On appelle cela une ambiance interactive. Dix-huit mois de crise avec pluie médiatique de bouses, puis petite semaine de guéguerre avec pluie d’obus, et maintenant, quelques jours béats avec pluie de riz et de pétales. Toute la difficulté est de savoir si, la maturité aidant, on pourrait un jour aller directement de la bouse aux pétales sans passer forcément par les obus. Et encore moins par le riz, cette manifestation aussi débile que les tirs de joie. Et obscène qui plus est, au regard de la flambée des cours de cette denrée de base.
Donc, nous voici dans un étape de béatitude en pointillé. Le logement de Baabda est, une fois de plus, occupé par des épaulettes étoilées. A priori, le bonhomme a des intentions louables, une bonne bouille et surtout ne s’est pas cru obligé de faire la gueule sur la photo pour en imposer à la piétaille. Mais, le pauvre, il a dû quand même sacrifier aux éléments-clés de la coutume arabe de la posture assise, à savoir : les deux fauteuils, avec le vase à fleurs et la boîte de mouchoirs en papier au milieu.
– « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »
– « Ni bureau, ni stylo, ni ordinateur portable… Je ne vois rien que des chefs politiques qui s’assoient, le gazon qui verdoie et la situation qui merdoie. »
À la soupe ! Et allons-y pour le défilé des roitelets locaux ! Leur moyenne d’âge va généralement bien au-delà des 60 balais. Une classe politique génétiquement momifiée, aux dentiers vibrant au rythme des vociférations publiques. Bref, une véritable maison de retraite. Pire, le musée de l’Homme !
Hors Baabda, le décor n’a pas changé. Sur scène, on jouera le même navet : le Signoret qui rempile avec ses pleurs averses et son rictus transverse ; le Barbichu qui nous gratifiera d’une petite escale à Beyrouth entre deux séjours dans son paradis saoudien ; le Sayyed Barbu qui respire la joie de vivre en promettant des guerres de libération allant de Casablanca jusqu’à Vladivostok ; Orangina enfin, qui rumine sa vengeance et prépare un chien de sa chienne à ceux de ses alliés qui lui ont savonné la planche.
Tous veulent un gouvernement d’union, tous veulent le partenariat, tous pensent qu’une page de l’histoire du Liban est en train de s’écrire. Bon, on dit ça juste pour causer, parce que tous sont surtout affamés ! Et avec le piment confessionnel qui épice la pantalonnade, on ne voit pas comment Michel Ier pourrait contenter tout ce monde… et régner enfin sur autre chose qu’un château de cartes.
Gaby NASR
On appelle cela une ambiance interactive. Dix-huit mois de crise avec pluie médiatique de bouses, puis petite semaine de guéguerre avec pluie d’obus, et maintenant, quelques jours béats avec pluie de riz et de pétales. Toute la difficulté est de savoir si, la maturité aidant, on pourrait un jour aller directement de la bouse aux pétales sans passer forcément par les obus. Et encore moins par le riz, cette manifestation aussi débile que les tirs de joie. Et obscène qui plus est, au regard de la flambée des cours de cette denrée de base.
Donc, nous voici dans un étape de béatitude en pointillé. Le logement de Baabda est, une fois de plus, occupé par des épaulettes étoilées. A priori, le bonhomme a des intentions louables, une bonne bouille et surtout ne s’est pas cru obligé de faire la gueule sur la photo pour en...
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