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Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Liban, pays de la joie de vivre… ou de mourir Il y a moins d’une semaine, nous étions tous abrités dans une chambre sans vitres, dans notre maison de Beyrouth-Ouest, en priant Dieu de nous épargner dans cette guerre ignoble que certains avaient déclenchée pour s’imposer à d’autres Libanais. Aujourd’hui, nous sommes confortablement installés dans un restaurant de Jbeil, où nous avons sollicité une place à un chef qui nous connaît de longue date et qui sait que son aide sera récompensée. Autour de nous, un monde fou, jeunes, vieux, touristes en casquettes et en short mini, savourent la joie de se retrouver dans ce lieu biblique, dans une atmosphère unique où éclate la joie de vivre et où le vin, l’arak et la bière coulent à flot. Merveilleux Liban, pays de lait et de miel, comme je t’aime pour cette insouciance que tes citoyens mettent à croquer à la vie, et quelquefois à la perdre. Ce pays est unique et nous en sommes fiers, car rien ni personne ne pourra nous mettre à genoux en nous imposant des doctrines qui nous dépassent ou nous déçoivent. Si depuis des siècles, nous devions compter le nombre d’agresseurs qui ont pris le Liban pour cible, cela ferait des centaines de nations ou de communautés, toutes jalouses de voir le Liban, malgré les bombardements, malgré les attentats, malgré les oppressions répétées, résister aux méchants et montrer à la face du monde sa joie de vivre et son amour de la liberté. Dans ce petit café de Jbeil, au milieu des rires et des cris des enfants de toutes nationalités, je me rends compte que mon pays est indestructible. Je suis vraiment fier d’être libanais. Et comme nous sommes dans l’année de Gebran, je dirais comme lui?: «?Si je n’étais pas libanais, j’essaierais de devenir libanais.?» Amis de la majorité silencieuse qui rêvez de fuir notre pays pour des lieux plus cléments, rappelez-vous ces paroles et dites-vous bien que si au Liban il y a quelquefois des histoires tristes et des meurtres sauvages, il y a des millions de Libanais qui continueront à souffrir parfois en silence, en espérant que leurs dirigeants, à partir du moment où ils penseront libanais, seront les premiers à les défendre et à lever bien haut avec eux leur verre d’arak en buvant à un Liban uni. Raymond NAHAS Le pays des miracles Le destin des marionnettes. La scène de l’absurde?: nous nous sommes endormis pessimistes, nous nous sommes réveillés optimistes. Du jour au lendemain, Seigneur, que s’est-il passé?? Rien ne s’est perdu, rien ne s’est créé, pourtant, tout s’est transformé. Par quelle baguette magique étrange, les hostilités passionnées se sont calmées?? Quelle est cette puissance surnaturelle qui les a annihilées?? Comme avec les pantins, des forces étrangères se jouent de notre sort, en proclamant la pluie et le beau temps, la guerre et la paix, quand bon leur semble. Sans raison apparente, nous devons nous réhabituer à emprunter la route de la place des Martyrs – tant mieux – pour aller au centre-ville, à effacer les peurs et les angoisses devenues injustifiées et à oublier les morts emportés au passage. Heureux d’avoir la paix comme on donne un sucre à un enfant pour le calmer. Certes, nous ne voulons que la paix, mais de grâce, une paix durable, construite sur des bases solides d’entente, de communication et de réforme politique. Pas le genre de paix, fatalité vécue, comme se vivrait une guerre, de façon artificielle et transitoire. Plutôt le genre de paix définitive, construite par et pour nous-mêmes. Tout n’est pas fini. Ce n’est que le commencement. Créons ensemble, à partir de ce moment radieux, notre propre paix. Carla ARAMOUNI Respire Entre une crise et une autre, l’homo libanus a droit à une bouffée d’air. On lui restitue son droit au sourire. Et qu’ils sont beaux, ces quelques mois qui séparent un trouble social d’un autre, une turbulence civile d’une guerre dévastatrice, une rébellion étrangère (bien que domestique) d’une guerre de mots systémique. On se retrouve suspendus dans le temps, surpris par ce calme soudain, pris au dépourvu par une paix qu’on craint ne pas être à même de mériter. Respire. Tu le peux à présent. Et qu’elle est belle, cette bouffée. Assis à la table sous laquelle il s’abritait il y a quelques jours, l’homo