Les groupes rebelles du Darfour, dans l’ouest du Soudan, n’ont jamais paru aussi divisés sur les négociations de paix avec Khartoum réclamées avec insistance par les Nations unies et l’Union africaine fin octobre en Libye. Les deux organisations ont appelé vendredi, à l’issue d’une réunion d’une trentaine de pays sur le Darfour à New York, tous les groupes rebelles à aller négocier la paix le 27 octobre à Tripoli, sous peine de s’exposer à des sanctions. Mais l’appel ne semble pas pour le moment produire d’effet sur l’un des principaux chefs rebelles, Abdel Wahid Mohammad Nour, qui reste inébranlable dans son refus de négocier, exigeant d’abord une trêve réelle sur le terrain. Cette position exaspère des commandants sur le terrain, issu de son propre mouvement, celui de libération du Soudan (SLM), qui viennent de lui contester sa stratégie, lui reprochant de ne pas avoir conscience, depuis son exil parisien, de la réalité de la situation et des souffrances de la population. « Nous avons une vision différente de celle de M. Nour sur la stratégie d’une sortie du conflit », a déclaré à l’AFP un représentant du groupe dit de 19 commandants, Abdel Karim Jar al-Nabi, selon lequel « les problèmes ne peuvent être résolus que par la négociation ». Le groupe des 19 est bien implanté dans le nord du Darfour où il continue de subir les attaques des forces gouvernementales, dont la dernière, qui a fait un mort civil, remonte à jeudi, selon M. Jar al-Nabi.
Un autre groupe rebelle et non des moindres, le SLM d’Ahmad Abdel Chafi, bien implanté dans le sud du Darfour, a demandé de repousser la date des négociations jusqu’à la mise en place d’une trêve réelle sur le terrain. Le groupe estime, dans un communiqué reçu jeudi par l’AFP, que les parties prenantes au conflit « ne sont pas encore prêtes à engager des discussions politiques réelles », alors que Khartoum se dit prêt à parler avec les rebelles. Pourtant, ce groupe a participé début août à une réunion en Tanzanie avec sept autres factions qui s’étaient alors entendues sur une « plate-forme » commune de revendications en vue de pourparlers de paix.
Autre indice sur les divisions des groupes rebelles, une réunion de coordination de cinq d’entre eux s’est achevée vendredi à N’Djamena sans résultat et sur une vague annonce d’une autre rencontre dont ni la date ni le lieu n’ont été fixés. Plus encore, la situation sur le terrain ne semble pas aider à calmer les esprits, avec la poursuite quasi quotidienne des violences au Darfour. Pour achever le tableau, personne ne connaît au juste les positions sur les négociations des nombreuses factions qui constituent la nébuleuse des groupes rebelles plus ou moins actifs sur le terrain. La rébellion, constituée au départ de trois mouvements, dont un seul a signé la paix avec Khartoum, le SLM de Minni Minawi, a ensuite éclaté en nombreux groupes dont certains sont formés par une poignée d’hommes.
Mohammad HASNI (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les groupes rebelles du Darfour, dans l’ouest du Soudan, n’ont jamais paru aussi divisés sur les négociations de paix avec Khartoum réclamées avec insistance par les Nations unies et l’Union africaine fin octobre en Libye. Les deux organisations ont appelé vendredi, à l’issue d’une réunion d’une trentaine de pays sur le Darfour à New York, tous les groupes rebelles à aller négocier la paix le 27 octobre à Tripoli, sous peine de s’exposer à des sanctions. Mais l’appel ne semble pas pour le moment produire d’effet sur l’un des principaux chefs rebelles, Abdel Wahid Mohammad Nour, qui reste inébranlable dans son refus de négocier, exigeant d’abord une trêve réelle sur le terrain. Cette position exaspère des commandants sur le terrain, issu de son propre mouvement, celui de libération du Soudan (SLM),...