Craignant une nouvelle pénurie du nombre de visas pour les travailleurs qualifiés, les chefs d’entreprise américains intensifient leurs efforts pour obtenir une hausse des quotas d’immigration, nécessaire selon eux pour maintenir la compétitivité des États-Unis. Une coalition d’entreprises, surtout actives dans le domaine des hautes technologies, avertit que le quota de 65 000 visas H-1B accordés aux travailleurs qualifiés pour l’année fiscale 2009 (qui commence le 1er octobre) risque d’être atteint le jour même de dépôt des dossiers, le 1er avril.
Si cela devait se produire, les employeurs cherchant à employer des étrangers qualifiés devraient attendre un an et ne pourraient embaucher qu’en octobre 2009. Ce serait la seconde année consécutive que la limite serait atteinte le jour même de dépôt des dossiers, forçant les services de l’immigration à procéder à une loterie pour attribuer les précieux sésames.
Robert Hoffman, vice-président du groupe informatique Oracle et responsable de la coalition « Compete America », estime que cette parcimonie affecte la capacité des entreprises américaines à rester compétitive sur des marchés mondiaux. « C’est un quota arbitraire et dépassé qui date de 1990 », a-t-il affirmé à des journalistes la semaine dernière à Washington. « Pour la seconde année de suite, les entreprises et instituts de recherche américains vont devoir mettre des projets entre parenthèses en attendant le résultat d’une loterie avant de pouvoir embaucher les scientifiques et les ingénieurs dont ils ont besoin », a-t-il ajouté.
Selon une étude récente citée par M. Hoffman, les 500 plus grosses entreprises américaines cherchent actuellement à embaucher 140 000 travailleurs qualifiés. « Ce n’est pas juste un problème pour l’informatique ou l’aéronautique, mais aussi un problème national », a-t-il ajouté.
En cette période de hausse du chômage, le législateur renâcle à relever les quotas de visa H-1B. Lancé en 1990, ce programme permet aux scientifiques, ingénieurs et techniciens étrangers de travailler pendant six ans au maximum aux États-Unis. Une grande partie des bénéficiaires vient d’Asie, et notamment d’Inde.
Certains analystes avertissent que les États-Unis risquent de perdre leur compétitivité s’ils n’essaient pas d’attirer et de retenir les meilleurs professionnels, dont beaucoup viennent aux États-Unis pour étudier. « Les États-Unis se sont hissés à la première place de l’économie mondiale grâce aux employés les plus qualifiés du monde. Mais au cours des 30 dernières années, le niveau de qualification a stagné aux États-Unis », affirme dans un rapport Jacob Kierkegaard, un chercheur danois au Peterson Institute for International Economics, lui-même détenteur d’un visa H-1B.
« Pour que les États-Unis reprennent la première place en terme de qualification, ils doivent de toute urgence réformer leur immigration des travailleurs qualifiés », ajoute-t-il. Le président de Microsoft, Bill Gates, a récemment affirmé au Congrès que les entreprises high-tech américaines devaient délocaliser des emplois à l’étranger à cause des restrictions à l’immigration.
Les critiques se rejoignent aussi pour dire que le principe de la loterie est un moyen biaisé d’attribuer des visas.
Pour Kim Berry, de l’association technologique Programmers Guild, des alternatives existent. « La priorité devrait être donnée aux employés les plus qualifiés, et aux employeurs américains par rapport aux entreprises étrangères », affirme-t-il. « Ainsi, Microsoft et les autre employeurs américains verraient toutes leurs demandes de visas H-1B approuvées », assure-t-il.
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Si cela devait se produire, les employeurs cherchant à employer des étrangers qualifiés devraient attendre un an et ne pourraient embaucher qu’en octobre 2009. Ce serait la seconde année consécutive que la limite serait atteinte le jour même de dépôt des...