Depuis le début de la guerre en 1974, le bon peuple libanais vit dans la terreur, 33 ans de misère quotidienne, une vraie course contre la montre pour une survie minimale.
Dans cette galère, aucune différence religieuse, chrétiens, musulmans sunnites ou chiites, un même combat ; la misère, bonne mère, sait se montrer équitable avec tous ses enfants.
Pourtant, elle avait oublié tous ces nantis qui dirigeaient le pays et qui, eux, ne craignaient ni la faim, ni le froid, ni la chaleur, encore moins la poussière, l’analphabétisme, la peur du quotidien que les pauvres mortels connaissent.
Bien sûr, ces grands privilégiés ne vivent pas la même peur au ventre que le peuple, lequel veut juste une vie plus décente. Non, eux, c’est bien plus grave : ils ont peur de perdre la vie, tout simplement. C’est bien là tout le pathétique de la classe dirigeante libanaise. Pendant trois décennies, ses membres ont méprisé le peuple, nouant de multiples alliances avec les uns et les autres au gré de leurs intérêts. Ils n’ont pas hésité à marcher sur les corps et, quand ce n’était pas assez, à enfoncer la tête bien profondément dans le sol de ce pauvre peuple qui se demandait ce qu’il avait bien pu faire aux dieux pour que son sort soit si terrible. Ils n’ont jamais daigné s’intéresser aux petites gens et voilà qu’aujourd’hui ils voudraient que tous les plaignent…
On ne peut se réjouir des assassinats et attentats ciblés qui se déroulent au pays du Cèdre. Moi-même j’ai pleuré Rafic Hariri et Pierre Gemayel. J’ai eu beaucoup de chagrin pour les autres car, à chaque fois, c’était le semblant de démocratie libanaise que l’on assassinait.
Mais de voir les députés libanais se plaindre de leur sort, enfermés dans l’un des hôtels les plus chers de la capitale libanaise, me fait tristement sourire. Les bombes tuent au Liban mais pas le ridicule.
Le peuple libanais, depuis avril 1975, meurt dignement. Si tous ces parvenus avaient œuvré à la démocratie au lieu d’accroître leurs privilèges et leurs richesses, peut-être que leur vie serait différente aujourd’hui. Alors oui, maintenant la vie est équitable pour tous les Libanais ; c’est triste, mais à chacun les privilèges de sa misère.
Anthony DARMO
Paris
Depuis le début de la guerre en 1974, le bon peuple libanais vit dans la terreur, 33 ans de misère quotidienne, une vraie course contre la montre pour une survie minimale.
Dans cette galère, aucune différence religieuse, chrétiens, musulmans sunnites ou chiites, un même combat ; la misère, bonne mère, sait se montrer équitable avec tous ses enfants.
Pourtant, elle avait oublié tous ces nantis qui dirigeaient le pays et qui, eux, ne craignaient ni la faim, ni le froid, ni la chaleur, encore moins la poussière, l’analphabétisme, la peur du quotidien que les pauvres mortels connaissent.
Bien sûr, ces grands privilégiés ne vivent pas la même peur au ventre que le peuple, lequel veut juste une vie plus décente. Non, eux, c’est bien plus grave : ils ont peur de perdre la vie, tout simplement. C’est bien là tout le...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
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