voulions projeter l’image parfaite, nous avons pensé à ce qui serait le meilleur pour la nation », a déclaré Chen Qigang dans une interview à la télévision chinoise reprise hier par le portail Sina.com, avant que ses propos gênants ne disparaissent de la Toile. Ainsi, hier, plusieurs médias chinois dressaient un portrait flatteur de Lin Miaoke, neuf ans, « star montante ». Pas un mot sur sa cadette de deux ans, Yang Peiyi, rondouillarde aux dents mal alignées, mais véritable voix.
La supercherie n’a guère intéressé la presse chinoise, mais le sujet a fait parler les internautes, beaucoup critiquant la manœuvre.
Certains journaux chinois se sont en revanche emparés d’une autre controverse entourant la cérémonie dont les répétitions avaient aussi été émaillées de problèmes passés sous silence par les médias locaux.
Les organisateurs ont dû concéder que le programme télévisé de la cérémonie comportait des images truquées et prémontrées de feux d’artifice. La cérémonie débutait par une scène spectaculaire dans laquelle des empreintes géantes de pieds s’inscrivaient dans le ciel. Les empreintes tracées par les fusées étaient censées être filmées en direct depuis un hélicoptère. Elles n’étaient en fait pas visibles en raison de la brume, même si les feux d’artifice ont bien été tirés. « Il se peut que des images de pieds précédemment tournées aient été utilisées en raison de la mauvaise visibilité », a admis Wang Wei, vice-président du comité d’organisation.
« Ces histoires illustrent un aspect important des JO (...) Tout est fait pour l’image de la Chine, sans le moindre respect pour le public », estime Xiao Qiang, dissident installé aux États-Unis.
Un croyant qui voulait rencontrer Bush obligé de se cacher, selon son frère
Un militant chrétien chinois de 46 ans a échappé à la police qui l’avait arrêté dimanche alors qu’il voulait assister au même office que le président américain George W. Bush, a affirmé son frère hier. Hua Huiqi, qui a déjà eu maille à partir avec les autorités à cause de sa foi, n’a pas refait surface depuis, a affirmé son frère Hua Huilin à l’AFP. Selon son témoignage et celui de Hua Huiqi lui-même, dans une lettre lundi à l’organisation Human Rights in China, les deux frères avaient prévu d’assister à l’office dans l’église protestante Kuanjie, à Pékin, en dépit de mises en garde préalables de la police. « Mon frère voulait voir Bush. Il avait quelque chose à lui dire », a expliqué Hua Huilin. Cependant, ils ont tous deux été interceptés par des policiers chargés des affaires religieuses et séparés à leur arrivée dans des locaux de la police. Dans sa lettre à l’organisation HRIC, Hua Huiqi affirme que les policiers l’ont menacé de lui « casser les jambes », après lui avoir signifié qu’il n’était pas autorisé à se rendre au temple.
Trois morts dans une attaque
au Xinjiang
Trois membres des services de sécurité ont été poignardés à mort hier matin lors d’une attaque à un barrage routier proche de Kachgar, dans la région chinoise du Xinjiang en proie à des tensions séparatistes, rapporte Chine nouvelle. Un quatrième homme a été blessé, ajoute l’agence. L’agresseur a sauté d’un véhicule alors qu’il se trouvait au barrage et attaqué les officiers de la sécurité, précise-t-elle. C’est la troisième attaque meurtrière signalée en huit jours dans la vaste région de l’ouest du pays par les autorités. Pékin soupçonne des activistes ouïghours, une minorité qui compte pour près de la moitié de la population du Xinjiang, de vouloir perturber les Jeux olympiques de Pékin. La police est également à la recherche de suspects de la série d’explosions qui ont touché des supermarchés et fait 11 morts dimanche dans la ville de Kuqa, dans le sud du Xinjiang.
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Personne ne niera que les tableaux concoctés par le metteur en scène Zhang Yimou, vendredi dernier pour saluer les premières Olympiades chinoises, étaient parmi les plus spectaculaires du genre, entre féerie et démesure. Mais voilà, certains petits secrets ont fait long feu. Et pourraient bien ternir un peu plus l’image d’une Chine déjà championne de la contrefaçon.
Le directeur musical de la soirée a reconnu que la fillette chinoise qui a entonné l’Ode à la Patrie a chanté en play-back, la véritable chanteuse n’étant pas assez jolie pour représenter son pays. « Nous voulions projeter...