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Actualités - Analyse

Les places arabes en chute libre

Alors que les marchés arabes semblaient jusqu’ici épargnés par la crise des supbrimes qui secoue la finance mondiale, les Bourses de la région ont finalement été rattrapées par les turbulences internationales. Les places du Golfe ont ainsi connu hier leurs plus fortes baisses depuis le krach de 2006. La Bourse saoudienne, la plus grande du monde arabe, a plongé de plus de 10 %, son indice tombant sous la barre psychologique des 10 000 points. De même, les principaux indices au Qatar, à Oman et à Abou Dhabi ont connu les plus grandes pertes journalières de leur histoire. La Bourse de Dubaï a également perdu 6,2 %, la plus forte chute depuis mars 2006. Les Bourses de Koweït et de Bahreïn, en revanche, ont limité les pertes : l’indice KSE de Koweït a baissé de 1,6 % et celui de Bahreïn de 1 %. Les autres places arabes ont suivi la tendance. La Jordanie a lâché plus de 4 %, sa plus grande perte en 22 mois, et l’indice du Caire a perdu environ 3 %. « Il y a encore cinq ans les Bourses arabes n’étaient pas corrélées aux Bourses internationales, souligne Fawzi Sabbagh, analyste senior à FFA Private Bank. Il apparaît désormais qu’en période de forte volatilité, ce n’est plus le cas. » « Dans un monde globalisé, tous les marchés sont liés », renchérit Chadi Hanna, directeur du département de la trésorerie de la Byblos Bank. En effet, les grands investisseurs (banques internationales, hedge funds…) détiennent aujourd’hui des positions sur pratiquement tous les marchés. Les Bourses asiatiques ayant fortement plongé hier pour la deuxième journée consécutive, ces investisseurs ont dû couvrir leurs pertes en engrangeant des bénéfices sur d’autres marchés. Or « quelles ont été les Bourses les plus profitables depuis août 2007 ? Celles du Golfe », répond M. Sabbagh. Mais lorsque ces derniers ont commencé à vendre, la rumeur s’est répandue et une certaine panique s’est emparée des marchés. « Les petits porteurs ont commencé à vendre leurs actions. Ce mouvement n’a toutefois pas contaminé les détenteurs de grands portefeuilles, ce qui explique les volumes de transaction relativement faibles », poursuit l’analyste de FFA Private Bank. « Mais cette nervosité ne durera pas. Les Bourses arabes se reprendront très rapidement car les fondamentaux économiques de la région sont bons et ils ne seront pas affectés par une éventuelle récession aux États-Unis », ajoute-t-il, citant notamment la vigueur du secteur immobilier dans le Golfe. D’autres analystes soulignent cependant qu’un recul aux États-Unis, premier consommateur mondial de pétrole, pourrait affecter la production de brut, et par conséquent les recettes des monarchies pétrolières. Pour Chadi Hanna, « les pertes des banques liées au subprime et les résultats de l’économie américaine à venir détermineront l’évolution des Bourses mondiales dans les prochaines semaines. » Quoi qu’il en soit, « la crise sera contenue », estime le responsable, réfutant l’idée d’un krach généralisé. « Mais cela prendra du temps. Les turbulences dureront sans doute encore deux mois, au moins jusqu’à la fin du premier trimestre », conclut-il. Sahar AL-ATTAR
Alors que les marchés arabes semblaient jusqu’ici épargnés par la crise des supbrimes qui secoue la finance mondiale, les Bourses de la région ont finalement été rattrapées par les turbulences internationales.
Les places du Golfe ont ainsi connu hier leurs plus fortes baisses depuis le krach de 2006. La Bourse saoudienne, la plus grande du monde arabe, a plongé de plus de 10 %, son indice tombant sous la barre psychologique des 10 000 points. De même, les principaux indices au Qatar, à Oman et à Abou Dhabi ont connu les plus grandes pertes journalières de leur histoire. La Bourse de Dubaï a également perdu 6,2 %, la plus forte chute depuis mars 2006.
Les Bourses de Koweït et de Bahreïn, en revanche, ont limité les pertes : l’indice KSE de Koweït a baissé de 1,6 % et celui de Bahreïn de 1 %.
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