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Actualités - Opinion

Damas ne cesse d’émettre des signaux décourageants

Les contacts intensifiés entre capitales occidentales et arabes ne donnent toujours rien. Alors même que la radicalisation des prises de position locales accentue le degré d’internationalisation du dossier libanais de plus en plus dépendant de la lutte des axes. Donc, de moins en moins indépendant. Le blocage prend manifestement sa source à Damas. Des opposants qui s’y sont tout récemment rendus en reviennent les bras ballants. Et s’avouent eux-mêmes découragés. Ils indiquent, en substance, avoir vainement démarché leurs interlocuteurs syriens en faveur de l’élection, immédiatement suivie par un débat sur la formation d’un nouveau gouvernement, précisant qu’une fois passé le cap de la Saint-Sylvestre, le Liban politique entrerait dans une zone de turbulences dangereuses difficiles à maîtriser. Mais, indiquent-ils, ils se sont heurtés à un mur. Car le régime d’à côté ne veut rien céder. Il persiste et signe : pas de scrutin avant un accord sur un soi-disant cabinet d’union. Avec, au minimum, un tiers de blocage. Dès lors, cette exigence, et d’autres énoncées dans la feuille de route remise par le 8 Mars à Aoun en vue de négociations, continue à se mettre en travers de la présidentielle. La majorité refuse tout à la fois que l’ordre des priorités soit inversé, que l’on fasse passer l’accord sur le gouvernement avant l’élection du général Michel Sleimane, et que la minorité obtienne le tiers de blocage. En précisant que pour sa propre part, elle accepte de ne pas réclamer les deux tiers. Autrement dit, qu’il y aurait, au sein du Conseil des ministres, un centre faisant fonction de fléau de la balance et empêchant l’un ou l’autre camp antagoniste d’imposer sa seule volonté. Un centre éventuellement formé de ministres relevant du prochain président de la République. Surprise À ce propos, des sources fiables indiquent que le général Sleimane s’étonne, dans ses assises privées, que la roue ait aussi vite tourné. C’est-à-dire que la majorité, qui s’opposait à l’amendement constitutionnel comme à l’avènement d’un militaire, se soit décidée à soutenir, et même à présenter, sa candidature. Alors que l’opposition faisait le chemin inverse ou presque. Car si elle se prononce également pour lui, elle pose des conditions préliminaires lui barrant la voie de Baabda. La majorité va-t-elle sauter l’obstacle, en élisant le général Sleimane à la moitié plus un ? Peu probable, et cela malgré les recommandations de Bush allant dans ce sens. En effet, dès qu’il eut entendu les propos du président américain, Saad Hariri, se trouvant en Arabie saoudite, a appelé Sleimane pour l’informer que pour sa part, il n’est pas du tout favorable à une telle procédure. Et qu’il continuerait à œuvrer afin que le général soit élu à l’unanimité. Du reste, la majorité saisit l’occasion pour faire un peu la leçon à ses vis-à-vis du cru. En leur soulignant qu’ils devraient, comme elle le fait par rapport à Bush, prendre leurs distances par rapport à Assad et autres Chareh ou Moallem. Pour qu’ensemble, entre Libanais, ils portent au pinacle le candidat d’entente unique. Mais c’est là tout juste un vœu pieux. Car de plus en plus, c’est l’extérieur qui pallie, du reste bien mal jusqu’à présent, l’incapacité chronique des locaux à décider par eux-mêmes, pour eux-mêmes. Bien mal, tout simplement parce qu’en définitive chacun des protagonistes extérieurs cherche à exploiter la crise libanaise, pour servir ses intérêts propres. D’où conflit suraigu entre les axes. Mais aussi dissonances, mal camouflées entre partenaires d’un même bord. Entre Américains et Franco-Européens, comme entre Syriens et Iraniens. La nostalgie n’est plus ce qu’elle était : en 82, Kamel el-Assaad avait court-circuité la requête syrienne d’empêcher l’élection, en imposant et en assurant le quorum des deux tiers. Par la suite, et comme on sait, il en a payé politiquement le prix, se trouvant évincé d’abord du perchoir par Hussein Husseini. Puis tout bonnement de la Chambre. Les députés d’aujourd’hui auront-ils le même courage, le même sens de la responsabilité nationale ? Descendront-ils, comme on dit familièrement, samedi au Parlement, pour élire Sleimane ? Réponse à travers les pourparlers des quelques jours à venir. Et l’on saura alors si oui ou non le régime syrien a raison quand il soutient que les Libanais sont tout simplement incapables de se gouverner eux-mêmes. Et qu’il leur faut un tuteur. Philippe ABI-AKL
Les contacts intensifiés entre capitales occidentales et arabes ne donnent toujours rien. Alors même que la radicalisation des prises de position locales accentue le degré d’internationalisation du dossier libanais de plus en plus dépendant de la lutte des axes. Donc, de moins en moins indépendant.
Le blocage prend manifestement sa source à Damas. Des opposants qui s’y sont tout récemment rendus en reviennent les bras ballants. Et s’avouent eux-mêmes découragés. Ils indiquent, en substance, avoir vainement démarché leurs interlocuteurs syriens en faveur de l’élection, immédiatement suivie par un débat sur la formation d’un nouveau gouvernement, précisant qu’une fois passé le cap de la Saint-Sylvestre, le Liban politique entrerait dans une zone de turbulences dangereuses difficiles à maîtriser. Mais,...