libanus a l’impression de voler l’air qu’il respire. Aujourd’hui est un jour différent et chaque seconde en vaut cent. À force d’explorer les ténèbres, on apprend à jouir de la moindre lumière. On apprécie chaque seconde de sursis, comme si c’était la dernière. Immunisés contre les grands maux, les petits plaisirs du quotidien deviennent privilèges à nos yeux. Nous sommes le peuple de l’instant. Ni Phéniciens, ni Arabes, ni Européens, ni chrétiens, ni musulmans, ni druzes, ni juifs, ni de droite, ni de gauche, nous sommes le peuple qui a compris la valeur du moment. Et aujourd’hui, nous revendiquons le seul monopole que nous ont fait hériter des siècles de lutte et de questionnement, des décennies de quête d’identité propre. Cet héritage, ça n’est pas le monopole de la misère que s’entêtent à nous accorder en toute générosité voisins et faux amis. Ce n’est pas non plus le monopole de langues de bois, de xénophobie, le monopole de la provocation gratuite. L’exclusivité que nous avons acquise à force d’entêtements, c’est le bon sens, le monopole du bon sens. Nous avons fini par comprendre quelle sera la seule issue?: l’État, au plein sens du terme, naît quand il faut qu’il naisse, quand le besoin est urgent et la conviction commune au beau fixe. Fort des nombreuses fois où, les genoux tailladés, il s’est relevé, l’homo libanus, est prêt à penser son pays comme un tout. L’homo libanus a compris cette fois. La voix de sa mère le lui a dit au téléphone?: «?La vie revient au pays.?» Il relève la tête et respire Halim MADI Dieu et ses saints Ouf, soupir de soulagement?! On a frôlé le catapultage arrière de 33 ans, en avril 1975, mais nous en sommes restés à mai… 2006! Oui 2006 car, sans vouloir être rabat-joie, nous sommes en plein déjà- vu?: - Les différents acteurs locaux proclament qu’ils sont disposés à discuter de notre meilleur avenir possible, comme en mai 2006. - Comme en mai 2006, l’opposition fera partie du gouvernement avec toutefois un avantage, celui de bloquer sans devoir démissionner?: plus confortable car plus besoin de faire des descentes inopinées aux ministères pour garder un œil sur les affaires. - Le Hezbollah, adossé à son stock inépuisable de missiles, est prêt à reprendre le dialogue tous azimuts, comme en mai 2006, sur fond de rengaine de «?jamais d’armes dirigée vers l’intérieur...?» au son d’une partition dite de défense. - Comme en mai 2006, et au plus fort de la guerre qui suivra, nos voisins sont plongés dans des pourparlers de paix de moins en moins secrets dont nous sommes à la fois la carte maîtresse et l’éventuel prix à payer. Une initiative fâcheuse du parti de Dieu, et tout avait dérapé… C’est précisément pour éviter de tels dérapages, dont le dernier remonte à quelques jours, que nous devons répéter inlassablement et à en perdre haleine que seul l’État doit être maître de la destinée de ses concitoyens, qu’il doit seul décider de la guerre ou de la paix, qu’il doit seul avoir l’exclusivité des armes, bref qu’il soit seul à gouverner. D’ores et déjà le nœud gordien qu’est l’appareil paramilitaire du parti de Dieu doit rester en ligne de mire jusqu’à sa dissolution complète dans l’État et non le contraire en un matraquage incessant. Nous sommes devenus des Thomas en puissance, attendant qu’il nous convainque de son appartenance au Liban pluriel et de son allégeance exclusivement libanaise. Mieux vaut s’adresser à Dieu qu’à ses saints, dit le proverbe. Reste à savoir si, dans son parti, il y en a quelques-uns. Dr Daniel MAHFOUD
Liban, pays de la joie de vivre…
ou de mourir

Il y a moins d’une semaine, nous étions tous abrités dans une chambre sans vitres, dans notre maison de Beyrouth-Ouest, en priant Dieu de nous épargner dans cette guerre ignoble que certains avaient déclenchée pour s’imposer à d’autres Libanais.
Aujourd’hui, nous sommes confortablement installés dans un restaurant de Jbeil, où nous avons sollicité une place à un chef qui nous connaît de longue date et qui sait que son aide sera récompensée.
Autour de nous, un monde fou, jeunes, vieux, touristes en casquettes et en short mini, savourent la joie de se retrouver dans ce lieu biblique, dans une atmosphère unique où éclate la joie de vivre et où le vin, l’arak et la bière coulent à flot.
Merveilleux Liban, pays de lait et de miel, comme je t’aime pour...