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Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Dame Anastasie ma bien-aimée Les méandres de la politique étant ce qu’ils sont, j’ai développé le réflexe de me réfugier dans la lecture de la presse française, qui exerçait jusque-là la meilleure thérapie sur une citoyenne en mal d’ailleurs. Me voici donc décortiquant avidement l’hebdomadaire Le Point (numéro 1843) quand, page 83, rubrique culture, je trouve la page soigneusement amputée de sa moitié. Serait-ce l’œuvre d’un lecteur indélicat qui a choisi d’arracher l’article ? Vérification faite auprès de différents points de vente, il s’avère que toutes les copies avaient subi le même sort. C’est que donc notre chère Dame Anastasie a encore fait des siennes! La curiosité bravant l’interdit, je m’acharne à me procurer, par l’intermédiaire d’une de mes connaissances se trouvant sur place, une copie en direct de Paris... Et me voici ce soir en train de feuilleter une des dernières parutions dans les librairies en France – événement dont la publicité figurait précisément à la page 83 – ayant pour titre Aïcha la bien-aimée du Prophète, un roman de Geneviève Chauvel. Bravo pour la minutie du travail et le souci du détail, mais si tant d’énergie était déployée à bon escient nous aurions certainement réussi depuis belle lurette à bâtir une cité vertueuse. Lara DOUMET Qu’ils aillent au diable ! Mercredi dernier, ému, indigné, je regardais le journal télévisé de 20 heures. Ému, indigné, je vis les larmes de la femme de Joseph, tué dans l’attentat de la Quarantaine, et écoutai les mots de sa belle-mère : « Qu’ils aillent au diable ! » Oh oui ! Et tous. Comme j’ai eu une envie d’aller manifester devant le Parlement, avec ces paroles comme seul slogan : « Qu’ils aillent au diable ! » Franchement, cette dame, a crié haut et fort ce que nous disons tous. À vrai dire, jamais la classe politique n’aura atteint un tel niveau. Une majorité qui ne cesse de crier que c’est elle majorité ; une opposition qui, en fait, en cherchant à intégrer le gouvernement, en possédant des armes, des alliances régionales, ne ressemble en rien à ce qu’une opposition devrait être. Le tout, avec une surdose d’impolitesse qui n’épargne plus des personnes qui, historiquement, bénéficient d’une immunité morale, comme le patriarche, le commandant en chef de l’armée et futur chef de l’État. Je vois mal comment le général Aoun, qui défendait l’ex-président Lahoud tout en niant son alliance avec lui, et sous prétexte de refuser toute atteinte à la fonction de la présidence de la République, peut tolérer les atteintes à la dignité du patriarche. Alors que les partisans du Hezbollah, son allié, ont violement manifesté contre un programme satirique consacré à sayyed Hassan Nasrallah. Le plus triste dans cette histoire, c’est que ces insultes proviennent exclusivement des chrétiens. Camille MOURANI Cascades « L’eau qui goutte prend des allures de supplice. Solitaire, elle agace ; en filet, elle dérange ; en cascade, elle noie. » Cette perle de Pascal Jacob résume le calvaire des Libanais en ce début d’année. L’autre jour, les habitants d’Achrafieh se sont crus, un instant, en Indonésie, encerclés par des torrents d’eau qui jaillissaient de partout. Tout glissait, les voitures dérapaient et les embouteillages des fêtes reprenaient de plus belle. La cause est bien sûr connue de tous. Les nouvelles et mauvaises infrastructures achevées ou en voie d achèvement à la rue du Liban ou à Tabaris ont produit cet effet néfaste. Ainsi, les égouts conçus initialement pour absorber toutes ces eaux pluies ressemblaient aux chutes du Niagara, rejetant l’eau qui emportait dans ses tourbillons des monticules de sable abandonnés par nos braves entrepreneurs. Garages et sous-sol ressemblaient à des grottes où l’eau coulait en stalactites. Sans oublier enfin les douches froides du pauvre piéton qui ne savait pas à quel saint se vouer. Face à ce drame qui se répète a chaque début d’hiver, la même question se pose : qui en est responsable ? Cette fois, les responsables sont sur le terrain. Pour une fois, messieurs nos responsables, jugez-les ! Nazira A. SABBAGHA Nous, le peuple… Les leaders de tous bords se lancent des menaces qui concernent en premier lieu le peuple. « Nous allons descendre dans la rue » est une des menaces les plus graves. Pourtant, dans les pays démocratiques, manifester se fait souvent, mais dans le but d’arriver à un meilleur mode de vie ou à la satisfaction de demandes justifiées. Au Liban, on descend dans la rue pour faire plaisir à tel leader ou à tel autre. Je m’adresse au peuple libanais, indépendamment de toute idéologie ou appartenance à un parti ou à une religion: « Laissez tomber les leaders. Vous voulez obtenir ce dont vous avez urgemment besoin ? Ignorez-les ! Ne leur faites plus la fête quand vous les voyez, ne les applaudissez pas quand ils sont dans un lieu public, ne les invitez pas à vos réceptions familiales ou de travail. Ignorez-les tous les jours et à tout instant. Vous êtes plus importants qu’eux car vous les avez faits. Ils sont là parce que vous l’avez voulu. Ils sont tous pareils. Ils ont tous profité de la naïveté du peuple ; ils sont toujours là depuis trente ans. Remettez-les à leurs places, là où ils devraient être : loin des décisions importantes qui vous concernent, vous, le peuple. » Elsie EL-KHOURY
Dame Anastasie ma bien-aimée



Les méandres de la politique étant ce qu’ils sont, j’ai développé le réflexe de me réfugier dans la lecture de la presse française, qui exerçait jusque-là la meilleure thérapie sur une citoyenne en mal d’ailleurs. Me voici donc décortiquant avidement l’hebdomadaire Le Point (numéro 1843) quand, page 83, rubrique culture, je trouve la page soigneusement amputée de sa moitié. Serait-ce l’œuvre d’un lecteur indélicat qui a choisi d’arracher l’article ? Vérification faite auprès de différents points de vente, il s’avère que toutes les copies avaient subi le même sort. C’est que donc notre chère Dame Anastasie a encore fait des siennes! La curiosité bravant l’interdit, je m’acharne à me procurer, par l’intermédiaire d’une de mes connaissances se...