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Actualités - Opinions

Les lecteurs ont voix au chapitre

Mercenaires et élites À l’heure où le pays traverse la période la plus critique de son existence, la prolifération des compagnies privées de sécurité inquiète les Libanais, surtout qu’avec l’enquête publiée dans L’Orient-Le Jour il y a quelques jours sur le rôle des armées privées en Irak, cela pourrait être interprété comme un message clair sur l’avenir de la sécurité dans notre pays. Déjà pour déposer ou retirer une somme d’argent d’une banque, vous êtes épié comme un bandit. Pour l’achat d’un bijou, entre portes blindées et autres portes codées, on se sent confronté au mystère des Pyramides. Pour les supermarchés, et malgré l’inefficacité des produits de détection utilisés pour les voitures, il faut toujours faire la queue. Autant de précautions, alors que le pays regorge de mercenaires de diverses tendances et couleurs, de tireurs d’élite parfaitement entraînés, en provenance des pays pauvres, pour tirer sur tout ce qui bouge, comme en Irak, afin probablement de paver la voie au retour des milices... Antoine SABBAGHA Hors sujet En écoutant l’autre jour notre hymne national sur une des chaînes télévisées locales, je n’ai pas pu m’empêcher de décortiquer le contenu du texte. Les pionniers de l’indépendance doivent sûrement, à l’heure qu’il est, se retourner dans leur tombe. Nos politiciens ont sans doute mal interprété ce qui devrait, en principe, constituer l’essence de leur combat. Tous pour la patrie... ou plutôt pour le fauteuil. Pour la gloire, oui, si c’est celle de l’inflation, la hausse du nombre de jeunes Libanais qui émigrent ou bien même la crue de l’égocentrisme chez chacun de nos pseudoreprésentants. Pour le drapeau... avec toutes les couleurs possibles et imaginables, sauf les nuances de notre drapeau libanais. Chers « élus », une chance vous est donnée d’écrire une nouvelle page de l’histoire de notre pays. Saisissez-la afin d’éviter que notre terre se transforme en poudrière et notre hymne en requiem. Paola EL-KHAZEN Tous les aspects de la question Madame Torrès, Notre employée de maison accomplit les tâches domestiques avec, en permanence, le téléphone portable de la maison sur les oreilles, papotant et rigolant avec les copines. Elle n’a nullement l’impression d’être séquestrée ou martyrisée, croyez-moi. Elle a sa télévision, son DVD, et reçoit dans sa chambre ses amies, souvent dans l’après-midi, et s’habille à la dernière mode. Ma mère est souvent traitée par une partie de ses connaissances d’être laxiste et permissive. Cela pour vous dire que vous auriez été plus professionnelle en l’envisageant dans tous ses aspects. Nos ex-employées de maison continuent de nous appeler pour nous donner de leurs nouvelles et s’enquérir des nôtres. Il y a une relation d’amitié qui s’est établie entre nous ; elles nous envoient des photos de leur enfants, des cartes de vœux aux occasions… Pourquoi n’avoir pas tenté un débat constructif au lieu de condamner violemment tout un peuple, et d’en faire le titre d’une émission ? On a le sentiment que vous le faites par défi, esprit revanchard ou même jalousie. Une grande partie des Libanais, qui traitent bien leur personnel de maison, se sentent blessés par votre article. Ils donnent, eux, une chance à ces personnes de gagner leur vie, alors qu’elles crèvent de faim dans leur patrie. Une chance tout simplement d’avoir une vie normale, d’épargner de l’argent et de revenir la tête haute parmi les leurs. De cela nous avons des exemples par milliers auprès de nos amis, de nos ex et actuelles employés de maisons qui sont prêts à en témoigner. Elles ont voyagé aux États-Unis grâce aux économies accumulées au Liban, construit des maisons et même acquis des terrains. Les employées de maison perçoivent un salaire équivalent au smic libanais et sont augmentées d’année en année pour enfin atteindre au bout d’une dizaine d’années un salaire plus élevé qu’un bon nombre de Libanais. Beaucoup d’entre elles sont chouchoutées et entièrement prises à charge par les familles libanaises. Donc : achat d’habits, de médicaments, de cadeaux de Noël, etc. Cela leur permet d’épargner la totalité de leurs