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Actualités - Opinion

Marché de l’immobilier Patrimoine en péril

Il y a deux semaines, certains s’étaient offusqués de la destruction d’une belle demeure rue Sélim Bustros dans le secteur de Tabaris. Problème identique à Clemenceau, rue May Ziadé, où un immeuble de caractère a également été réduit dernièrement en poussière et un autre est sur le point de tomber à coup de masse. Qui faut-il blâmer ? Est-ce les propriétaires qui se remplissent les poches ? Est-ce les promoteurs qui voient dans ces parcelles une opportunité de construire une énième tour résidentielle ? Est-ce les autorités qui n’ont pas su préserver ces bâtiments ? Les responsables sont nombreux. Dans le cadre de cette rubrique, nous avions eu la même réflexion en décembre 2005. Depuis cette date, les choses n’ont guère changé. On applaudit à la sauvegarde de l’immeuble Barakat à Sodeco pendant qu’une dizaine de bâtisses avec un intérêt architectural disparaissent. Le combat est disproportionné. La destruction du patrimoine beyrouthin ne cesse d’être d’actualité devant la dynamique du marché immobilier. Il y a une telle pression sur les dernières parcelles disponibles que l’intérêt patrimonial ne fait pas le poids face aux logiques de profit. Les investisseurs et les promoteurs restent de véritables opportunistes qui, à la moindre occasion, s’emparent d’une parcelle, qu’elle contienne ou non une ancienne maison. Si le patrimoine architectural est en danger, que dire des jardins attenants aux immeubles classés. Dans une ville qui suffoque et qui n’a pas vu la création d’un jardin public depuis des lustres, les promoteurs se focalisent désormais sur les parcelles gazonnées faute de trouver de belles parcelles. Récemment, des bulldozers ont ravagé un jardin entre les palais Sursock pour édifier un immeuble de 24 étages. Pour sauvegarder les anciennes demeures, il existe bien une classification logiquement censée interdire leur destruction. Une liste avec plusieurs centaines de propriétés a été répertoriée. Malheureusement, cette classification n’est pas suffisante. Nous sommes effarés par l’enthousiasme et l’acharnement déployés par les propriétaires pour déclasser leur bien. Une fois obtenu gain de cause, leur plaisir fait peine à voir puisque cela correspond à la prochaine destruction d’une résidence traditionnelle. Toutefois, dans certains cas, les propriétaires ne roulent pas sur l’or et leur bien, qu’il soit classé ou non, présente leur seule richesse. Une classification implique pour eux une grosse perte. Dans ce cas, il serait temps de penser à une formule de compensation financière. Au lieu que ces personnes se battent pour déclasser leur propriété, autant créer un fonds d’investissement regroupant plusieurs mécènes et banques locales capables de les indemniser. Le patrimoine sera ainsi sauvé pour un autre usage (musée, appartement sur le marché locatif, siège social, etc.). Heureusement, il reste une poignée d’opérations privées et isolées qui prouvent qu’il y a encore quelques citoyens amoureux des belles pierres. Rue Gergi Zeidan, à Furn el-Hayek, une agréable demeure a été sauvée et fait l’objet d’un plan de rénovation. Rue Abdel Wahab Inglizi, une société immobilière construit un projet résidentiel tout en préservant un ancien immeuble qui n’était pourtant pas classé. Une initiative ambitieuse qui financièrement peut être une excellente affaire. Naturellement, l’incidence foncière d’un bien patrimonial est supérieure (soit environ 50 %) à un appartement standard. Plusieurs propriétés actuellement sur le marché seraient idéales pour ce type de projet associant l’ancien et le nouveau. Ces initiatives coïncident avec l’intérêt grandissant d’une clientèle pour d’anciennes propriétés à Beyrouth et dans le reste du pays. Certaines personnes, souvent des expatriés, sont sensibles au patrimoine architectural local et désirent loger dans un vieil appartement. Il existe également une demande de la part d’investisseurs à la recherche d’anciens appartements, classés ou non, pour les rénover puis les remettre sur le marché. En coopération avec RAMCO Tél.: 01/349910
Il y a deux semaines, certains s’étaient offusqués de la destruction d’une belle demeure rue Sélim Bustros dans le secteur de Tabaris. Problème identique à Clemenceau, rue May Ziadé, où un immeuble de caractère a également été réduit dernièrement en poussière et un autre est sur le point de tomber à coup de masse. Qui faut-il blâmer ? Est-ce les propriétaires qui se remplissent les poches ? Est-ce les promoteurs qui voient dans ces parcelles une opportunité de construire une énième tour résidentielle ? Est-ce les autorités qui n’ont pas su préserver ces bâtiments ? Les responsables sont nombreux.
Dans le cadre de cette rubrique, nous avions eu la même réflexion en décembre 2005. Depuis cette date, les choses n’ont guère changé. On applaudit à la sauvegarde de l’immeuble Barakat à Sodeco pendant...