Le plus tordant à chaque fois que l’on traverse une phase éthérée d’espoir, après avoir frôlé la cata, est d’observer comment la niaiserie sucrée de l’entente, hâtivement rafistolée par la trouille, commence à s’effilocher par petites touches d’abord imperceptibles, puis à gros coups de boutoir avant de partir en quenouille. À partir de là, il suffit de savourer la transformation qui s’opère sur la trombine même du Premier ministre désigné, qui avait commencé droit dans ses bottes et finira probablement maladroit dans ses pantoufles.
Au stade actuel, qui au train où vont les choses risque de traîner une ou deux décennies, le Signoret pédale dans la semoule. Une formule-cliché façon langue de bois, débitée en tranches de pur cèdre, est née et a été aussitôt colportée par les médias, comme si c’était la trouvaille planétaire du siècle : « la hâte sans précipitation ». À déguster lentement… en attendant sans doute « la vitesse sans rapidité », « la célérité sans vélocité », ou encore « la promptitude sans empressement ».
Pour le reste, rien de bien nouveau : Saad le Barbichu continue de fonctionner suivant la recette « laissez venir à moi les petits sunnites », ce qui fout en rogne le cartel amalo-barbu, qui par ailleurs ne se gêne pas d’avoir lancé depuis lurette une OPA amicalement armée sur la communauté chiite. En vieux briscard de la politique, le Btéghrinator se démène entre-temps pour caser son Btéghrillon dans un ministère en béton. Quant aux chrétiens, ils barbotent depuis 20 ans entre un Tondu déplumé et une Orange pelée, chacun des deux rigolos traînant derrière lui une camarilla de pendentifs applaudisseurs. Le premier a maintenant des démangeaisons ministérielles tenaces, pendant que le second est atteint d’une gloutonnerie maroquine sans précédent, sous prétexte que le demi-dieu exotique du Qatar lui a retiré de sous les pieds le tapis présidentiel, tout en tétant son narguilé, vautré dans ses coussins. Lard pour lard, la politique est l’art de l’adaptation.
Bref, une classe politique dont le prestige, une crise après l’autre, se dégrade comme du papier hygiénique écolo. Mais c’est peut-être bien aussi parce qu’elle est au bout du rouleau…
Gaby NASR
Le plus tordant à chaque fois que l’on traverse une phase éthérée d’espoir, après avoir frôlé la cata, est d’observer comment la niaiserie sucrée de l’entente, hâtivement rafistolée par la trouille, commence à s’effilocher par petites touches d’abord imperceptibles, puis à gros coups de boutoir avant de partir en quenouille. À partir de là, il suffit de savourer la transformation qui s’opère sur la trombine même du Premier ministre désigné, qui avait commencé droit dans ses bottes et finira probablement maladroit dans ses pantoufles.
Au stade actuel, qui au train où vont les choses risque de traîner une ou deux décennies, le Signoret pédale dans la semoule. Une formule-cliché façon langue de bois, débitée en tranches de pur cèdre, est née et a été aussitôt colportée par les médias, comme...
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