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Mégalopolis LES SORTIES DE LA SEMAINE

American Gangster, de Ridley Scott Avec Denzel Washington et Russell Crowe. L’action se déroule en 1968, à New York. Frank Lucas (Denzel Washington) a vécu pendant plus de vingt ans dans l’ombre du parrain noir de Harlem, Bumpy Johnson, qui en a fait son garde de corps et son confident. À la mort de ce dernier, Lucas ne tarde pas à prendre la relève, ayant appris tous les rouages du milieu. Il gardera néanmoins un profil bas et s’entourera de ses frères pour diriger ses affaires. Lucas va organiser, en collaboration avec des officiers américains basés au Vietnam, un véritable pont aérien transportant ainsi des tonnes d’héroïne pure inondant le marché. Tandis que le caïd amasse une fortune colossale, l’inspecteur Roberts, du NYPD, continue à mener ses enquêtes concernant la drogue. Une étrange partie de cache-cache va commencer entre ces deux professionnels de deux milieux différents dont les destins vont être à leur insu inextricablement liés. Marquant la troisième collaboration entre le réalisateur Ridley Scott et l’acteur Russell Crowe, American Gangster s’est entouré des vrais personnages qui sont encore en vie. Ainsi, Frank Lucas et Richie Roberts ont pu servir de conseillers techniques aux deux comédiens, les guidant dans leur gestuelle et leur manière d’être. Tout en sobriété, le magnifique Denzel Washington et le non moins magnifique Russell Crowe interprètent des rôles dans lesquels ils se fondent complètement. Un rythme bien soutenu (puisque, durant deux heures trente, on ne s’ennuie pas une seconde), une photo bien maîtrisée qui évoque, par ses coins d’ombre et son cadrage, la façon de filmer des années 70 et certainement un réalisateur qui ne fait jamais dans la demi-mesure puisqu’il arrive toujours à nous surprendre. GRAND CINÉMA ABC, CINEMACITY, EMPIRE DUNES/SODECO/GALAXY, FREEWAY, KASLIK Lions for Lambs, de Robert Redford Avec Tom Cruise, Robert Redford et Meryl Streep. Washington DC : un sénateur (Cruise) convoque une journaliste pour lui offrir la primeur d’une attaque en Afghanistan qui viserait à redorer le blason de la fin du mandat Bush. Berkely : un professeur de sciences politiques (Redford) discute avec son élève. Il lui reproche son apathie et son récent manque d’attention en cours alors qu’il représente à ses yeux un potentiel considérable pour l’avenir. Entre ces deux scènes qui se succèdent et qui s’enchaînent car elles sont simultanées (à noter l’horloge murale qui égrène les heures tant à Berkely qu’à Washington), une troisième scène prise en sandwich. Elle illustre une bataille (celle que le sénateur a évoquée), que craint d’ailleurs le professeur. Trois actions, six acteurs (ou probablement pions) impliqués de près ou de loin dans le combat de l’Amérique contre le terrorisme, mais également dans l’avenir d’un continent malade de sa propre politique. Robert Redford n’a pas froid aux yeux et, pour délivrer son message aux démocrates – « N’ayez pas peur et agissez » –, il ne va pas par quatre chemins. Il joue la carte de la sobriété et il la joue bien. Ne se suffisant pas de faire un diagnostic de la crise, Redford propose un remède. Qu’est-ce que le loup et qu’est-ce que l’agneau ? Le premier est à l’image du sénateur qui a le droit d’être écouté parce qu’il agit. Alors le réalisateur appelle à renverser la donne. Et si c’était Arian et Ernst, ces deux étudiants qui se sont enrôlés dans l’armée, qui avaient la capacité de ne plus être des agneaux et avoir le contrôle de l’avenir des États-Unis ? Alors l’entretien de Malley avec son élève Todd aurait donné ses fruits ! Le temps des changements a sonné pour Redford et il le montre bien, à condition que les jeunes se prennent en main et définissent leur propre politique à venir. Pour délivrer son message, Robert Redford a situé l’action dans trois lieux de pouvoir : université, médias et hémicycle. À eux de jouer. Avec d’excellents acteurs, entre autres Cruise, jeune loup aux dents… brillantes, c’est surtout la structure du film de Redford qui est intéressante. On peut gager d’avance que ce film n’intéressera pas une grande audience parce que l’action est presque absente, mais cela ne signifie pas pour autant que l’exercice n’est pas singulier. CINEMACITY, CONCORDE, ABRAJ, ZOUK Paris, je t’aime Un collectif de courts-métrages d’Olivier Assayas, Joel et Ethan Coen, Wes Craven, Gus Van Sant, Tom Tykwer et d’autres encore. Avec la participation d’une flopée d’acteurs français, anglais et américains, comme Gérard Depardieu, Fanny