Le nouveau président russe Dmitri Medvedev a fait une entrée discrète au sommet du G8 au Japon, souriant timidement sur les photos de famille, prudent dans le verbe et sans coup d’éclat diplomatique.
Pour son baptême du feu international, il s’est certes attiré des compliments – un « type intelligent », a lancé George W. Bush – et a enchaîné les tête-à-tête avec les grands de ce monde, sous l’œil attentif des caméras.
Avec ses sourires et sa jeunesse – 42 ans –, il a sans conteste révolutionné l’image du maître du Kremlin, par rapport à son prédécesseur Vladimir Poutine, dont le visage fermé et les propos cinglants glaçaient l’atmosphère, surtout en conférence de presse.
« Il a commencé chaque rencontre avec un large sourire, et même rayonnait (...), donnant l’impression d’un novice qui devait plaire d’avance à toute la compagnie, ne serait-ce que parce qu’il ne s’est encore querellé avec personne », commentait mardi le quotidien russe Gazeta.
Mais arrivé sans proposition choc, sans déclaration fracassante, il n’a guère fait les gros titres pendant les deux premiers jours du sommet – il lui reste mercredi pour se faire entendre – là où Vladimir Poutine volait régulièrement la vedette à ses pairs.
Planté à côté d’un George W. Bush plus affairé à échanger quelques bons mots avec ses autres voisins ou laissant la chancelière Angela Merkel et le président Nicolas Sarkozy de marbre en prenant la parole, il a paru chercher encore sa place parmi les siens.
Il s’en est tenu à quelques formules empruntées pour souhaiter un bon anniversaire au président américain – qui a fêté dimanche ses 62 ans – ou remercier Nicolas Sarkozy d’avoir été un des premiers à le féliciter pour son élection. « Vous m’avez appelé à peine douze heures après mon élection à la présidence de la Fédération de Russie (le 7 mai), et des choses comme ça, croyez-moi, ça ne s’oublie pas ! » a lancé M. Medvedev.
Sur tous les sujets brûlants, il est resté très convenu, déplorant une « absence de progrès » dans les discussions avec George W. Bush sur le bouclier antimissile ou expliquant que son entretien avec le Premier ministre Gordon Brown ne s’était « pas mal passé », quand les deux pays sont à couteaux tirés. Malgré ses appels à la détente, M. Brown est apparemment resté de marbre, évoquant sans sourciller tous les sujets qui fâchent lors de leur tête-à-tête, des déboires de la compagnie russo-britannique TNK-PB en Russie au meurtre de l’ex-agent russe Alexandre Litvinenko. Cerise sur le gâteau, un responsable des services de sécurité britanniques accusait au même moment sur la BBC l’État russe d’être derrière cet assassinat, l’ancien agent réfugié en Grande-Bretagne étant devenu un des plus féroces détracteurs de Vladimir Poutine au début des années 2000.
M. Medvedev repartira donc du sommet sans percée dans les contentieux avec Londres et Washington, alors qu’il avait lancé une offensive de charme depuis sa prise de fonctions en direction de l’Ouest, seule véritable « rupture » avec un Vladimir Poutine toujours omniprésent comme Premier ministre.
Vue de Moscou, l’impression toutefois est tout autre. « Le président Medvedev s’est fait connaître (...) Il semble qu’il se soit fixé pour tâche de tenir la bride haute aux dirigeants occidentaux et d’avoir le dernier mot », commentait hier le très respecté quotidien Kommersant. Après sa rencontre avec M. Bush, « il avait l’air d’un sportif qui vient de remporter un match décisif », a cru voir le quotidien économique RBK Daily, avant de conclure, philosophe, que le pétrole et le gaz russes « poussent objectivement l’Occident à percevoir positivement la Russie ».
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Pour son baptême du feu international, il s’est certes attiré des compliments – un « type intelligent », a lancé George W. Bush – et a enchaîné les tête-à-tête avec les grands de ce monde, sous l’œil attentif des caméras.
Avec ses sourires et sa jeunesse – 42 ans –, il a sans conteste révolutionné l’image du maître du Kremlin, par rapport à son prédécesseur Vladimir Poutine, dont le visage fermé et les propos cinglants glaçaient l’atmosphère, surtout en conférence de presse.
« Il a commencé chaque rencontre avec un large sourire, et même rayonnait (...), donnant l’impression d’un novice...