L’existence d’une médiation de la Turquie entre Israël et la Syrie illustre la volonté d’Ankara de jouer un rôle accru dans le règlement des conflits au Proche-Orient. L’intérêt de la Turquie pour la région n’est pas nouveau. Ankara propose depuis longtemps d’organiser une conférence régionale afin d’aplanir les divergences entre Israéliens et Palestiniens. L’arrivée au pouvoir en 2002 du Parti de la justice et du développement (AKP), une formation issue de la mouvance islamiste, plus proche logiquement des gouvernements arabes que ses prédécesseurs, a relancé cet intérêt pour la région.
Le conseiller en chef du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, le professeur Ahmed Davutoglu, qui a rang d’ambassadeur, s’est à plusieurs fois rendu dans les capitales syrienne, israélienne, palestinienne et arabes pour tâter le terrain et voir si les conditions d’une négociation étaient réunies. Cet académicien, qualifié de « néo-ottoman », reflète la volonté du gouvernement turc de s’engager plus activement au Proche-Orient, territoire appartenant autrefois à l’Empire ottoman.
Ces dernières années, sans renoncer à ses relations privilégiées avec Israël, la Turquie a manifesté beaucoup plus d’intérêt pour la région. Au risque de déplaire à Washington, elle a tissé des liens nouveaux avec la Syrie, après l’expulsion de Damas du chef rebelle kurde Abdullah Öcalan, et l’Iran. Le président syrien Bachar el-Assad a été reçu avec tous les honneurs à Ankara tandis que les Premiers ministres turc et iranien échangeaient des visites officielles. Un intérêt commun unit ces pays : faire échec aux visées autonomistes kurdes.
Mais la Turquie entend également jouer pleinement le rôle que lui confère au Moyen-Orient son poids économique, la puissance de ses forces armées et son passé historique. C’est ainsi que peu de temps avant la conférence d’Annapolis, en novembre aux États-Unis, les présidents israélien Shimon Peres et palestinien Mahmoud Abbas ont été invités à s’exprimer devant le Parlement turc.
« Il est très réaliste que la Turquie veuille utiliser son poids et sa confiance auprès de ces pays (Israël et la Syrie) pour tenter de rapprocher leurs vues », a commenté pour l’AFP le professeur Hüseyin Bagci de l’Université du Moyen-Orient d’Ankara. Cet expert en affaires proche-orientales ne se dit cependant pas très optimiste pour l’avenir des négociations israélo-syriennes. « Tous les acteurs (pour une médiation) ont été essayés jusqu’à présent et ça n’a rien donné », a-t-il dit.
Il est certain que la Turquie, pays musulman mais laïque au régime démocratique, fait figure d’exception dans la région et elle entend utiliser cette position unique.
L’existence d’une médiation de la Turquie entre Israël et la Syrie illustre la volonté d’Ankara de jouer un rôle accru dans le règlement des conflits au Proche-Orient. L’intérêt de la Turquie pour la région n’est pas nouveau. Ankara propose depuis longtemps d’organiser une conférence régionale afin d’aplanir les divergences entre Israéliens et Palestiniens. L’arrivée au pouvoir en 2002 du Parti de la justice et du développement (AKP), une formation issue de la mouvance islamiste, plus proche logiquement des gouvernements arabes que ses prédécesseurs, a relancé cet intérêt pour la région.
Le conseiller en chef du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, le professeur Ahmed Davutoglu, qui a rang d’ambassadeur, s’est à plusieurs fois rendu dans les capitales syrienne, israélienne, palestinienne et...
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