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Actualités - Chronologie

Consommation Bijoux et joailleries au menu des fêtes des Libanais Liliane MOKBEL

Malgré la crise politique, les Libanais continuent apparemment à offrir bijoux et joailleries, pendant les fêtes de fin d’année. Selon les gens du métier interrogés dans notre enquête express, 20 à 30 % de leur chiffre d’affaires sont faits à l’occasion de la fête de Noël, que l’exercice financier soit, d’une manière générale, qualifié de bon ou de mauvais. Quant au prix de l’or, ils n’écartent pas l’hypothèse d’une nouvelle hausse de l’once d’or. Le ratio de la valeur de l’once d’or rapporté au baril de brut est inférieur à 16, soit inférieur au ratio atteint dans les années 80 lors de la flambée de l’or noir. Quant à la hausse de la valeur de l’euro face au dollar, celle-ci n’a pas eu d’effet sur les joailliers en général et particulièrement les Libanais d’entre eux. Le diamant et l’or sont achetés avec le billet vert et la main d’œuvre est rémunérée aussi en dollars. Selon un joaillier, qui a pignon sur rue à Sodeco, dont la maison a été établie en 1892 par son grand-père, la saison cette année est mieux que celle de l’année dernière en termes de volume des ventes. Le chiffre d’affaires aurait enregistré un accroissement de 30 %. Si le budget par personne a reculé en comparaison avec les années précédentes, le nombre de clients en hausse cette saison a compensé ce phénomène. Le budget moyen par client est de mille dollars, soit près de 40 % de moins que les saisons précédentes, souligne-t-il. Il affirme que les joailliers libanais, malgré une bonne saison cette année, sont très loin des chiffres d’affaires enregistrés dans les années 80 à 90. Prié de dire s’il avait l’intention de se déplacer de la rue Sodeco vers le souk des bijoutiers au center-ville, il déclare être réticent vu la conjoncture aléatoire dans le pays. Il insiste par ailleurs sur le fait que le prix du mètre carré est faramineux, soit environ 8 500 dollars le m2, alors que les bijoutiers ont été expropriés à la fin de la guerre avec des indemnités équivalant à près de 200 dollars le m2. « Le fait d’être présent au center-ville ne changera pas beaucoup la donne pour moi. Ma clientèle est composée de Libanais et d’expatriés libanais. Je n’ai pratiquement pas de clientèle arabe », dit-il. Mouvement d’expatriés Pour un autre joaillier établi aussi depuis 1892, la saison des fêtes de 2007 est aussi bonne que celle de 2006. « C’est miraculeux que nous tenions encore le cap », souligne-t-il. « N’empêche, ajoute la source, qu’il y a lieu de constater la disparition d’une certaine classe sociale de clientèle, la classe moyenne. » L’activité de sa maison de joaillerie, il la doit cette année, en grande partie, au mouvement des expatriés libanais, insistant sur le fait que les ressortissants arabes n’ont plus besoin de se déplacer à Beyrouth pour acheter des pièces de joaillerie, ils ont toute la gamme sur place, chez eux. « Le marché libanais demeure compétitif », fait-il remarquer, affirmant que la main-d’œuvre libanaise dans notre métier est caractérisée par sa créativité, la rapidité de sa production et sa rémunération très acceptable. Au sujet des articles de joaillerie les plus demandés par la clientèle, il évoque la bague et les boucles d’oreilles. « Les colliers en or sont chers en raison de la cherté de la matière première. Les Libanaises préfèrent s’acheter pour un même budget une bague et des boucles d’oreilles diamantés qui renferment moins d’or », dit-il. La source tient à rendre hommage à Fouad Siniora alors qu’il était ministre des Finances, il y a quelques années, soulignant qu’il avait légèrement taxé la joaillerie consolidant ainsi la compétitivité de la production locale et sauvant tout un secteur du périssement. Une fleur au Premier ministre Fouad Siniora comme il n’en reçoit pas tous les jours. Morosité au centre-ville Georges Mouzannar, dont la maison est située entre l’immeuble Virgin et celui de l’UFA, au center-ville, confie que son établissement a fait cette année 50 % du chiffre d’affaires de l’année dernière, qui a enregistré par ailleurs un recul de 75 % par rapport à 2004. « Les chiffres sont éloquents vu l’emplacement de nos magasins », dit-il. En réponse à une question, Georges Mouzannar se félicite de l’ouverture prochaine du souk des bijoutiers au centre-ville. « Le soleil se lève pour tout le monde. La création d’un souk représenterait une attraction pour la clientèle des pays arabes limitrophes. On n’a pas peur de la concurrence », relève-t-il, ajoutant « qu’avant la guerre, il y avait au souk des bijoutiers près de 99 opérateurs qui faisaient tous des affaires ». Joaillerie à l’ABC « Les ventes enregistrées les derniers quarante jours sont très concluantes et contrastent énormément avec le restant de l’année qui était plutôt morose », souligne Nadim Assi dont la maison porte le nom de famille et qui est établie depuis 1885. Il rappelle le nombre énorme de passagers qui ont franchi ces deux derniers mois le point de passage de l’aéroport et qui représentaient aussi bien des ressortissants arabes que des expatriés libanais. « L’argent dépensé par les touristes dope les rouages de l’économie », dit-il. L’ancien président du syndicat des bijoutiers met l’accent sur le fait que l’ouverture d’une antenne de la maison Assi à Dubaï a compensé environ 25 % du manque à gagner de la place de Beyrouth. Interrogé sur l’apport de l’installation d’une de ses succursales à l’ABC d’Achrafieh, Nadim Assi affirme que l’installation dans un mall constitue la plus grande publicité pour un magasin compte tenu des milliers de gens qui fréquentent la grande surface. « Le volume des affaires compense les loyers relativement élevés appliqués dans de telles surfaces », conclut-il.
Malgré la crise politique, les Libanais continuent apparemment à offrir bijoux et joailleries, pendant les fêtes de fin d’année. Selon les gens du métier interrogés dans notre enquête express, 20 à 30 % de leur chiffre d’affaires sont faits à l’occasion de la fête de Noël, que l’exercice financier soit, d’une manière générale, qualifié de bon ou de mauvais. Quant au prix de l’or, ils n’écartent pas l’hypothèse d’une nouvelle hausse de l’once d’or. Le ratio de la valeur de l’once d’or rapporté au baril de brut est inférieur à 16, soit inférieur au ratio atteint dans les années 80 lors de la flambée de l’or noir. Quant à la hausse de la valeur de l’euro face au dollar, celle-ci n’a pas eu d’effet sur les joailliers en général et particulièrement les Libanais d’entre eux.
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