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Actualités - Opinion

La légitimité le délivrera

C’est étrange. On ne sait plus quoi penser. Le consensus ? Oui, pourquoi pas ? Il paraît que c’est l’unique moyen d’éviter le désordre. Mais ça veut dire quoi exactement ? Comment peut-on trouver un consensus entre des positions aussi éloignées ? Ah oui. Le consensus « à la libanaise »! Le fameux ni vainqueur ni vaincu. Et voilà. Retour à la case départ. Est-ce que ça valait la peine ? Rafic Hariri, Georges Haoui, Gebran Tuéni, Bassel Fleyhane, Samir Kassir, Pierre Gemayel, Walid Eido, Antoine Ghanem… Quel gâchis ! Le consensus ou le désordre. Est-ce vraiment le choix ? Quel est le Libanais saint d’esprit qui s’opposerait à un compromis évitant le dérapage ? Bien entendu, personne. Mais le compromis annoncé, est-il réellement entre des volontés libanaises ? Soyons plus clair. Le Hezbollah brandit la menace du désordre en l’absence d’un consensus. Il est farouchement opposé à toute remise en cause de son mini-État. Il renforce jour et nuit, sur terre et sous terre, son alliance avec le régime syrien. Il poursuit son occupation du centre-ville. Sur quelle base alors pense-t-il le consensus ? Dito du général Michel Aoun. Il s’accroche à l’entente avec Hezbollah. Il continue de ménager le régime syrien. Il maintient son occupation du centre-ville. Alors sur quelle base discuter? Est-ce vraiment un consensus, ou une capitulation qui est recherchée ? Nous ne sommes certainement pas aussi intelligents que nos illustres politiciens, mais ils peuvent quand même se donner la peine de nous expliquer le pourquoi du comment. Nous sommes capables de comprendre. Depuis 2005 au moins et beaucoup bien avant pour certains d’entre eux, ils s’échinent à nous remplir la tête de rêves de souveraineté, d’indépendance, de liberté, d’État de droit, d’avenir meilleur… Aujourd’hui les voilà, à l’heure de vérité, à la recherche du consensus. Est-ce pour dire que nous sommes contre la paix civile ? Évidemment que non. Tous les Libanais veulent la paix et veulent vivre tranquillement. Mais on en a marre des mensonges. On veut la vérité. Toute la vérité. La révolution du Cèdre était-elle une chimère ? Nos rêves de pureté, de fraternité, de souveraineté étaient-ils des mirages ? Le serment de Gebran était-il une illusion ? Vous devez assumer, Messieurs les politiciens. Bien sûr, nous ne voulons pas du désordre. Mais nous ne voulons pas non plus de compromissions. Pensez-vous que Walid Joumblatt par exemple soit moins patriote que vous ou moins soucieux de la paix civile que vous ne l’êtes ? Certainement pas. Alors comment se fait-il qu’il continue de clamer sur tous les toits les mêmes vérités ? À moins que ça soit un partage de rôles entre les faucons et les colombes. Dans tous les cas, sachez Messieurs que vous êtes, pour certains d’entre vous, à deux doigts de la faillite morale. Vous ne pouvez pas jouer impunément et indéfiniment avec la fibre patriotique d’un peuple. Vous avez gratté la lampe un 14 Mars. Vous ne pouvez pas faire rentrer le génie sur un simple claquement des doigts. Nous voulons tous la paix civile. Mais nous refusons de reculer pour mieux sauter. Nous sommes convaincus de notre droit. C’est celui de la légitimité nationale. « Ils » peuvent discourir jour et nuit sur la Constitution. « Ils » peuvent brandir leur index autant qu’ils veulent. Ils ne changeront rien à la réalité. La légitimité est immuable car elle est au-delà de tout circonstanciel. Et vous êtes la légitimité de la République. Alors, de grâce, continuer votre recherche du compromis mais sans compromissions. Soyez « aiguisés comme la justice, inclinés comme la modestie et par le tranchant de la légitimité vous délivrerez le Liban ». Raymond NAMMOUR Côte d’Ivoire
C’est étrange. On ne sait plus quoi penser.
Le consensus ? Oui, pourquoi pas ? Il paraît que c’est l’unique moyen d’éviter le désordre.
Mais ça veut dire quoi exactement ? Comment peut-on trouver un consensus entre des positions aussi éloignées ? Ah oui. Le consensus « à la libanaise »! Le fameux ni vainqueur ni vaincu.
Et voilà. Retour à la case départ.
Est-ce que ça valait la peine ? Rafic Hariri, Georges Haoui, Gebran Tuéni, Bassel Fleyhane, Samir Kassir, Pierre Gemayel, Walid Eido, Antoine Ghanem…
Quel gâchis !
Le consensus ou le désordre. Est-ce vraiment le choix ?
Quel est le Libanais saint d’esprit qui s’opposerait à un compromis évitant le dérapage ? Bien entendu, personne.
Mais le compromis annoncé, est-il réellement entre des volontés libanaises ?
Soyons plus clair.
Le...