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Actualités - Opinion

L’ÉDITORIAL de Issa GORAIEB Gestations

Image forte à l’excès, image insoutenable que celle de ces quatre bambins de la même famille tués en même temps que leur mère lundi à Gaza, au cours d’un de ces bombardements israéliens devenus, dans l’apathie générale, aussi routiniers que meurtriers. Toute mort violente d’enfant ne peut qu’inspirer l’horreur. Et c’est une horreur sans bornes que suscite cette tragédie. Mieux que tous les réquisitoires indignés que pourraient prononcer les chefs arabes (et encore, lorsqu’il leur arrive de s’indigner !), ce poignant épisode illustre la barbarie d’une stratégie militaire reposant non pas tant sur la supériorité technologique comme le veut une tenace propagande, mais sur la terreur brute. Ces pertes de civils, pudiquement appelées dommages collatéraux, les généraux d’Israël ont beau jeu d’en imputer la responsabilité au Hamas, dont les combattants hantent les ruelles du gigantesque bidonville qu’est Gaza. Ce n’est guère fortuitement, cependant, que toutes ces morts et destructions frappent surtout les populations, puisqu’elles sont infligées dans une des agglomérations les plus misérablement denses de la planète. Les antécédents ne manquent pas d’ailleurs, qui portent à croire que de tels excès visent sciemment à mater, à épouvanter, à mettre à genoux une Palestine saucissonnée, découpée en tranches, en guerre avec elle-même autant qu’avec Israël, hélas. À cet égard, l’innocente enfance assassinée lundi revêt valeur de symbole : c’est bien une Palestine des limbes, un embryon de Palestine que s’acharne à tuer l’État hébreu. Le long week-end de Pâques n’aura pas manqué en revanche d’images autrement plus réconfortantes : notamment celle de cette ministre de la Défense du royaume d’Espagne promenant gaillardement une grossesse avancée à Blatt, Liban-Sud, où elle est allée s’enquérir de la sécurité, comme du moral, de ses compatriotes militaires œuvrant au sein de la Finul. C’est d’un insolite et néanmoins admirable message qu’était porteur ce ventre-là, lequel ne craignait pas de se montrer, quelques jours plus tôt, dans un des lieux les plus périlleux de la planète, l’Afghanistan : message de courage et de détermination face aux menaces des terroristes d’el-Qaëda pesant sur la force internationale, message d’espoir pour les Libanais aspirant à la paix et à la sécurité. C’est chez soi cependant que toute paix commence. Et on ne saurait encore affirmer qu’après une longue et laborieuse gestation, la crise libanaise est enfin sur le point d’accoucher d’une solution. Car après une éphémère concertation nationale dont les résultats n’ont jamais connu un début d’application, après un assourdissant dialogue de sourds, c’est à une timide amorce de dialogue chargée de non-dits, lourde de sous-entendus et de malentendus, que l’on assiste en ce moment. C’est par un oui, mais qu’un 14 Mars réservé et prudent jusqu’à la méfiance a répondu au projet de déclaration d’intentions (sur le futur gouvernement et la loi électorale) ouvrant la porte à l’élection rapide d’un président de consensus, avancé par Nabih Berry. Et c’est un oui clair que continue d’attendre le président de l’Assemblée, à un moment où l’opposition elle-même paraît impuissante à accorder ses violons, qu’il s’agisse des fameuses intentions ou du point de savoir qui parle en son nom. Piquante à cet égard est la sourde émulation apparue entre le président Berry, jalousement attaché à son statut d’organisateur du dialogue, pour entamé qu’il puisse être, et le général Michel Aoun, sacré il y a peu négociateur en chef de l’opposition. Le premier fait assaut de conciliation. Le second en est à s’inquiéter publiquement d’une résurgence de l’alliance électorale de 2005 entre ses propres alliés et la majorité parlementaire. Et c’est à l’arrière-scène que campe un Hezbollah prépondérant, mais répugnant visiblement à jouer les arbitres : un Hezbollah plus que jamais attentif, en tout cas, aux courants souterrains – rumeurs de guerre et contacts indirects syro-israéliens – qui en ce moment parcourent la région. Gestations à problèmes, là aussi... Issa GORAIEB
Image forte à l’excès, image insoutenable que celle de ces quatre bambins de la même famille tués en même temps que leur mère lundi à Gaza, au cours d’un de ces bombardements israéliens devenus, dans l’apathie générale, aussi routiniers que meurtriers. Toute mort violente d’enfant ne peut qu’inspirer l’horreur. Et c’est une horreur sans bornes que suscite cette tragédie.

Mieux que tous les réquisitoires indignés que pourraient prononcer les chefs arabes (et encore, lorsqu’il leur arrive de s’indigner !), ce poignant épisode illustre la barbarie d’une stratégie militaire reposant non pas tant sur la supériorité technologique comme le veut une tenace propagande, mais sur la terreur brute. Ces pertes de civils, pudiquement appelées dommages collatéraux, les généraux d’Israël ont beau jeu d’en...