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Actualités - Opinion

Opposition constructive, opposition destructive Fouad J. TABET

L’opposition fait partie intégrante de toute démocratie. Quoi qu’il en soit, il n’existe pas à ce jour de démocratie idéale. Encore faut-il pouvoir définir le «?parcours?» de ces oppositions. Pour certains peuples, mal appliquée, elle engendre des prises de position extrêmes telle la désobéissance civile – qui ne serait pas d’ailleurs l’apanage des peuples du Liban. Chez d’autres peuples, elle est appliquée à moitié, par des décisions demi-extrêmes, vu que la désobéissance civile dure un temps, au bout duquel ayant exprimé leurs revendications, les opposants cessent leur sit-in tout en maintenant leurs revendications. Chez d’autres encore, elle s’exprime au sein d’un Parlement, où parfois (et souvent) on en vient aux mains. Chez d’autres peuples enfin, elle s’exprime, toujours au Parlement, par diatribes, en toute démocratie et des propositions sont souvent soumises à des votes qui peuvent être en faveur, ou en défaveur. Dans le premier cas, il s’agit d’une opposition destructive, qui ébranle les institutions étatiques et affecte les populations, en leur portant préjudice (exemples?: sit-in, blocage de routes, désobéissance civile, grippage des institutions, etc.) sans tenir compte de l’intérêt des citoyens, souvent fort peu directement concernés par les turbulences de la vie politique. Preuve en est que, depuis quelque temps déjà, alors que nous étudions en cours d’économie politique que l’économique dépend du politique, le Liban a contrevenu inconsciemment à cette règle d’or en dissociant l’économique du politique. Le monde politique suit un itinéraire totalement incertain et trouble, alors que le monde économique se maintient et gère ses affaires en essayant autant que faire se peut d’ignorer les déficiences de la vie politique. Ces orientations expliquent en partie la croissance et la stabilité de la vie économique libanaise, gérée de main de maître par les tenants (officiels et privés) des secteurs économiques (Banque du Liban, secteur immobilier, secteur bancaire, Bourse...). Il reste que les deux secteurs essentiellement perturbés sont?: 1- le secteur touristique, totalement «?sinistré?»?; 2- une partie du secteur industriel. Cette situation de séparation du politique de l’économique est à notre sens la principale raison des succès du milieu économique, sans compter l’apport de 6 à 8 milliards de dollars qui rentrent annuellement au Liban grâce aux transferts de nos émigrés. Pour en revenir à l’opposition constructive, elle se caractérise par les prises de position au sein du Parlement des opinions de ses membres, majorité et opposition, sans avoir recours aux armes et autres moyens de dissuasion en notant que souvent, certaines revendications sont valables. Pour atteindre le degré d’opposition constructive, le Liban a besoin de faire preuve de maturité politique, une qualité censée appartenir à la classe de politiciens chevronnés, dont les membres doivent écarter le recours à la violence et le remplacer par le dialogue continu, jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications. C’est, après tout, ces politiciens qui orientent leurs partisans. Quoi qu’il en soit et pour conclure, l’issue des entretiens de Doha doit permettre de cristalliser dans l’esprit des participants qu’aucune partie libanaise ne peut, et ne pourra, prétendre un jour ou l’autre prendre le dessus, et que le consensus d’opposition constructive doit demeurer le critère d’un Liban, toujours à la recherche de son identité, qui reste à définir – objectif prioritaire de tous les dialogues. Qu’allons-nous devenir, un État dans l’État, une confédération, un pays libre et indépendant??... Article paru le vendredi 23 mai 2008
L’opposition fait partie intégrante de toute démocratie.
Quoi qu’il en soit, il n’existe pas à ce jour de démocratie idéale.
Encore faut-il pouvoir définir le «?parcours?» de ces oppositions. Pour certains peuples, mal appliquée, elle engendre des prises de position extrêmes telle la désobéissance civile – qui ne serait pas d’ailleurs l’apanage des peuples du Liban. Chez d’autres peuples, elle est appliquée à moitié, par des décisions demi-extrêmes, vu que la désobéissance civile dure un temps, au bout duquel ayant exprimé leurs revendications, les opposants cessent leur sit-in tout en maintenant leurs revendications. Chez d’autres encore, elle s’exprime au sein d’un Parlement, où parfois (et souvent) on en vient aux mains. Chez d’autres peuples enfin, elle s’exprime, toujours au Parlement,...