Les bases de la croissance mondiale sont aujourd’hui solides et les conséquences des récentes turbulences financières ne devraient pas être dramatiques, a estimé hier Dominique Strauss-Kahn, directeur général désigné du Fonds monétaire international (FMI).
Lors de sa première conférence de presse depuis sa désignation vendredi, Dominique Strauss-Kahn a de nouveau réaffirmé sa volonté de donner une place plus importante aux pays émergents au sein du FMI tout en précisant que cela ne se traduirait pas par une réduction du poids des États-Unis.
Le FMI doit être là pour « aider les peuples, pas pour leur imposer des potions insupportables », a-t-il fait valoir.
« Personne ne peut s’attendre à ce que le pourcentage qu’il nous faut dégager pour le distribuer à d’autres pays puisse venir des États-Unis », a-t-il déclaré en anglais devant les journalistes.
Sans l’intégration des pays émergents, « il n’y a pas de solution (...) La volonté d’avancer vers le multilatéralisme est présente aussi au sein du gouvernement américain. Cela rend crédible mon envie d’avancer » dans la réforme du FMI, a-t-il insisté.
Pour Dominique Strauss-Kahn, « il faut faire la réforme des quotas, mais il faut aller au-delà ».
« J’ai fait des propositions, j’en attends d’autres pour que dans le mode de prise de décisions, on puisse tenir compte du nombre de pays concernés, et pas seulement des quotas (financiers), de façon à ce qu’on entende mieux (ces) pays », a-t-il expliqué, prônant également une meilleure diversité dans le personnel du FMI.
Pour assurer le financement de l’institution, DSK a évoqué la possibilité de vendre des stocks d’or, ce qui n’a pas semblé poser de « problème » lors de ses discussions avec les ministres des Finances, les banquiers centraux et les gouvernements rencontrés dans le cadre de sa candidature.
« La question n’est pas vraiment un problème, il est possible de le faire, mais ce n’est suffisant en soi », a-t-il dit.
La réduction des effectifs est également « sur la table » pour diminuer les coûts de fonctionnement du FMI. Il n’y a pas de raisons pour lesquelles « cette institution ne serait pas capable d’être plus efficace, plus pertinente et (...) moins coûteuse », a-t-il estimé.
Tout en se gardant de vouloir donner une « conférence de presse sur le fond » avant sa prise de fonctions effective le 1er novembre, Dominique Strauss-Kahn s’est voulu rassurant sur la situation de l’économie mondiale.
« Le choc que nous continuons de vivre à la suite de la crise du marché hypothécaire américain va certes avoir des effets sur la croissance, mais je ne pense pas qu’on puisse les mesurer aujourd’hui (...) Je ne pense pas que ces effets soient dramatiques », a expliqué Dominique Strauss-Kahn.
« Sans doute l’année qui vient sera-t-elle encore une année dans laquelle les pays émergents vont tirer la croissance mondiale », ce qui justifie leur revendication d’avoir plus de poids dans les institutions internationales
Au bout de l’année 2008, « nous en serons, je crois, encore pour la croissance mondiale à un taux très honorable », a-t-il déclaré dans les locaux européens du FMI.
Interrogé sur la sous-évaluation de la devise chinoise, Dominique Strauss-Kahn a plaidé pour des « réponses multilatérales ». Il n’y a aucun intérêt à « laisser ce débat s’envenimer », a-t-il souligné.
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Lors de sa première conférence de presse depuis sa désignation vendredi, Dominique Strauss-Kahn a de nouveau réaffirmé sa volonté de donner une place plus importante aux pays émergents au sein du FMI tout en précisant que cela ne se traduirait pas par une réduction du poids des États-Unis.
Le FMI doit être là pour « aider les peuples, pas pour leur imposer des potions insupportables », a-t-il fait valoir.
« Personne ne peut s’attendre à ce que le pourcentage qu’il nous faut dégager pour le distribuer à d’autres pays puisse venir des...