salaires. Elles ont leur jour de congé hebdomadaire. Un détail : tous les employés au Liban, à part quelques exceptions, travaillent les samedis. Améliorer leur condition représente sûrement une bonne cause et il importe de dénoncer ceux qui maltraitent leurs employés. Mais condamner comme ça, sans nuances... Rania TUENI « Pays d’esclaves » vraiment ? On a déjà pratiquement tout dit sur le reportage de Mme Torrès sur « l’esclavage au Liban ». Ce reportage a blessé beaucoup de personnes par sa façon de généraliser et de grossir les faits. Paradoxalement, il a même choqué les personnes qui ont toujours cherché à lutter contre les abus et autres excès liés au traitement des « bonnes » au Liban. C’est dire combien ce reportage est mal conçu. Dénoncer par exemple l’attente à l’aéroport « sans boire ni manger », ou la tenue de service « imposée aux bonnes » est sans aucun doute d’un ridicule affligeant. Pensez-vous vraiment que les aéroports en France, aux États-Unis ou ailleurs sont plus accueillants envers les passagers du tiers-monde ? Dans les pays civilisés, n’impose-t-on pas également une tenue de service aux cuisiniers, chauffeurs, infirmiers ?… S’agit-il pour autant d’une discrimination ? Vous dénoncez ceux qui ont fui leur maison durant la guerre en laissant leur domestique enfermée. Ne pensez-vous vraiment pas qu’il s’agit de cas isolés de personnes ignorantes et totalement irresponsables ? Les 30 000 ressortissantes qui ont été rapatriées par leurs ambassades ne comptent-elles pas dans la balance ? Savez-vous seulement qu’il y en a qui avaient refusé de retourner dans leur pays malgré les pressions de leurs familles parce qu’elles se sentaient bien plus en sécurité au Liban dans leur « nouvelle famille » ? Le problème du traitement des domestiques au Liban existe bel et bien. Mais ce n’est sûrement pas de la sorte qu’il faut le combattre. Ceux que vous avez visé sont les téléspectateurs de France 2 et les lecteurs du Monde et de L’Orient-Le Jour qui sont en majorité des gens de culture, ayant suffisamment connaissance des droits de l’homme pour ne pas maltraiter un être humain qui qu’il soit.  À travers ce reportage non seulement vous avez raté votre cible mais vous avez détruit l’image de ceux qui luttent justement contre ces excès et qui risquent désormais d’être pris à mal par leurs amis français qui feront nécessairement ce même amalgame à cause de vous. Une campagne d’information locale à travers des panneaux ou des encarts publicitaires aurait nécessairement eu beaucoup plus d’effets qu’une dénonciation gratuite dans les médias français. Ce n’est pas sur des chaînes françaises qu’il faut mener votre lutte, mais ici, sur le terrain. Votre action n’aura fait que ternir l’image du pays et des Libanais en général sans apporter aucune solution au problème. Une vraie solution par exemple passerait par la création d’une commission impliquant des juristes et des représentants des ambassades qui traiterait les problèmes au cas par cas. À propos, comment réagiriez-vous si je titrais un article : « La France, pays de la traite d’enfants » en réaction au tout récent scandale des Français accusés d’avoir enlevé une centaine d’enfants originaires du Darfour pour les faire « accueillir » en France moyennant finances ? Pour moi, la France est et restera ce symbole de liberté et de fraternité qui, ne vous en déplaise, inspire encore bon nombre de Libanais ! Marie-Thérèse NAJJAR
Mercenaires et élites

À l’heure où le pays traverse la période la plus critique de son existence, la prolifération des compagnies privées de sécurité inquiète les Libanais, surtout qu’avec l’enquête publiée dans L’Orient-Le Jour il y a quelques jours sur le rôle des armées privées en Irak, cela pourrait être interprété comme un message clair sur l’avenir de la sécurité dans notre pays. Déjà pour déposer ou retirer une somme d’argent d’une banque, vous êtes épié comme un bandit. Pour l’achat d’un bijou, entre portes blindées et autres portes codées, on se sent confronté au mystère des Pyramides. Pour les supermarchés, et malgré l’inefficacité des produits de détection utilisés pour les voitures, il faut toujours faire la queue. Autant de précautions, alors que le pays regorge de...