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Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Encore un massacre On tue nos hommes, on tue nos arbres, on massacre nos vies et nous ne réagissons presque plus. Nous sommes devenus apathiques, fatigués : de la violence, rien que de la violence et un bien triste avenir pour nos enfants. Alors que nos forêts, oliveraies, vergers, arbres centenaires se pliaient sous les flammes, alors que nous regardions ébahis, désespérés, impuissants disparaître les quelques espaces verts qui demeuraient, j’aurais tant souhaité entendre nos nombreux politiciens changer de discours, s’engager à reboiser un coin perdu, enflammé, du Liban. Nous ne sommes pas dupes, nous les voyons occasionnellement participer à la plantation d’un arbre, pioche à la main et sourire aux lèvres. Mais il faut assumer le défrichage, l’arrosage, les engrais nécessaires pour redonner vie à tant de vies perdues. Citoyenne de Deir el-Qamar, je salue et suis reconnaissante a tous ces hommes et femmes qui ont bravé les dangers et ont participé à l’opération de sauvetage, avec des moyens, admettons-le, rudimentaires. Sauver un arbre, c’est sauver une vie. Nombreux sont ceux qui aimeraient unir leurs efforts aux miens pour effacer les cendres et planter... planter l’amour, planter l’espoir, planter la vie. Ne sachant à qui m’adresser, étant donné que nos responsables sont irresponsables, je me tourne vers L’Orient-Le Jour, notre fidèle compagnon au quotidien, pour diffuser ma lettre tout en me portant volontaire pour collecter des fonds dans le but de cicatriser notre terre ensanglantée et meurtrie, brûlée à vif. « Dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions suivent », a écrit Antoine de Saint-Exupéry. Ama Tabet DELIFER Au feu ! Il faut être naïf ou simplet pour croire que cette vague de chaleur du 1er octobre, parfaitement orchestrée et qui, en moins de 48 heures, embrasa tout le territoire, était une simple catastrophe naturelle, comme il en survient habituellement avec les dernières chaleurs de l’été. En tant que l’un des témoins de mon petit village natal de Midane, situé au flanc de Jezzine, j’ai pu assister à cette tragédie. Tout commença la veille du week-end par le survol à très basse altitude d’avions ennemis. Le matin, les rares vieux paysans qui survivent encore se dirigèrent comme à l’accoutumée vers leurs champs pour la cueillette, les uns des raisins, les autres des pommes. Soudain, dans l’un des vergers abandonnés à la broussaille, le feu se déclencha et ne tarda pas à encercler les maisons. Et malgré le retard de la Défense civile, dotée de bien modestes moyens, le feu fut presque circonscrit. Mais le lendemain, l’opération se répéta aux premières heures de l’aube. La cloche de l’église représenta l’unique recours pour alerter les gens. Après d’inlassables efforts, le feu fut maîtrisé, laissant cette fois un vrai spectacle de désolation. Objectif donc atteint. Il faut attendre plus de cinq ans pour exploiter ses biens. Et dans ces circonstances difficiles où toutes les familles vivent au quotidien, la vente de ces terres à majorité maronite, et druze dans d’autres villages du Chouf, sera l’unique échappatoire. Enfin, une terre brûlée ne coûte pas aussi cher pour changer toute une démographie d’un pays unique par sa mosaïque et qu’on veut à tout prix briser. Habitants de nos montagnes, ouvrez l’œil, et le bon. Nazira A. SABBAGHA Fanatisme et traditions Depuis la chute de l’empire soviétique, un changement d’alliances politico-sécuritaires a lieu dans les pays du tiers-monde, à commencer par ceux qui représentaient ses satellites, alors que d’autres pays, qui comptaient sur cet empire afin de contrer les visées expansionnistes d’autres superpuissances, notamment les États-Unis, ont initié un changement radical. Malheureusement, la majorité de ces pays est tombée dans le fanatisme raciste ou religieux. Ce fut un mauvais départ pour un nouveau siècle. Notre petit pays se trouve en plein milieu d’un conflit ayant à la base une injustice vieille de plus de soixante ans et que tous les régimes arabes précédents ont échoué à résoudre avec l’aide de l’empire déchu. Les nouveaux moyens en cours se basent dorénavant sur un mouvement de masse à caractère religieux unificateur dans un monde arabe très sensible aux principes divins. Il est difficile pour l’heure de prévoir la réussite ou l’échec de cette nouvelle. La mosaïque religieuse libanaise doit pouvoir survivre à cette nouvelle phase du conflit moyen-oriental sans tomber dans la confusion entre lutte à caractère religieux et fanatisme séculaire. Les communautés libanaises sont inévitablement forcées de faire face à cette nouvelle situation ; elles le feront au mieux si elles ne confondent pas fanatisme avec traditions. Les traditions religieuses, sous toutes leurs formes, enrichissent la communauté à laquelle elles appartiennent, elles l’identifient et assurent sa pérennité. Les traditions ne tuent pas, le fanatisme tue. Il ne faut jamais confondre entre ces deux et ce n’est que dans un milieu « fédéralo-communautaire » que chaque individu libanais s’épanouira, gardant et perpétuant de génération en génération ses traditions sans jamais tomber dans le fanatisme fatal. Toufic KLAT

Encore un massacre


On tue nos hommes, on tue nos arbres, on massacre nos vies et nous ne réagissons presque plus. Nous sommes devenus apathiques, fatigués : de la violence, rien que de la violence et un bien triste avenir pour nos enfants. Alors que nos forêts, oliveraies, vergers, arbres centenaires se pliaient sous les flammes, alors que nous regardions ébahis, désespérés, impuissants disparaître les quelques espaces verts qui demeuraient, j’aurais tant souhaité entendre nos nombreux politiciens changer de discours, s’engager à reboiser un coin perdu, enflammé, du Liban. Nous ne sommes pas dupes, nous les voyons occasionnellement participer à la plantation d’un arbre, pioche à la main et sourire aux lèvres. Mais il faut assumer le défrichage, l’arrosage, les engrais nécessaires pour redonner vie à tant...