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Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Il y a un an… Cheikh Pierre Gemayel Je vous écris cette lettre un an après votre disparition ; ce triste 21 novembre 2006, où les mains meurtrières vous ont arraché à nous… Votre famille se porte bien ; elle souffre certes, mais elle continue de croire et œuvre pour la cause que vous avez tant défendue. Elle n’a délaissé aucun chapitre de ce livre que vous aviez ouvert, ce livre en lequel tout le parti Kataëb croit. Je vous écris en cette période décisive pour le Liban, où les Libanais sont inquiets sur leur sort. Ils attendent peut-être parfois un signe de là-haut, cet au-delà qui pourrait leur être d’un grand secours, ils attendent peut-être aussi que vous apportiez les réponses justes à leur système corrompu. Eh oui, cheikh Pierre, c’est ainsi que va le pays. Mais je vous rassure : les Libanais ne perdent jamais espoir, un jour viendra où ils pourront changer les choses. Reposez en paix et ne vous inquiétez pas pour nous. Vos idées sont là, nous en sommes imprégnés et nous allons les réaliser. On vous le promet. Vous nous manquez. Christy MASSABNI Étudiante Au nom de l’amitié Il fut un temps où il ne se passait pas un seul jour, une seule heure ou une seule minute où l’on ne se voyait pas, où l’on ne jouait pas ensemble, où l’on ne riait ou pleurait ensemble. Pierrot, où es-tu parti et pourquoi ? Tu nous as quittés sans te retourner, tu nous as brisé le cœur et laissés sans autre voix que celle de la révolte. Mais tu nous as aussi laissé des souvenirs dont nous ne nous séparerons jamais. Du temps de notre enfance à l’âge adulte, nous nous terrions ensemble dans les maisons de Charles Bachir, Benjamin, Alexandre, Lolo, Pierrot et toute la bande. Comment oublier, mon ami, mon frère, quand nous faisions les pitres et récoltions les « chut ! » qui fusaient de partout ? Quand nous étions alignés l’un à côté de l’autre, nous étions heureux, inconscients du danger et de la mort qui rôdait autour de nous. Comment oublier tout ça, mon ami, mon frère. T’en souviens-tu ? Te souviens-tu quand « ammo Amine » a brigué la présidence ? Tu en étais si fier et nous l’étions tous, bien que nous appréhendions chaque minute les dangers qu’il encourait. Le danger était là, et le spectre de la mort. Je refuse que tu sois mort. Ne serait-ce qu’un mauvais rêve ? Toi, mon ami, tu étais ce qu’il y a de plus beau, de plus grand, de plus humble, de plus persévérant. Tu avais toujours le mot gentil, sans aucune vantardise, sans jamais un air suffisant, mais toujours une amabilité sans pareil. C’est le don que Dieu t’avait donné, la capacité de montrer à chacun qu’il avait de l’importance pour toi. C’est pour ça, mon ami, que tu as été aimé et le resteras. Repose en paix, mon ami, mon frère. Ton ami de toujours. Maroun Lawrence CHIDIAC À l’encre de mes pleurs À l’encre de mes pleurs, je t’écris ces mots, À l’ombre de leurs armes, je retiens mes sanglots, Ton Liban plongé dans le drame, Tente de se relever du chaos, Depuis que tu as rendu l’âme, La patrie souffre de tous les maux, Ton départ tranche, véritable lame, Le rêve d’un Liban nouveau. À l’encre de nos pleurs, je laisse couler ces mots, Ton absence prend un goût de drame, Et la blessure, tel un fléau, Déchire nos cœurs jusqu’à l’âme, Brise nos rêves, nos idéaux, Et de la patrie éteint la flamme De voir grandir un jour nouveau. Bickfaya noyé dans les larmes, Veut rendre hommage à son héros. À l’encre de mes pleurs, je veux graver ces mots, Sur la pierre de ton absence, conclure d’un dernier sanglot, Ce 21 novembre où, agressé par tes bourreaux, Ton courage a brillé, face à ces lâches suppôts Et si te perdre fut un drame, pour ta famille, Aujourd’hui le Liban, cher Pierre, clame fort et haut : Repose serein, tu fais honneur à ton drapeau. Tania NASRALLAH Et pourquoi pas trois présidents ? C’est normal : un président pour la majorité, un président pour l’opposition et, enfin, un président pour ceux qui n’ont que faire des uns comme des autres. Quelle joie ! Ce serait une première supermondiale et tous les Libanais seront heureux. Chacun gouvernera à sa façon. Il y aura trois « Baabda » et un « super Baabda », où les trois présidents se réuniront pour un mezzé-arak. Et le tour est joué. Chaque président aura ses alliances intérieures et surtout extérieures, et les vaches anémiques seront bien gardées. Nous aurons, comble de la joie, trois gouvernements et une tapée de ministres. Et le Parlement, me diriez-vous ? On n’en a que faire: inutile et coûteux. Le transformer en cafétéria pour les inutiles. Adieu donc veaux, vaches, moutons couvées et vives les Républiques libanaises ! Raymond NADER Nice Pour un Liban indépendant et uni Officier français en retraite, chrétien pratiquant, je suis avec anxiété, depuis toujours, la situation libanaise. J’ai eu autrefois, dans nos écoles militaires, des camarades libanais très