Ardant, Juliette Binoche, Steve Buscemi, Gena Rowlands, Ben Gazzara et Yolande Moreau … Flâner dans les différents quartiers de Paris, du 14e arrondissement à la rue Montmartre, des quais de la Seine au Père Lachaise et de la tour Eiffel au Marais, ce sont des rencontres et des petites histoires d’amour qui se tissent au fil des rues. Paris je t’aime un peu, beaucoup, à la folie, mais aussi pas du tout. Chaque spectateur y trouvera à son goût. L’amour vampirisé, malmené, incompris, mimé est mis sous le scalpel de plus de quinze grands réalisateurs internationaux. Ils ont bien voulu, à la demande du producteur Emmanuel Benhiby et des frères Carné, jeter un regard différent sur Paris. Un Paris tel qu’ils le voient, mais tel qu’on aime. C’est en fait une déclaration d’amour au cinéma. Mais dans ce projet à l’origine ambitieux, puisque tous les réalisateurs ont été soumis à des contraintes très strictes, deux jours et deux nuits seulement de tournage et une durée de cinq minutes à ne pas dépasser avec certainement un budget réduit au maximum. Les metteurs en scène ont obtempéré à ces demandes et ont accompli un formidable travail, tant sur le plan du scénario que sur celui de la réalisation. Mais tout projet ambitieux doit savoir s’écarter de la vanité qui mène parfois à la froideur. Tel était l’écueil qui n’a pas su être évité. C’est pourquoi on aboutit (mis à part certains courts-métrages étonnants d’élégance et d’émotion) à des regards glacés sur Paris. Dommage. Mais à voir quand même. EMPIRE SOFIL, ESPACE, FREEWAY Enchanted, de Kevin Lima Avec Patrick Dempsey et Susan Sarandon. Le film débute comme n’importe quel classique conte de fées. Giselle (Amy Adams), une belle princesse vivant dans les bois entourée d’animaux, rencontre le prince Edward et en tombe amoureuse. Il lui demande aussitôt sa main, mais sa belle-mère, l’acariâtre Narissa (Susan Sarandon), ne la voulant pas pour bru, va la pousser dans un puits. Giselle se retrouve propulsée à New York avec son écureuil qui parle. Perdue dans ce monde cynique, Giselle va rencontrer un bel avocat (Patrick Dempsey, alias Docteur Mac Dreamy, de Grey’s Anatomy ) qui va l’aider. Y aura-t-il une autre histoire d’amour ? Ce film, signé par les studios Disney, qui mêle le rire à la franche autoparodie, est un véritable enchantement. Le réalisateur Kevin Lima (Tarzan et 101 Dalmatiens), grand fan des films Disney, truffe son œuvre de références aux plus célèbres contes de fées. Il ose même la comparaison avec Mary Poppins. En effet, si la plus célèbre nanny du XXe siècle faisait passer ses enfants du monde réel à l’univers animé, dans ce film il s’agit du contraire. Enchanted est un avant-goût de l’émerveillement de la fête. CONCORDE, ZOUK, SAINT-ÉLIE, ABRAJ, CINEMACITY, EMPIRE SODECO Khalass, de Borhane Alaouié Avec Fadi Abi Khalil, Raymond Hosny, Natasha Ashkar et Rifaat Tarabay. Beyrouth est en pleine phase de reconstruction. La capitale libanaise connaît enfin la paix (?). Trois personnages, Ahmed, Robby et Abir, rescapés de la guerre, semblent se débattre tant bien que mal. Mais le malaise règne. S’en sont-ils vraiment sortis ? Les fantômes de la guerre ont-ils disparu ou hantent-ils encore leur vie ? Si Khalass n’est pas un film de guerre, il est certainement un film sur les conséquences de cette dernière. Pouvons-nous un jour dire que tout est terminé, qu’on peut tourner la page ? Sur fond d’histoire d’amour et d’amitié, Borhane Alaouié explore la ville et ses méandres ainsi que l’esprit humain et ses retors. Dans cette œuvre de fiction sombre, interprétée par de bons comédiens et qui ouvre la porte à maintes possibilités, absurde et réel se mélangent en toute harmonie dans le cadre d’un Beyrouth à la limite onirique. ESPACE, SODECO, METROPOLIS
American Gangster,
de Ridley Scott

Avec Denzel Washington et Russell Crowe.
L’action se déroule en 1968, à New York. Frank Lucas (Denzel Washington) a vécu pendant plus de vingt ans dans l’ombre du parrain noir de Harlem, Bumpy Johnson, qui en a fait son garde de corps et son confident. À la mort de ce dernier, Lucas ne tarde pas à prendre la relève, ayant appris tous les rouages du milieu. Il gardera néanmoins un profil bas et s’entourera de ses frères pour diriger ses affaires. Lucas va organiser, en collaboration avec des officiers américains basés au Vietnam, un véritable pont aérien transportant ainsi des tonnes d’héroïne pure inondant le marché.
Tandis que le caïd amasse une fortune colossale, l’inspecteur Roberts, du NYPD, continue à mener ses enquêtes concernant la drogue. Une étrange...