Aux dernières nouvelles, personne ne veut du ministère des Finances ni de celui de l’Énergie, et tous considèrent le ministère de l’Environnement comme « mineur ». À quelle race de dirigeants avons-nous donc affaire ? De toute évidence, le genre qui se veut pavaner sans risque et surtout sans y mettre une goutte de sueur. Voilà qui met en relief le courage des ministres sortants. Ils se seront finalement très honorablement débattus avec ces portefeuilles délicats. S’il ne se trouve personne au Liban pour tenter une gestion efficace de ces dossiers, il ne reste plus aux aboyeurs du 20h qu’à se retirer de la politique. Fort heureusement, les caisses sont vides : le temps des services personnels, des prébendes et des commissions est bientôt révolu. Fort heureusement, le Liban est criblé de dettes : il a des comptes à rendre aux pays créanciers sur l’usage qu’il fait de l’argent de leurs contribuables. Toutes les conditions, aussi difficiles soient-elles, semblent désormais favorables à la mise en place d’une gouvernance enfin saine et désintéressée.
Cela dit, c’est la planète entière qui se trouve aujourd’hui confrontée à ce triple enjeu de l’énergie, des finances et de l’environnement. Il est si colossal, cet enjeu, et les populations en sont si conscientes, que ceux qui voudront bien s’en charger ne pourront que bénéficier d’encouragements et de sympathie. Il faudra beaucoup d’imagination pour aborder cette ère nouvelle où l’épuisement des énergies fossiles va induire de nouveaux modes de vie. Au siècle de la vitesse succédera semble-t-il celui de la lenteur. Tout prête à croire que la cherté des déplacements va imposer une décentralisation drastique, aubaine pour les villes qui peinent à se développer à l’ombre de la capitale. C’est un énorme chantier qui s’annonce sous le vocable de l’adaptation. Chantier où les responsables de l’environnement auront le dernier mot sur la gestion de l’eau et la qualité de la vie. On a trop dit que l’aménagement des villes était une activité de temps de paix. Or, un environnement dégradé est lui-même facteur de guerre. Il faut donner de la beauté aux habitants, surtout aux plus démunis d’entre eux, pour les attacher à leur lieu de vie. L’occupation du centre-ville, perçu comme privilégié par rapport aux autres régions et quartiers du Liban, n’est pas sans lien avec la frustration des laissés-pour-compte.
Ce soir, à l’heure des informations, au lieu de l’éternelle litanie de J’accuse, au lieu des cris exaspérants de tous ces coqs qui chantent sur leur fumier, j’aimerais entendre un seul J’assume. Le peuple a suffisamment donné à ses dirigeants, tant en suivisme béat qu’en vaines contributions fiscales. Il est temps qu’il leur réclame des résultats. Et de la prévoyance. Et le temps presse.
Fifi ABOU DIB
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Aux dernières nouvelles, personne ne veut du ministère des Finances ni de celui de l’Énergie, et tous considèrent le ministère de l’Environnement comme « mineur ». À quelle race de dirigeants avons-nous donc affaire ? De toute évidence, le genre qui se veut pavaner sans risque et surtout sans y mettre une goutte de sueur. Voilà qui met en relief le courage des ministres sortants. Ils se seront finalement très honorablement débattus avec ces portefeuilles délicats. S’il ne se trouve personne au Liban pour tenter une gestion efficace de ces dossiers, il ne reste plus aux aboyeurs du 20h qu’à se retirer de la politique. Fort heureusement, les caisses sont vides : le temps des services personnels, des prébendes et des commissions est bientôt révolu. Fort heureusement, le Liban est criblé de dettes : il a des comptes...