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Actualités - Opinion

EN DENTS DE SCIE Philosophie dans les boudoirs

Cinquante et unième semaine de 2007. C’est le spectacle de fin d’année de l’école Assad… En multipliant les mamours comme les mini-reproches mielleux à la France-de-l’après-Chirac autant que les jérémiades et autres pleurnicheries habituelles à l’adresse de l’Administration Bush ; en fantasmant sur une synergie franco-syrienne et en regrettant que les Français ne se soient pas réellement éloignés des Américains ; en louchant d’une façon insensée : un œil langoureux et avachi sur l’Élysée et l’autre, moqueur, défiant et très regarde comment je drague, sur la Maison-Blanche, le régime syrien arrache haut la main (celle du très bimbo Walid Moallem) la palme d’or du burlesque. Loin derrière, toutes proportions gardées, dans un tout autre genre mais en maintenant bien vivace l’esprit bateleur/baladin : les médaillés d’argent (George W. Bush) et de bronze (Nicolas Sarkozy). C’est bien joli de dénoncer, d’affirmer haut et clair avoir perdu patience, de rappeler le scrutin à la majorité plus une des voix ou d’exiger le respect de la date du 22 décembre pour l’élection présidentielle : joli et évidemment inutile. Pire encore : stérile et même humiliant lorsque l’on mesure ces ras-le-bol américano-français à l’aune du dixième report décidé hier soir par un Nabih Berry de plus en plus à côté de ses pompes. Ras-le-bol ? Parfait : qu’ils cessent de se gargariser de mots, d’aligner les prises de position, qu’ils agissent, sans s’ingérer le moins du monde dans les affaires libanaises ; qu’ils sanctionnent réellement, concrètement le régime syrien, qu’ils frappent exactement là où cela fera le plus mal. Ou alors qu’ils se taisent. Personne n’oubliera ce que la communauté internationale, France et États-Unis en tête, a fait pour, et, surtout, avec le Liban – avec la majorité au pouvoir et en gardant, une fois n’est pas coutume, les seuls intérêts libanais en tête. Mais personne ne comprend que ces mêmes partenaires et amis du Liban ne puissent agiter que ces rachitiques bâtonnets en velours ; qu’ils aient pu multiplier comme des petits pains (peut-être continuent-ils à le faire en coulisses) de grasses, de très appétissantes carottes. C’est bêta : avant de mandater le sympathique Tony Blair pour Israël et la Palestine, cette communauté internationale aurait dû penser demander à Jacques Chirac de s’occuper du (tout aussi) important dossier Liban. Un dossier-impasse qui risque de perdurer presque autant que le problème israélo-palestinien : avec les revendications néronesques et autres caprices de Castafiore sous Xanax des alliés et/ou amis de l’axe syro-iranien et avec le manque effarant de (pré)vision de la part d’une majorité définitivement lost in translation, l’élection du successeur du très oubliable Émile Lahoud (lequel doit bien rire en douce…) aussi bien que le départ du gouvernement Siniora se feront au moins dans une décennie. Peu de gens souhaitaient une délahoudisation par l’uniforme, peu de gens espéraient l’accession à la première magistrature d’un nouveau militaire, aussi différents que soient Lahoud et Michel Sleimane. Mais une fois l’idée acceptée, une fois la (grosse) pilule avalée, une fois le sacrifice consenti par tous et après avoir compris, aussi scandaleuse que soit cette réalité, que seule la candidature du patron de l’armée pouvait éviter au pays un morcellement qui semblait inéluctable, les tergiversations et les desiderata deviennent insensés. Inacceptables et insupportables sont désormais devenues ces incessantes conversations de salons, des bords de Seine, des rives du Potomac ou du Barada, comme celles qui rythment le cœur de Beyrouth. George W. Bush n’a pas inventé le fil à couper le beurre : l’ensemble de l’échiquier politique ayant accepté la candidature de Michel Sleimane, il est plus que temps aujourd’hui de l’élire d’une façon ou d’une autre. Lorsque les préliminaires deviennent à ce point interminables, fastidieux et soporifiques, le plus rudimentaire des instincts de survie impose la pénétration (dans le corps du sujet) : un vote. Parce que, finalement, il faut bien que tant de chair exulte – un minimum. Ziyad MAKHOUL P-S : Le général(issime) Aoun s’est insurgé hier contre ce qu’il a appelé les ingérences américaines – lesquelles, tout le monde est d’accord, ne sont que pur verbiage ; du blabla. Néanmoins, c’est de bonne guerre, et la majorité des Libanais salue les inquiétudes et l’exigence souverainistes du député du Kesrouan. Sauf que ces Libanais auraient souhaité l’entendre dénoncer avec autant de hargne les ingérences (c’est un euphémisme, vu leurs capacités de nuisance) syriennes. Mais non : « Il n’y a pas d’ingérences syriennes, les soldats de Damas se sont retirés du territoire libanais », martèle-t-on depuis plus de deux ans des quatre coins de Rabieh. Évidemment… Et les GI, tout le monde le sait, les ont vite remplacés : il suffit de regarder par la fenêtre : les soldats US sont partout… Sacré général(issime)…
Cinquante et unième semaine de 2007.
C’est le spectacle de fin d’année de l’école Assad…
En multipliant les mamours comme les mini-reproches mielleux à la France-de-l’après-Chirac autant que les jérémiades et autres pleurnicheries habituelles à l’adresse de l’Administration Bush ; en fantasmant sur une synergie franco-syrienne et en regrettant que les Français ne se soient pas réellement éloignés des Américains ; en louchant d’une façon insensée : un œil langoureux et avachi sur l’Élysée et l’autre, moqueur, défiant et très regarde comment je drague, sur la Maison-Blanche, le régime syrien arrache haut la main (celle du très bimbo Walid Moallem) la palme d’or du burlesque. Loin derrière, toutes proportions gardées, dans un tout autre genre mais en maintenant bien vivace l’esprit...