Il est des chênes très difficiles à abattre, des phares pour l’humanité, universels et éternels, des exemples indestructibles de dignité et de noblesse, des héros qui luttent toute leur vie contre les injustices, les dérives et les crimes des régimes totalitaires du monde, et qui n’acceptent ni compromission ni subordination au prix de sacrifices personnels énormes.
Aung San Suu Kyi est probablement la plus emblématique, la plus charismatique d’entre eux. Véritable héroïne des temps modernes, cette frêle femme de 62 ans, privée de liberté depuis 18 ans, assignée à résidence depuis quatre ans, se bat seule avec une foi inébranlable et une volonté farouche contre une des juntes militaires les plus coriaces de la planète.
Elle est tenace, Aung San Suu Kyi qui, tel un roseau qui ploie mais ne rompt jamais, car portée par tout un peuple et ses propres idéaux et rêves de démocratie.
Elle est tenace, Aung San Suu Kyi pour accepter de rester si longtemps éloignée de sa famille, de ses enfants, de sacrifier sa jeunesse et finalement sa vie sur l’autel du devoir envers la patrie.
Elle est tenace, Aung San Suu Kyi, car elle a tout simplement compris qu’au-delà de son propre destin, elle représente l’espoir et l’avenir du peuple birman, peuple muselé, brimé injustement et sauvagement depuis 40 ans et qui voit en cette silhouette juvénile, au sourire si serein, la promesse d’un monde meilleur.
Nos très chers députés de la majorité devraient urgemment se pencher sur son cas et faire de même, car bien que censés être calfeutrés à 70 dans un grand hôtel du centre-ville bunkérisé pour l’occasion, j’ai eu la mauvaise surprise… de rencontrer deux d’entre eux et par le plus pur des hasards, en moins d’une semaine, dans des lieux assez incongrus pour des personnes hautement menacées : l’un dans un hôpital, visitant un parent, l’autre devant une école. Oui, une école !
Cibles potentielles, nos députés et autres ténors de la majorité n’ont-ils pas compris que de leur maintien en vie dépend actuellement la survie de notre peuple ?
N’ont-ils pas encore compris que, du fait de l’échéance présidentielle, le sauvetage de notre terre exsangue dépend de leur survie ? La victoire du Printemps de Beyrouth et la déroute finale de nos assassins, apparemment si bien informés et d’une efficacité frustrante et surprenante à chaque assaut, valent tous les sacrifices. Alors se balader – même une fois – dans la capitale, faire fi des menaces, se montrer fataliste est un crime envers leur famille d’abord mais surtout envers le Liban tout entier et les âmes innocentes et si chères, fauchées à chaque attentat et dont le seul crime est leur amour inconditionnel du pays et leur acharnement à y vivre. En un mot comme en cent : nos représentants nous doivent de rester en vie. Rien, mais vraiment rien, ne justifie les prises de risques inutiles même pour des raisons très valables, qu’elles soient familiales, politiques ou au pire sociales. Le Phoenicia, avec ses chambres luxueuses et ses services irréprochables, est un paradis comparé à la prison d’Aung San Suu Kyi. Leur enfermement est adouci par leur vie en commun et les visites de leur famille. La grande dame de Rangoon n’a pas ce luxe, elle qui fut confrontée il y a quelques années au plus diabolique des chantages : son mari britannique se mourait d’un cancer à Londres. La junte lui permit alors et après maintes tergiversations de se rendre au chevet du mourant, mais à une seule condition : ne pas revenir. Mais Aung San Suu Kyi, inflexible, préféra sa prison birmane à un exil forcé et peut-être doré. Elle mit sa douleur personnelle en sourdine pour l’amour de son pays et l’avenir de son peuple.
Immense exemple à méditer et si possible à suivre…
furieusement…
Dr Maria BASSIL
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Aung San Suu Kyi est probablement la plus emblématique, la plus charismatique d’entre eux. Véritable héroïne des temps modernes, cette frêle femme de 62 ans, privée de liberté depuis 18 ans, assignée à résidence depuis quatre ans, se bat seule avec une foi inébranlable et une volonté farouche contre une des juntes militaires les plus coriaces de la planète.
Elle est tenace, Aung San Suu Kyi qui, tel un roseau qui ploie mais ne rompt jamais, car...