Nous célébrerons dans quelques jours un triste anniversaire, le second de la marée noire causée par un bombardement israélien sur les dépôts de mazout de la centrale électrique de Jiyeh, au tout début de l’agression de 34 jours sur le Liban. Comment aurions-nous deviné que, deux ans plus tard, il y aurait toujours sur les plages des sacs contenant des déchets et du sable pollués par le mazout, qui avaient été récoltés lors des opérations de nettoyage de la marée noire, et qui se sont détériorés (en raison de l’exposition aux éléments) jusqu’à repolluer les plages à leur tour ?
C’est ce qui se passe actuellement sur certaines côtes. L’association écologique Bahr Loubnan, qui a effectué le nettoyage des plages et du sous-sol marin à Jiyeh et dans d’autres régions, vient d’embaucher dix pêcheurs ayant participé aux précédentes opérations de nettoyage, pour dépolluer les sites où le sable mazouté sorti des sacs a sali les plages.
À qui la faute et pourquoi ce retard ? L’association dit avoir trouvé une solution locale pour l’écoulement du sable pollué, qui pourrait être, selon elle, utilisé comme fuel dans les cimenteries. Elle présente des documents qui prouvent, selon elle, que le ministre démissionnaire de l’Environnement, Yaacoub Sarraf, avait estimé cette solution viable sous certaines conditions. Or le ministère de l’Environnement, précédemment interrogé sur la question, dit préférer envoyer ces déchets à l’étranger pour un traitement spécialisé et sans risques. Il assure avoir demandé à toutes les parties ayant participé au nettoyage de collecter les sacs et de les transporter à l’une des deux raffineries du Liban, accusant de négligence celles qui n’ont pas voulu le faire. Pour Bahr Loubnan, dans son communiqué, le retard serait dû au fait que « le ministère de l’Environnement n’a pas trouvé jusqu’à présent un pays qui accepte d’accueillir ces restes pollués et de les transporter à un prix exorbitant ». L’association continue de justifier son refus de transporter les déchets aux raffineries par le fait que le plan du ministère ne tient pas, d’où le retard à clore ce dossier, selon elle.
À qui la faute donc ? Probablement aux lacunes de gestion, à l’irresponsabilité générale et au manque de communication. Entre-temps, quel que soit le responsable, le grand gagnant est la pollution, qui refait surface et gagne une nouvelle fois du terrain.
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C’est ce qui se passe actuellement sur certaines côtes. L’association écologique Bahr Loubnan, qui a effectué le nettoyage des plages et du sous-sol marin à Jiyeh et dans d’autres régions, vient d’embaucher dix...