Le président américain George W. Bush et le patron de la Banque centrale Ben Bernanke ont tenté hier de rassurer des marchés rendus très nerveux par une économie coincée entre croissance lente et inflation, et les répercussions sans fin de la crise immobilière.
« Aider les marchés financiers à revenir à un fonctionnement plus normal continuera d’être une priorité de la Réserve fédérale », a assuré M. Bernanke, alors que les Bourses mondiales connaissaient de fortes turbulences.
Au même moment, le président George W. Bush répétait que « nous traversons une période dure », mais que « notre économie croît ». « Nous pouvons avoir confiance dans les fondations à long terme de notre économie », a-t-il ajouté.
Les deux responsables s’efforçaient de calmer le regain d’inquiétudes des marchés suscité par la crise touchant les deux géants américains du refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac.
Le système bancaire américain est « bien capitalisé » et « nous suivons la situation avec soin », a assuré M. Bernanke dans un discours au Congrès.
« En général, une croissance économique saine dépend de marchés financiers fonctionnant bien », a-t-il ajouté, en attribuant la « forte pression » pesant sur les marchés aux incertitudes économiques.
L’essentiel de son discours a d’ailleurs été consacré à la situation économique et à la difficulté de démêler les risques pesant sur la croissance et l’inflation.
D’un côté, il a annoncé que le comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale avait fortement révisé à la hausse ses prévisions de croissance pour cette année, qui devrait s’établir entre 1 % et 1,6 %, au lieu de 0,3 % à 1,2 % prévus en avril.
Cela reste une croissance « notablement » en dessous du rythme de croisière de l’économie américaine, a souligné M. Bernanke. Mais la première économie mondiale échapperait ainsi à la récession.
Dans le même temps, le FOMC a revu en forte hausse ses prévisions d’inflation pour 2008, dans une fourchette de 3,8 à 4,2 % (contre 3,1 à 3,4 % prévus précédemment).
« Une responsabilité cruciale des gouverneurs de la Banque centrale est d’empêcher que ne s’installe le processus » où le public se met à attendre une inflation durablement plus forte, a souligné M. Bernanke.
Cela risquerait d’influencer la fixation des salaires et des prix, menant à « une hausse malvenue de l’inflation à long terme », a-t-il ajouté.
Les marchés attendaient notamment ce discours pour y déceler des indices sur les intentions de la Banque centrale concernant son taux directeur, actuellement fixé à 2 %. Les inquiétudes exprimées par M. Bernanke sur l’inflation, de même que son regain d’optimisme prudent sur la croissance, ne devraient pas plaider pour de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire.
Enfin, le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, s’est lui aussi efforcé de rassurer en donnant quelques précisions sur le plan de sauvetage public de Fannie Mae et Freddie Mac, dévoilé au cours du week-end.
Ce plan prévoit d’augmenter temporairement, pendant 18 mois, la ligne de crédit consentie par le Trésor aux deux sociétés, mais M. Paulson s’est refusé à chiffrer le montant des crédits nécessaires.
Le plan prévoit aussi d’autoriser le Trésor à acheter si nécessaire des parts dans Fannie Mae ou Freddie Mac, également pour une période de 18 mois.
Anticipant les critiques que cette entorse au libéralisme risque de susciter, quatre mois après le sauvetage de la banque d’affaires Bear Stearns, M. Paulson a tenu à souligner qu’« il n’y a aucun projet d’utiliser immédiatement les facilités de crédit ou de capitaux proposées ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président américain George W. Bush et le patron de la Banque centrale Ben Bernanke ont tenté hier de rassurer des marchés rendus très nerveux par une économie coincée entre croissance lente et inflation, et les répercussions sans fin de la crise immobilière.
« Aider les marchés financiers à revenir à un fonctionnement plus normal continuera d’être une priorité de la Réserve fédérale », a assuré M. Bernanke, alors que les Bourses mondiales connaissaient de fortes turbulences.
Au même moment, le président George W. Bush répétait que « nous traversons une période dure », mais que « notre économie croît ». « Nous pouvons avoir confiance dans les fondations à long terme de notre économie », a-t-il ajouté.
Les deux responsables s’efforçaient de calmer le regain d’inquiétudes des marchés...