Talentueux, solide, parfois chanceux, le Bordeaux de Laurent Blanc a profité cette saison du rendement des Wendel et autre Cavenaghi, puisant également dans son jeune réservoir l’énergie et le second souffle nécessaires pour revenir au final dans les pas de Lyon.
Certains appellent cela la chance du débutant, d’autres du feeling. En remplaçant dimanche dernier à Marseille Johan Micoud, blessé, par le jeune Pierre Ducasse, joueur de champ de L1 le plus souvent remplaçant cette saison, Laurent Blanc avait-il pressenti le rôle qu’allait jouer son jeune milieu remplaçant dans les arrêts de jeu, imaginé cette frappe monstrueuse dans la lucarne de Mandanda ?
En confiant la responsabilité de mener l’attaque des Girondins début janvier au revenant et oublié Fernando Cavenaghi, Blanc pensait-il que l’Argentin signerait 14 buts en 14 titularisations, prendrait le relais de l’euphorique David Bellion (10 buts début novembre), marquerait les esprits de la France du foot et ferait oublier Pauleta dans les esprits des supporteurs aquitains ?
Ce Bordeaux, solide 2e de L1 à deux points du sextuple champion de France lyonnais à deux journées de la fin, a décidément autre chose que du talent.
« Cette année, tout se passe très bien, il y a une concurrence saine, assure Pierre Ducasse. Que tout le monde soit concerné, ait sa petite part d’importance dans le groupe, ça soude aussi tout l’effectif. À partir du moment où on prend du plaisir à vivre ensemble, où on s’entend bien, forcément quand la bonne humeur est là, on travaille sereinement. »
Wendel sur les traces
de Juninho
Oublié par Ricardo la saison dernière, le latéral gauche Benoît Trémoulinas a explosé sous la férule du « Président », disputant huit matchs de L1 et toutes les campagnes en Coupes (1 but en UEFA).
Souvent décrit comme hypertalentueux, le surclassé Gabriel Obertan a plus ou moins végété cette saison (5 titularisations) avant de devenir décisif à Toulouse (passe pour Micoud) puis titulaire rayonnant au Vélodrome.
Et si on ajoute le potentiel de la jeune garde girondine (Brégerie, Moimbé, Traoré), dominateur en CFA (1er du groupe D), surprenant vainqueur à Panionios (3-2) en Coupe de l’UEFA, là où Sochaux avait trébuché quelques semaines auparavant, la génération suivante finaliste de la Coupe Gambardella, ce Bordeaux a vraiment une sacrée réserve.
« Cela me fait plaisir car ce sont de jeunes joueurs que l’on n’a pas lâchés, on a toujours été derrière eux parce qu’on les apprécie et qu’on pense qu’ils ont une marge de progression importante, reconnaît Laurent Blanc. Gaby Obertan par exemple, on connaît tous son potentiel. Sa 2e mi-temps à Marseille est sa mi-temps la plus complète cette saison, c’est bon signe, même si c’est la fin de championnat. On avait raison d’être toujours derrière ce garçon parce qu’il le mérite. »
« Le coach a aussi fait des choix intelligents, insiste Ducasse. Quand on n’avait pas beaucoup de temps de jeu, on a été jouer en CFA, on était presque 11 à descendre contre Sainte-Geneviève-des-Bois (7-0, le 6 avril), on a eu quand même du temps de jeu assez régulier pour pouvoir se maintenir en forme. »
Blanc, béni des dieux du foot, sûrement, quand on pense enfin que le milieu brésilien Wendel, qui n’avait jamais tiré un coup franc direct avant son arrivée en France – « Au Brésil, il y avait Rivaldo, Alex, Ricardinho avant moi » –, est devenu en quelques mois presque l’égal de Juninho (5 réussites), au rendement complet (12 buts au total dont un triplé mémorable contre Paris), et décisif pour distancer Nancy et Marseille, revenir sur Lyon et croire encore au titre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Talentueux, solide, parfois chanceux, le Bordeaux de Laurent Blanc a profité cette saison du rendement des Wendel et autre Cavenaghi, puisant également dans son jeune réservoir l’énergie et le second souffle nécessaires pour revenir au final dans les pas de Lyon.
Certains appellent cela la chance du débutant, d’autres du feeling. En remplaçant dimanche dernier à Marseille Johan Micoud, blessé, par le jeune Pierre Ducasse, joueur de champ de L1 le plus souvent remplaçant cette saison, Laurent Blanc avait-il pressenti le rôle qu’allait jouer son jeune milieu remplaçant dans les arrêts de jeu, imaginé cette frappe monstrueuse dans la lucarne de Mandanda ?
En confiant la responsabilité de mener l’attaque des Girondins début janvier au revenant et oublié Fernando Cavenaghi, Blanc pensait-il que l’Argentin...