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Ressources humaines Intelligence émotionnelle Par Ecyne KREIDY*

Depuis plusieurs années, l’on accorde beaucoup d’attention à l’intelligence émotionnelle. L’idée est de dépasser le quotient intellectuel (QI) traditionnel comme moyen de mesure de l’intelligence : celui qui réussira le mieux dans la vie n’est pas forcément le meilleur élève de la classe. L’intelligence émotionnelle (IE) a notamment été popularisée par l’écrivain et psychologue américain Daniel Goleman, qui s’est inspiré de travaux académiques des années 90. Le modèle de Goleman développe quatre piliers principaux de l’IE. Le premier, la conscience de soi : c’est la capacité à comprendre ses émotions, à reconnaître ses compétences et ses limites et à les utiliser à bon escient pour guider ses décisions. Ensuite, la maîtrise de soi : elle consiste à maîtriser ses émotions et impulsions et à s’adapter à l’évolution de la situation en faisant preuve d’initiative, de confiance et de persévérance. Le troisième élément, celui de la conscience sociale, englobe la capacité à détecter et à comprendre les émotions d’autrui et à y réagir. Enfin, la gestion des relations correspond à la capacité à inspirer et à influencer les autres tout en favorisant leur développement, à être catalyseur du changement et à gérer les conflits. Ces compétences sont hiérarchisées et ordonnées, ce qui signifie qu’il est difficile d’acquérir la deuxième composante avant d’avoir acquis la première. Pour Goleman, bien que le quotient intellectuel et les compétences techniques soient très importants, l’intelligence émotionnelle est une « condition sine qua non » du leadership : un bon leader est celui qui est apte à mettre en œuvre ce genre d’intelligence. L’idée de dépasser le traditionnel quotient intellectuel comme moyen de mesure de l’intelligence est, certes, un postulat très attrayant. En revanche, de nombreux chercheurs restent sceptiques face à ce concept qui serait quelque peu confus dans ses applications pratiques. Ces chercheurs ont ainsi commencé à mettre au point des instruments de mesure de l’intelligence émotionnelle qui permettent de connaître le quotient émotionnel (QE), c’est-à-dire la capacité à mobiliser son intelligence émotionnelle ; alors que certains grands groupes y ont recours lors de leurs recrutements, d’autres maintiennent une certaine réserve quant à leur pertinence et leur fiabilité. D’ailleurs les recherches scientifiques sur l’intelligence émotionnelle, en tant que concept clairement identifié, sont relativement éparses et différents modèles – parfois opposés sur le plan théorique – sont en compétition. Effet de mode ou représentation d’une réalité bien ancienne, l’intelligence émotionnelle prête à controverse. Toutefois, cela demeure un domaine très intéressant et potentiellement important qui mérite d’être surveillé. • Doctorante en gestion des ressources humaines - Centre de recherches, d’études et de développement de l’ESA (CRED) En coopération avec : ESA
Depuis plusieurs années, l’on accorde beaucoup d’attention à l’intelligence émotionnelle.
L’idée est de dépasser le quotient intellectuel (QI) traditionnel comme moyen de mesure de l’intelligence : celui qui réussira le mieux dans la vie n’est pas forcément le meilleur élève de la classe.
L’intelligence émotionnelle (IE) a notamment été popularisée par l’écrivain et psychologue américain Daniel Goleman, qui s’est inspiré de travaux académiques des années 90. Le modèle de Goleman développe quatre piliers principaux de l’IE.
Le premier, la conscience de soi : c’est la capacité à comprendre ses émotions, à reconnaître ses compétences et ses limites et à les utiliser à bon escient pour guider ses décisions. Ensuite, la maîtrise de soi : elle consiste à maîtriser ses émotions et...