Cette semaine, la justice iranienne a annoncé que le chef de la police antivice de Téhéran, le général Zarei, avait été attrapé dans une maison de passe en compagnie de six femmes nues. Problème, le superflic de Téhéran n’était apparemment pas en train d’expliquer aux demoiselles les vertus du tchador quand ses collègues lui sont tombés dessus.
La lecture de ce genre d’information procure généralement une espèce de jouissance alimentée par un esprit revanchard. Avec une pensée du type : regarde bien les murs de ta prison, mon général, peut-être y trouveras-tu des appels à la liberté gravés sur les pierres par de jeunes Iraniens aux cheveux trop longs ou de belles Iraniennes mal voilées, qui veulent croire, envers et contre tout, que sous les pavés, il y a une plage. Et qu’en plus, l’accès à la plage devrait être ouvert à tous et ce gratuitement.
Difficile de ressentir une compassion sincère quand un donneur de leçons pathologique se casse la figure. Et ce d’autant plus quand il pêche précisément par ce qu’il s’employait, parfois violemment, à interdire aux autres.
À n’en pas douter, nombreux sont ceux à avoir sorti le champagne en apprenant qu’Eliot Spitzer, gouverneur de New York, pourfendeur des réseaux de prostitution, « Sherif de Wall street », était un fervent consommateur des services d’Ashley Alexandra Dupré – Kristen pour les « très intimes » –, une call-girl de luxe. La communauté homosexuelle et les partisans du respect des droits des individus ont également dû faire sauter les bouchons en découvrant, avec le reste du monde, que Ted Haggard, pasteur évangéliste au discours antigay, avait entretenu, trois ans durant, une relation avec un prostitué de Denver. Accessoirement, il lui avait également acheté de la drogue. Même topo avec Larry Craig, sénateur républicain, arrêté pour avoir sollicité des rapports sexuels dans les toilettes d’un aéroport.
Toutefois, sommes-nous bien avisés de nous réjouir du malheur des chevaliers autoproclamés de la vertu tombés au champ de leurs pulsions ? Aussi longtemps que ces pulsions impliquent des adultes consentants, bien sûr. À bien y penser, peut-être faudrait-il plutôt les remercier, ces donneurs de leçon déchus. Merci d’avoir prouvé au monde, et surtout à leurs partisans, que nul n’est infaillible.
Qu’ils tombent les apôtres du bien, qu’ils continuent de déchoir. Imaginons un monde dans lequel un George Bush s’enverrait, de temps à autre, un petit verre de Pessac Leognan. Et l’apprécierait à sa juste valeur. Un monde dans lequel un Mahmoud Ahmadinejad bécoterait son épouse sur un banc public dans un parc de Téhéran. Un monde dans lequel un Vladimir Poutine prendrait des cours de ballet.
Allez, il est bien permis de rêver alors que le souffle de Mai 68 revient nous chatouiller les idées. Ne disait-on pas, il y a 40 ans, l’imagination au pouvoir ?
Émilie SUEUR
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La lecture de ce genre d’information procure généralement une espèce de jouissance alimentée par un esprit revanchard. Avec une pensée du type : regarde bien les murs de ta prison, mon général, peut-être y trouveras-tu des appels à la liberté gravés sur les pierres par de jeunes Iraniens aux cheveux trop longs ou de belles Iraniennes mal voilées, qui veulent croire, envers et contre tout, que sous les pavés, il y a une plage. Et qu’en plus, l’accès à la...