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Actualités - Opinions

Les lecteurs ont voix au chapitre

Qui est responsable?? Je me rends compte qu’au Liban, à Beyrouth plus précisément, il vous est possible de tout faire. Vous pouvez ainsi créer une société qui exproprierait tout le centre-ville contre des actions dont elle définirait elle-même la quantité et la valeur. Cette même société peut, par la suite, raser des quartiers entiers et en démolir d’autres partiellement. Les bâtiments restants sont alors déclarés « classés » ou « à préserver » et ainsi de suite. Plus tard, vous pouvez encore revendre ces derniers édifices à une entreprise jouissant du droit de démolir tout ce qui reste. Et là, si votre société est pointée du doigt par un article de journal, il vous suffirait de répondre?: «?Ce ne sont pas mes bulldozers, mais ceux de l’entreprise qui a racheté le terrain.?» En bref?: «?Je n’y suis pour rien.?» Sans oublier que votre société demeure responsable du plan directeur du centre-ville, y compris les terrains revendus. Mais la chose ne s’arrête pas là. On nous promet même de construire les nouveaux bâtiments à l’image des anciens démolis. Nous aurons ainsi droit, dans le Wadi Abou Jmil, à un petit Disneyland comme celui du Saifi Village. Ainsi, la triple baie libanaise, haute de ses 6 mètres, se verra traversée en son milieu par une dalle de béton séparant deux étages de 3 mètres de hauteur chacun. Rentabilité oblige. Et si la triple baie de la façade est supposée révéler un grand hall central au niveau du plan, ici cela n’a plus la moindre importance. La façade n’est plus qu’un simple décor de cinéma. Bien entendu, puisqu’on n’essaye nullement de sauver la ville, mais uniquement de reproduire son image. La subtilité du tissu urbain traditionnel, ses passages, ses impasses, ses escaliers extérieurs, ses galeries ajourées… tout cela n’a plus le moindre sens, plus de raison d’être, puisque les habitants eux-mêmes seront remplacés par d’autres n’ayant nullement le même comportement socio-urbain. Le Wadi comme le Saifi Village perdent leur âme pour devenir un étalage de placage de façades. Bientôt, il ne restera que le quartier Foch-Allenby, où certains propriétaires durent racheter leurs droits à la société qui les avait expropriés et purent ensuite restaurer leurs biens. Mais là encore, bien que de grande qualité certes, il ne s’agit que d’architecture néohaussmannienne et néo-ottomane. La véritable architecture des Libanais se trouvait dans les quartiers bien moins prestigieux, du Saïfi et du Wadi. Sa modestie, son humilité et son authenticité ne purent être appréciées par nos grands urbanistes. Et bien sûr, personne ne se sent responsable, puisque les uns exproprient pour revendre, les autres délivrent les autorisations de démolir, et ce ne sont que d’autres encore qui envoient leurs bulldozers pour exécuter. On ne peut le nier?: l’organisation est excellente. Amine-Jules ISKANDAR Architecte DPLG Scandale à deux niveaux Le numéro daté du 28 février du magazine L’Express avait consacré un article aux Français qui avaient protégé des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Les lecteurs libanais du magazine ne furent pas peu surpris en voyant que cinq pages avaient été arrachées de tous les exemplaires mis en vente dans les kiosques libanais. Une question se pose aujourd’hui?: la censure libanaise ne confond-elle pas gravement sionisme et judaïsme ainsi que Juifs et Israéliens?? Le magazine rapportait uniquement un épisode de la guerre mondiale, était-ce donc nécessaire de supprimer ces pages?? Dans toute cette affaire, ce n’est pas la censure qui est grave, mais la réaction qu’elle a suscitée dans l’Hexagone. Le journaliste Jean Marc Morandini, qui anime l’émission Morandini?! possède en partenariat avec le site du magazine Télé 7 un blog sur les médias français et internationaux. www.jeanmarcmorandini.com On peut y porter des commentaires sur les articles parus. Vendredi 21 mars, le blog de JMM consacrait un article à cette censure. À ma grande stupéfaction, des commentaires islamophobes et antiarabes figuraient dans la partie consacrée aux commentaires. Des phrases telle que «?Rien d’étonnant quand un pays est dirigé par les islamistes?» ou «?La fameuse tolérance des pays musulmans?». Aucun de ces commentaires n’avait été atténué par les modérateurs bien qu’ils suscitaient plusieurs réactions, pas forcément tous les mêmes, certains essayaient de condamner les faits et de répondre tant bien que mal aux commentaires insultants. Étant membre du blog, j’ai envoyé un message à un modérateur pour lui signaler les abus, mais jusqu’à aujourd’hui je n’ai obtenu aucune réaction. Andreas J. ASHJIAN NDLR Dans le nombreux courrier que nous recevons quotidiennement, certaines lettres comportent des passages qui seraient difficilement publiables. Pour cette raison, et aussi afin de faire paraître le plus grand nombre possible de lettres, le journal se réserve le droit de n’en reproduire que les parties les plus significatives et d’en rectifier certains termes désobligeants. En outre, chaque missive doit comporter la signature (nom et prénom) de son auteur. Les lecteurs, nous en sommes certains, le comprendront, ce dont nous les remercions par avance.
Qui est responsable??

Je me rends compte qu’au Liban, à Beyrouth plus précisément, il vous est possible de tout faire. Vous pouvez ainsi créer une société qui exproprierait tout le centre-ville contre des actions dont elle définirait elle-même la quantité et la valeur. Cette même société peut, par la suite, raser des quartiers entiers et en démolir d’autres partiellement. Les bâtiments restants sont alors déclarés « classés » ou « à préserver » et ainsi de suite. Plus tard, vous pouvez encore revendre ces derniers édifices à une entreprise jouissant du droit de démolir tout ce qui reste. Et là, si votre société est pointée du doigt par un article de journal, il vous suffirait de répondre?: «?Ce ne sont pas mes bulldozers, mais ceux de l’entreprise qui a racheté le terrain.?» En bref?: «?Je...