Rechercher
Rechercher

Actualités

La vie chamboulée des Libanais

Yasmine a dû annuler son mariage. Michel, un restaurateur, a mis à la poubelle des stocks de nourriture pourrie. Farid était seul samedi à aller travailler dans sa banque : comme eux, des milliers de Libanais tentent de vaincre la peur pour retrouver une vie normale, rapporte l’AFP dans un reportage signé Rima Abouchakra. Yasmine Eid, 33 ans, devait se marier dimanche dernier, juste après l’éruption de violence qui a embrasé l’ouest de Beyrouth. « J’ai dû reporter mon mariage », confie la jeune femme. « Personne ne voulait s’aventurer dans l’ouest de Beyrouth et aucun de nous n’avait la tête à s’amuser. » Michel Hélou, patron d’un restaurant, a dû fermer pendant plusieurs jours. « Nous avons dû jeter des tonnes de nourriture périmée, nettoyer et repartir à zéro », dit-il. « Nous n’avons pu sauver que les boissons. Il nous faudra des jours pour recommencer à fonctionner normalement. » « Les affaires de mes amis n’ont pas été perturbées », remarque ironiquement Rami, 30 ans, un homme d’affaires libanais installé à Bahreïn, venu rendre visite à sa famille. « C’est tout simplement parce que personne n’a de travail. » « J’étais seul samedi à mon bureau et aujourd’hui 20 % seulement de mes collègues sont venus », témoignait lundi dernier Farid Wazzin, 47 ans, qui travaille dans la succursale d’une banque française. À la Byblos Bank, dans l’ouest de Beyrouth, Nada Abdel-Samad, une employée, explique que la banque est submergée de demandes de retraits de clients paniqués. « Certains essaient de retirer 10 000 dollars à la fois et nous risquons de nous retrouver à court de liquidités. » La banque continue à approvisionner ses distributeurs de billets, mais, souligne Nada, de nombreux clients semblent avoir quitté la capitale car ils effectuent leurs transactions dans d’autres régions du pays. Yara Yassine, 23 ans, avait quitté Beyrouth la semaine dernière pour aller rejoindre ses parents à Chtaura avec la prémonition que la grève générale du 7 mai allait dégénérer. Depuis, elle n’a jamais pu regagner Beyrouth. « Les routes sont bloquées et il y a des affrontements sporadiques dans notre région. Je ne peux pas abandonner ma famille, confie-t-elle. Je voudrais aller travailler. Je ne participe pas à la campagne de désobéissance civile de l’opposition. Mais je ne peux tout simplement pas bouger. » À la maison, la garde des enfants en vacances forcées est devenue un casse-tête pour les parents. « Nous ne pouvons les emmener nulle part, raconte Sima, 34 ans, mère de deux enfants. Quand le bruit des combats devenait trop fort, nous mettions la musique à fond et nous dansions, en leur faisant croire que c’étaient des feux d’artifice. »
Yasmine a dû annuler son mariage. Michel, un restaurateur, a mis à la poubelle des stocks de nourriture pourrie. Farid était seul samedi à aller travailler dans sa banque : comme eux, des milliers de Libanais tentent de vaincre la peur pour retrouver une vie normale, rapporte l’AFP dans un reportage signé Rima Abouchakra.
Yasmine Eid, 33 ans, devait se marier dimanche dernier, juste après l’éruption de violence qui a embrasé l’ouest de Beyrouth.
« J’ai dû reporter mon mariage », confie la jeune femme. « Personne ne voulait s’aventurer dans l’ouest de Beyrouth et aucun de nous n’avait la tête à s’amuser. »
Michel Hélou, patron d’un restaurant, a dû fermer pendant plusieurs jours. « Nous avons dû jeter des tonnes de nourriture périmée, nettoyer et repartir à zéro », dit-il. « Nous n’avons pu...