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Actualités - Chronologie

Scène de ménage entre Benitez et ses patrons américains

Il les accuse de ne rien comprendre au football, ils lui répondent de se taire et d’entraîner : avant le match de Ligue des champions contre Porto ce soir, le divorce est consommé entre l’entraîneur de Liverpool Rafael Benitez et ses patrons d’Amérique. L’Espagnol reproche à George Gillett et Tom Hicks, qui ont acheté le club la saison passée, leur peu d’empressement à acquérir le milieu Javier Mascherano, actuellement prêté, et à acheter d’autres joueurs, comme le défenseur du Racing Santander, Ezequiel Marcelo Garay. « Il est vraiment temps pour Rafa d’arrêter de parler de nouveaux joueurs et d’entraîner ceux que nous avons. Nous lui avons dit de se concentrer sur ses matches et rien d’autre », lâche Hicks. Lui et son associé ont dépensé 70 millions d’euros cet été, pour acheter Fernando Torres, Ryan Babel, Yossi Benayoun, Andreï Voronine et Lucas Leiva. Benitez a d’abord répondu par la moquerie à la vexation patronale. Habitué aux costumes élégants, il s’est présenté en survêtement devant la presse samedi après la victoire à Newcastle, répétant comme un mantra : « Je m’occupe de l’entraînement et de rien d’autre. » Antiaméricanisme Puis l’insubordination s’est fait méprisante : « Ils ne comprennent pas comment fonctionne le mercato d’hiver en Europe. Ce n’est pas un système de draft » comme dans les sports américains. Et de se lancer dans un appel au peuple flattant l’antiaméricanisme des supporteurs à qui les millions déversés par Hicks et Gillett n’ont pas fait oublier qu’à leur arrivée, ils avaient décrit le club comme une « franchise » : « Cela fait longtemps que nous sommes là, nous savons ce que signifie la passion du football. Les supporteurs qui étaient avec moi à Istanbul (ndlr : pour la victoire en C1 en 2005) savent ce que le club signifie pour moi. » À court terme, cela devrait marcher, « Rafa » étant populaire. Les supporteurs ont prévu de lui témoigner leur soutien ce soir. Mais le sort de Jose Mourinho, adulé à Chelsea, aurait dû rappeler à Benitez que s’en prendre de front à ses patrons conduit à terme vers la sortie. Stratégie de sortie ? Sa situation sportive ne lui assure pas une assurance tous risques. Un revers aujourd’hui rendrait palpable la perspective d’une coûteuse élimination dès les phases de poule en Ligue des champions. Dans un championnat qui lui échappe depuis 1990, Liverpool, 3e, compte six points de retard sur Arsenal. Dimanche, Hicks et Gillett ont dû démentir la rumeur d’un limogeage de l’Espagnol qui courait les rues de Liverpool. « S’ils perdent contre Porto, que Manchester United gagne à Anfield (ndlr : en décembre), les Américains vont se dire : avec tout l’argent dépensé, il n’y a pas de retour. Benitez s’est mis dans une situation précaire », met en garde l’ancien défenseur du club, Mark Lawrenson. À tel point que beaucoup se demandent si cet homme intelligent ne s’est pas engagé sciemment dans une stratégie de sortie en fin de saison, voire plus rapidement. Il avait déjà quitté Valence après un conflit sur le recrutement avec ses dirigeants. Récemment courtisé par le Bayern Munich, Benitez n’a jamais fait mystère de son rêve d’entraîner son équipe de toujours, le Real Madrid. Pour l’heure, il dément vouloir partir. Mais il le reconnaît : entre lui et Liverpool, où il est arrivé en 2004, « quelque chose a changé ».
Il les accuse de ne rien comprendre au football, ils lui répondent de se taire et d’entraîner : avant le match de Ligue des champions contre Porto ce soir, le divorce est consommé entre l’entraîneur de Liverpool Rafael Benitez et ses patrons d’Amérique.
L’Espagnol reproche à George Gillett et Tom Hicks, qui ont acheté le club la saison passée, leur peu d’empressement à acquérir le milieu Javier Mascherano, actuellement prêté, et à acheter d’autres joueurs, comme le défenseur du Racing Santander, Ezequiel Marcelo Garay.
« Il est vraiment temps pour Rafa d’arrêter de parler de nouveaux joueurs et d’entraîner ceux que nous avons. Nous lui avons dit de se concentrer sur ses matches et rien d’autre », lâche Hicks. Lui et son associé ont dépensé 70 millions d’euros cet été, pour acheter Fernando...