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Crise alimentaire La BAD appelle à la libéralisation des échanges agricoles

La Banque africaine de développement (BAD) a conclu hier ses travaux annuels à Maputo sur un appel à la libéralisation des échanges mondiaux de produits de l’agriculture, dont les blocages contribuent selon elle à la flambée des prix de l’alimentation. « Plusieurs mesures concrètes vont être annoncées, notamment un appel à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour mieux réguler et libéraliser les marchés », a déclaré Magatte Wade, directeur de la communication de la BAD. « Les États membres régionaux critiquent les subventions des pays du Nord à leurs agricultures et exportations et demandent l’ouverture des marchés aux pays en développement », a-t-il indiqué. La BAD va également demander « l’arrêt de la rétention d’exportations de produits alimentaires comme par exemple actuellement en Australie », selon M. Wade. La Banque doit par ailleurs annoncer un renforcement des projets multinationaux interafricains, notamment dans les infrastructures et la production d’énergie durable. L’envolée des cours du brut participe largement à la hausse des produits de base. Seulement 4 % du potentiel hydroélectrique africain est actuellement exploité et la BAD compte encourager les investissements en ce sens. Certains des gouverneurs de Banques centrales, membres du Conseil des gouverneurs de la BAD, ont en outre demandé à l’institution plus de coordination dans la lutte contre le changement climatique et ses conséquences. La réunion annuelle s’était ouverte avant-hier avec l’annonce d’aides budgétaires directes pays par pays et de la création d’un fonds de subvention des fertilisants de 15 millions de dollars pour stimuler la production agricole en Afrique et aider les paysans africains à bénéficier de la hausse des cours. « Nous allons également travailler sur la réduction des pertes agricoles après moisson parce qu’un rapport a montré qu’en Afrique elles se chiffrent à 40 % de la récolte. Si on récupère seulement 5 % de ces pertes, on peut augmenter la production de céréales de quelque 15 000 tonnes », a expliqué M. Wade. Pendant la rencontre de deux jours, le président de la BAD, Donald Kaberuka, a aussi présenté les résultats de l’institution, affirmant qu’en « dépit des turbulences dans le monde financier, ses finances restent très bonnes ». « Nous avons conservé la notation financière la plus élevée (AAA) et tous les secteurs de la banque ont enregistré de bons résultats. Les revenus nets de la banque ont augmenté de 66 % et nos engagements opérationnels de 20 % », a-t-il dit. La BAD a également annoncé avant-hier l’entrée de la Turquie au sein des membres non africains de la BAD. L’année dernière, les assises annuelles de la BAD s’étaient tenues à Shanghaï, à l’invitation du gouvernement chinois. La Chine maintient des relations étroites avec l’Afrique, comme en témoigne la signature hier d’un accord de partenariat de la BAD avec la Banque d’import-export de Chine (Cexim). La Banque maintiendra en outre son établissement provisoire à Tunis jusqu’à ce que des élections aient eu lieu en Côte d’Ivoire, siège statutaire que l’institution avait quitté en 2003 en raison de la guerre civile. La question du possible retour à Abidjan sera notamment discutée au cours de la prochaine réunion annuelle de la BAD qui se tiendra en mai 2009 à Dakar, ont indiqué les organisateurs. La BAD, principale institution financière internationale du continent, compte 78 pays membres, dont 53 pays africains.
La Banque africaine de développement (BAD) a conclu hier ses travaux annuels à Maputo sur un appel à la libéralisation des échanges mondiaux de produits de l’agriculture, dont les blocages contribuent selon elle à la flambée des prix de l’alimentation.
« Plusieurs mesures concrètes vont être annoncées, notamment un appel à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour mieux réguler et libéraliser les marchés », a déclaré Magatte Wade, directeur de la communication de la BAD.
« Les États membres régionaux critiquent les subventions des pays du Nord à leurs agricultures et exportations et demandent l’ouverture des marchés aux pays en développement », a-t-il indiqué.
La BAD va également demander « l’arrêt de la rétention d’exportations de produits alimentaires comme par exemple actuellement...