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Actualités - Opinion

Prier pour survivre dans les prisons des FARC Ana FERNANDEZ (AFP)

La Bible a été pour de nombreux otages des FARC, dont Ingrid Betancourt, la meilleure compagne pour résister pendant les années de captivité dans la jungle aux humiliations des geôliers, à l’absence des proches et à la maladie. Au moment de sa libération mercredi, les premières paroles de l’otage franco-colombienne ont été des prières de remerciement à Dieu et à la Vierge de Guadalupe. La « spiritualité », les prières et la lecture de la Bible en compagnie de son meilleur compagnon de détention, l’ancien sénateur Luis Eladio Perez, ont empêché, selon ses propres aveux, Ingrid Betancourt de sombrer dans la dépression pendant ses six années aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), la guérilla marxiste colombienne. Comme plus de 90 % des Colombiens, Ingrid Betancourt a reçu une éducation catholique, mais avant son enlèvement, elle se déclarait publiquement non pratiquante. Face à l’adversité, la foi est souvent un atout. « Si on ne s’accroche pas à quelque chose, on meurt. Rien ne parvient là-bas, dans la jungle, sinon Dieu », explique à l’AFP Olga Gomez, directrice de Pays libre, une ONG spécialisée dans l’aide psychologique aux personnes enlevées et à leurs familles. Olga Gomez souligne les références à Dieu omniprésentes dans les premières déclarations d’Ingrid Betancourt, 46 ans, que l’on a vu prier en public agenouillée et se signer fréquemment, comme dans celles d’autres otages. « J’ai senti la tentation de s’abandonner aux comportements démoniaques (...) Je crois qu’il faut garder une grande spiritualité » pour résister, a confié la Franco-Colombienne, qui dès sa libération a annoncé son intention d’aller prier à Lourdes et de rencontrer le pape Benoît XVI. Pour Luis Eladio Perez, libéré le 27 février après six ans de détention, la prière a aussi été « un soulagement et une lumière d’espoir ». Le Nouveau Testament, en particulier le « sermon de la Montagne », a été un « stimulant » extraordinaire pour ne pas perdre espoir, a déclaré l’ex-sénateur à l’AFP. Dans ce sermon qui, pour de nombreux catholiques, résume la doctrine de Jésus et démontre sa générosité, on peut lire « aimez vos ennemis » ou « rendez le bien pour le mal ». Dans un pays où même les tueurs à gage possèdent leur propre Vierge et bénissent leurs victimes avant de les exécuter, où le pouvoir de Dieu était inscrit dans la Constitution jusqu’en 1991, les signes religieux font partie du quotidien. L’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez raconte dans son livre Journal d’un enlèvement (1996) comment les geôliers et assassins au service du narcotrafiquant Pablo Escobar font vivre un calvaire à l’un de leurs otages, la journaliste Majura Pachon de Villamizar, pour la punir d’être laïque. « Dès que l’on abordait entre les otages les thèmes religieux, il y avait souvent d’âpres discussions et parfois même des bagarres », témoigne Luis Eladio Perez. Il raconte que d’autres otages ont, dans les pires moments de détresse, perdu leur foi en Dieu « qui les avait abandonnés ». Ainsi John Pinchao, un policier qui avait réussi à s’évader, affirme dans son livre « Ma fuite vers la liberté » avoir « perdu la foi en détention, ne plus croire en Dieu » et avoir pensé que si Dieu existait « il n’aurait jamais laissé commettre tant d’injustices ». Alors qu’il vouait un véritable culte à Ingrid Betancourt, sa compagne d’infortune, Pinchao écrit qu’elle n’a jamais réussi à le convaincre de la véracité de la Bible mais que la lecture des Ecritures saintes lui a donné un véritable goût pour les livres
La Bible a été pour de nombreux otages des FARC, dont Ingrid Betancourt, la meilleure compagne pour résister pendant les années de captivité dans la jungle aux humiliations des geôliers, à l’absence des proches et à la maladie. Au moment de sa libération mercredi, les premières paroles de l’otage franco-colombienne ont été des prières de remerciement à Dieu et à la Vierge de Guadalupe.
La « spiritualité », les prières et la lecture de la Bible en compagnie de son meilleur compagnon de détention, l’ancien sénateur Luis Eladio Perez, ont empêché, selon ses propres aveux, Ingrid Betancourt de sombrer dans la dépression pendant ses six années aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), la guérilla marxiste colombienne. Comme plus de 90 % des Colombiens, Ingrid Betancourt a reçu une...