attachants ; l’un d’entre eux s’était hissé au sommet de l’État avant de disparaître tragiquement. Tous les jours, j’ouvre votre journal et, plus particulièrement, les éditoriaux. Bravo à tous ces rédacteurs et journalistes qui s’engagent, au péril de leur vie, pour leur pays ! Je tiens plus précisément à souligner aujourd’hui le courage de Issa Goraïeb et à espérer pour vous une issue « heureuse » au conflit actuel dans lequel je ne vois pas du tout quel est le jeu de certains chrétiens. Je dois dire, à ce propos, mon respect pour l’acharnement de notre ministre des AE. Je souhaite très sincèrement un Liban indépendant et uni. Je crois que beaucoup de mes compatriotes partagent ce point de vue, attachés qu’ils sont au pays du Cèdre. Jean-Claude FURET France Téléphone cassé Le renard passe passe, On n’arrive pas à savoir, Ou peut-être que c’est les « 7 familles » ? Dans la famille « présidentiable » Je voudrais… Entre-temps, c’est le yo-yo avec les nerfs du citoyen. Et si les édiles se rendaient au Parlement Pour exercer leur droit de vote ? Tout simplement. Serge SÉROFF Dépendance Aujourd’hui, nous fêtons notre dépendance ! Notre dépendance des pays étrangers. Nous fêtons notre dépendance de nos passions, de notre manque total de sens civique et de nationalisme. Notre dépendance de nos chamailles, de nos haines, nos préférences justifiées et injustifiées. Le gouffre du vide absolu nous menace, nous happe, absorbant le peu d’énergie qui nous reste encore pour pouvoir crier : Vive le Liban ! Vive l’indépendance du Liban ! Alice TAMER Le dernier repas Le dernier repas Le 31 janvier 1990 commençait la guerre fratricide entre le général Aoun et M. Samir Geagea, les deux ayant été floués par l’Amérique, afin que tombe le dernier bastion (chrétien) au Liban. Effectivement, il est tombé et cela aura été, du moins pour moi, la pire épisode de ces quinze ans de guerre civile au Liban. Aujourd’hui, le même scénario se répète, mais avec plus d’ampleur... Une ampleur terrifiante, angoissante, qui fait mal au cœur et à l’âme, une ampleur qui vous prend aux tripes. Les protagonistes sur la scène libanaise se croient « couverts » par la force de leurs alliés régionaux et internationaux, et ne voient pas la duperie et les intérêts des autres nations tellement leur soif du pouvoir et leurs haines les uns envers les autres sont grands ! Pauvre Liban, il aura mérité de bien meilleurs leaders ! Qu’arrivera-t-il dans les heures à venir, alors que se joue l’avenir du Liban ? Un moment historique que tous attendent, localement et internationalement, le souffle coupé. Mais soyons réalistes, personne ne cédera car tous nos dirigeants (ou presque) sont irresponsables ou mus par leur propre ego. Non, la sagesse, il ne faudra pas compter dessus. On a appris à ne plus rêver… Y aura-t-il de nouveau une guerre civile fratricide comme avant ou, malheureusement cette fois-ci, les protagonistes seront plus nombreux sur scène ? Sombrerons-nous dans le vide et le chaos comme en Irak ? En tout cas, nos voisins israéliens et syriens doivent jubiler. Comme Michel Aoun serait grand s’il se retirait humblement (comme l’avait fait dans le temps le très avisé président Camille Chamoun, suite à la guerre qui avait eu lieu entre ses milices et les Forces libanaises) ! Oui, général, vous seriez alors vraiment le roi, le candidat de l’entente – comme vous aimez bien le souligner à chaque fois – si vous vous retiriez à la dernière minute pour sauver le Liban. Général, l’avenir du Liban est entre vos mains. Soyez grand. De la grandeur du Liban. Michèle AOUN Koweït NDLR Dans le nombreux courrier que nous recevons quotidiennement, certaines lettres comportent des passages qui seraient difficilement publiables. Pour cette raison, et aussi afin de faire paraître le plus grand nombre possible de lettres, le journal se réserve le droit de n’en reproduire que les parties les plus significatives et d’en rectifier certains termes désobligeants. En outre, chaque missive doit comporter la signature (nom et prénom) de son auteur. Les lecteurs, nous en sommes certains, le comprendront, ce dont nous les remercions par avance.
Il y a un an…


Cheikh Pierre Gemayel
Je vous écris cette lettre un an après votre disparition ; ce triste 21 novembre 2006, où les mains meurtrières vous ont arraché à nous…
Votre famille se porte bien ; elle souffre certes, mais elle continue de croire et œuvre pour la cause que vous avez tant défendue. Elle n’a délaissé aucun chapitre de ce livre que vous aviez ouvert, ce livre en lequel tout le parti Kataëb croit.
Je vous écris en cette période décisive pour le Liban, où les Libanais sont inquiets sur leur sort. Ils attendent peut-être parfois un signe de là-haut, cet au-delà qui pourrait leur être d’un grand secours, ils attendent peut-être aussi que vous apportiez les réponses justes à leur système corrompu.
Eh oui, cheikh Pierre, c’est ainsi que va le pays. Mais je vous rassure : les...