Unique. Exceptionnel. Incroyable. Ahurissant.
Simplifions.
Des élections législatives ont eu lieu. Des observateurs internationaux ont confirmé la régularité du scrutin. Des parlementaires ont été élus. Une majorité a soutenu un gouvernement. Une minorité s’est constituée en opposition.
Et voilà l’opposition qui remet en cause la règle du jeu en brandissant le désordre.
« Soit je gagne, soit je renverse la table ! »
Et pourquoi la majorité ne gouverne-t-elle pas ? Ah oui, la démocratie consensuelle !
Dans ce cas, à quoi ça sert, la démocratie ? Puisque le consensus doit primer, à quoi sert le Parlement ? Les élections ? Le gouvernement ? Chaque groupe n’a qu’à désigner ses représentants avec un droit de veto pour chacun et qu’on en finisse de cette mascarade « démocratique ».
Pire. Aujourd’hui l’opposition se présente en porte-parole de la souveraineté populaire. Elle propose une élection présidentielle au suffrage universel direct. Mais alors où est le consensus dans l’utilisation de la démographie massive d’une communauté au détriment des autres ? À moins que l’opposition ne pense à une élection par le peuple, mais limité aux seuls électeurs chrétiens. Le poste du président n’est-il pas réservé aux chrétiens ? Il reviendrait donc à ces derniers de choisir librement leur président. Et même dans ce cas, le suffrage universel chrétien suppose une révision du régime qui est du domaine de l’impensable actuellement.
Trêve de fantaisies.
La démocratie est une chose. Le consensus en est une autre. Et la démocratie proportionnelle est également autre chose.
La majorité a été légalement mandatée par le peuple pour un mandat de quatre ans. Elle a payé le prix de ses convictions. Elle est par conséquent condamnée à aller de l’avant.
Et ni les attentats ni le chantage à l’apocalypse ne réussiront à l’ébranler car elle a la responsabilité devant Dieu, devant l’histoire et devant la nation de doter le pays d’un président de la République.
Et cela quelle que soit la tournure des discussions en cours. Et on verra bien la suite.
Pour mémoire. La communauté chrétienne a été exclue de la vie politique pendant une quinzaine d’années. Où se cachaient alors les défenseurs du consensus national ?
Un État ne peut s’épanouir sous la menace permanente d’une implosion. Il est impératif qu’il y ait un vainqueur politique et un vaincu politique pour asseoir les fondations d’un État de droit.
Le ni vainqueur ni vaincu est valable dans une guerre fratricide. Sommes-nous en guerre ou à la veille d’une guerre fratricide ? Évidemment que non. Les guerres fratricides sont révolues à jamais. Et les quelques jeunes pris en photos en « pique-nique armé » sont largement en dessous du strict minimum pour déclencher de quelconques hostilités. Quant aux armes du Hezbollah, ce dernier est le premier à en connaître les limites. Et puis cette fois-ci, la Grande Muette, auréolée par la victoire du Nord, est aux aguets.
Alors de grâce, qu’on arrête de se faire peur inutilement. Saisissons, au contraire, l’occasion qui nous est donnée de découvrir, une bonne fois pour toutes, si ce système politique est viable ou pas. Et s’il ne l’est pas, que chacun assume ses choix. Nous, nous sommes pour la révolution du Cèdre. Eux, ils sont pour le retour aux relations « privilégiées ». Nous, nous sommes pour la culture de la vie. Eux, ils sont pour la culture du sacrifice. Nous, nous sommes pour la loyauté. Eux, ils sont pour l’opportunisme et le pouvoir à tout prix.
C’est leur droit d’être ce qu’ils veulent. C’est notre droit d’être ce que nous voulons.
Nous avons respecté la règle du jeu. Le Metn en est un dernier témoin. Ils n’ont qu’à faire de même. Sinon, le jeu se fera sans eux.
Raymond NAMMOUR
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Simplifions.
Des élections législatives ont eu lieu. Des observateurs internationaux ont confirmé la régularité du scrutin. Des parlementaires ont été élus. Une majorité a soutenu un gouvernement. Une minorité s’est constituée en opposition.
Et voilà l’opposition qui remet en cause la règle du jeu en brandissant le désordre.
« Soit je gagne, soit je renverse la table ! »
Et pourquoi la majorité ne gouverne-t-elle pas ? Ah oui, la démocratie consensuelle !
Dans ce cas, à quoi ça sert, la démocratie ? Puisque le consensus doit primer, à quoi sert le Parlement ? Les élections ? Le gouvernement ? Chaque groupe n’a qu’à désigner ses représentants avec un droit de veto pour chacun et qu’on en finisse de cette mascarade « démocratique ».
Pire....