Rescapés en sursis
Quand on a survécu aux petites et aux grandes guerres, à leurs atrocités et à leur absurdité, aux morts extérieures et intérieures qu’elles ont provoquées, à la violence et au non-sens, le fait est tel qu’on ne peut plus faire marche arrière ni vivre à moitié une fois les vannes de la vie rouvertes. On ne peut plus se contenter de vivoter quand on a frôlé l’inconcevable. On se retrouve avec une dette envers l’existence et envers autrui. Croquer la vie à pleines dents et aller de l’avant sans s’attarder sur le passé sont les corollaires de la garantie de vitalité. Les jours précieux qui restent à vivre n’en sont que plus glorieux parce qu’ils ont été épargnés. Jaillit alors l’effervescence de la vie sous toutes ses formes. La fureur de vivre.
Avez-vous vu le fourmillement des foules au centre-ville?? La concentration des invitations et mariages, le long des semaines?? L’investissement excessif dans les petits plaisirs de la vie?; les programmes qui relient le jour à la nuit, les festivités et événements qui se préparent et se succèdent dans tous les coins du pays?? L’abondance dans les commerces?? Le foisonnement des restaurants?? Et cet enthousiasme accru de vouloir profiter du moindre bonheur qui se présente??
La vie reprend sens et entraîne avec elle des vagues de plénitude et d’euphorie. On apprécie, semble-t-il, toujours mieux l’aléatoire qui risque de nous être enlevé à tout moment. Puis l’on nous demande comment les Libanais sont de si bons vivants, malgré tout. C’est un peuple de rescapés, en sursis?!
Ce surplus d’énergie, au lieu de se consumer dans la consommation immédiate, gagnerait encore plus à être canalisé dans des projets de vie constructifs qui visent le développement personnel et collectif, à travers un engagement actif dans le sens du bien social et publique. De cette façon, à long terme, il sera très difficile de nous abattre de nouveau.
Carla ARAMOUNI
Donnez-leur un strapontin…
Depuis près de deux semaines, nous assistons à un ballet minable entre quelques ministrables qui essaient de bien se placer dans cette course effrénée pour un maroquin qui leur permettrait de se refaire une virginité ou de redorer leur blason.
Quel spectacle ridicule de voir ces soi-disant politiciens se battre à coups d’interviews et de débats télévisés pour justifier leurs positions incompréhensibles pour un peuple dégoûté, harassé et désespéré, qui ne cherche qu’une chose?: avoir enfin la paix.
Parmi ces trublions triés sur le volet, il faut signaler le déçu de la présidentielle qui, pour se venger de son élimination, joue aux enfants gâtés, en exigeant tel ou tel ministère au gré de ses intérêts. Il y a aussi les autres, moins difficiles, qui se contenteraient d’un simple strapontin qui les placerait en bonne position pour les futures élections.
Espérons que le peuple saura, au moment opportun, faire payer cher à ces messieurs leurs caprices.
Le Liban, à l’aube d’une saison touristique qui s’annonce brillante, a besoin de calme et de stabilité. Avec un président de la République de la qualité de Michel Sleiman, et une armée et une police à qui nous demandons d’être intransigeantes envers et contre tous, notre pays redeviendra le havre de paix du Moyen-Orient et retrouvera sa vraie place parmi les nations civilisées du monde.
Raymond NAHAS
NDLR
Dans le nombreux courrier que nous recevons quotidiennement, certaines lettres comportent des passages qui seraient difficilement publiables. Pour cette raison, et aussi afin de faire paraître le plus grand nombre possible de lettres, le journal se réserve le droit de n’en reproduire que les parties les plus significatives et d’en rectifier certains termes désobligeants. En outre, chaque missive doit comporter la signature (nom et prénom) de son auteur. Les lecteurs, nous en sommes certains, le comprendront, ce dont nous les remercions par avance.
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