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Actualités - Opinion

Un menu de couleuvres

La période que nous vivons aura vu ce qu’on aurait difficilement accepté il y a encore quelques lustres?: prétendre faire accroire les choses les plus étranges, comme prédire au chef du gouvernement, dès les débuts de 2006?: «?Vous allez déguerpir plus tôt que vous ne pensez, et vous n’aurez même pas le temps de rassembler vos affaires personnelles?» (Aoun dixit). On aura encore vu, pour un pays normal, des actes difficilement imaginables, comme l’occupation du centre-ville et le reste, mais nous sommes, hélas, dans une situation exceptionnelle. Ainsi, ceux qui veulent changer la face du pays en sont arrivés à s’imaginer que l’opinion peut à présent digérer des couleuvres généreusement servies. Suivons le guide?: Le chef du pouvoir législatif, se déclarant ouvertement coleader de l’opposition, proclame «?illégal?» le gouvernement en place et, pour l’empêcher de comparaître devant le Parlement et faire voter ses projets de loi, ferme à double tour la porte de l’Assemblée et la garde fermée depuis 18 mois. Mais ce n’est pas encore tout le «?menu?». Il reste une grosse couleuvre à faire avaler?: ce président «?sui generis?» se fait le héraut de l’entente nationale en invitant les parties au dialogue. La majorité répond?: «?Nous sommes les premiers protagonistes du dialogue. Mais celui-ci ne peut se tenir qu’après l’élection du président de la République, réclamé unanimement par le pays.?» L’opposition, par la voix comminatoire du Hezbollah, déclare?: «?Vous refusez donc le dialogue?», et voici le propos du porte-parole du Hezb, Mohammad Raad? (voir la presse du 21/4, notamment an-Nahar p.5 et as-Safir p.3)?: – «?Celui qui refuse le dialogue, c’est celui-là même qui refuse la souveraineté (sic), l’union nationale et la solution de la crise.?» – … «?Dans l’intérêt de qui laisserons-nous à Israël la possibilité de reprendre son agression contre le Liban??? (et, interpellant la majorité)?: Si vous pariez sur cela…? … Abandonnez donc ces paris lamentables… car pas de salut pour le pays sauf dans l’entente (grâce au dialogue proposé par Berry).?» Puis vient la menace?: «?Qui a dit que la rue n’en appellera pas à elle-même, à ses réactions, à (son potentiel) de mobilisations???» Car «?celui qui sabote le dialogue portera la responsabilité du chaos qui sera le sort du pays.?» Et la mésentente se poursuit. Les responsables et les entreprenants de «?bons offices?» répètent?: «?Commençons par suivre la procédure constitutionnelle en comblant la ruineuse vacance de la présidence, sans ligoter d’avance le candidat-président et l’humilier par des conditions préalables.?» Réponse?: «?C’est que vous rejetez notre offre?; c’est une occasion offerte qui ne se renouvellera pas. Profitez-en pendant qu’il est temps?»… Et le dialogue de sourds continue. Les couleuvres ont la vie longue. (Nous nous permettons de rappeler que, dans ces mêmes colonnes, a paru il y a un an un article intitulé «?Union nationale, ou l’hypocrisie des mots?», traitant du même sujet). Albert SARA
La période que nous vivons aura vu ce qu’on aurait difficilement accepté il y a encore quelques lustres?: prétendre faire accroire les choses les plus étranges, comme prédire au chef du gouvernement, dès les débuts de 2006?: «?Vous allez déguerpir plus tôt que vous ne pensez, et vous n’aurez même pas le temps de rassembler vos affaires personnelles?» (Aoun dixit). On aura encore vu, pour un pays normal, des actes difficilement imaginables, comme l’occupation du centre-ville et le reste, mais nous sommes, hélas, dans une situation exceptionnelle.
Ainsi, ceux qui veulent changer la face du pays en sont arrivés à s’imaginer que l’opinion peut à présent digérer des couleuvres généreusement servies. Suivons le guide?:
Le chef du pouvoir législatif, se déclarant ouvertement coleader de l’opposition, proclame...