Jeudi 19 septembre, Antoine Ghanem, un « homme d’honneur », et ses deux gardes du corps sont tombés.
Le destin de deux autres victimes était de se trouver, là, sur les lieux du crime terroriste. Dommages collatéraux.
Collatérale l’affection maternelle de Samia Baroudi ?
Collatéral le sourire de Charles Chikhani ?
Jeune homme de vingt-huit ans, parti faire des études et revenu travailler et vivre au Liban, Charles Chikhani y trouve une mort insensée.
En juillet 2006, j’ai fait évacuer mon fils pour qu’il regagne à temps la Suisse où il entreprend des études, ravivant ainsi le souvenir douloureux de ma propre évacuation en 1975.
Pour dédramatiser nos adieux au pied du taxi l’emmenant en Syrie, je lui dis mi-figue, mi-raisin : « T’inquiète pas pour moi, tu connaîtras mes sentiments quand vers 2037 tu évacueras tes propres enfants ! »
C’est mon fils, les yeux et le cœur accrochés sur CNN, qui m’informe de chaque nouvel attentat. Ma réaction spontanée et viscérale est de lui enjoindre de ne plus jamais revenir.
Aujourd’hui, la famille de Charles Chikhani le porte en terre.
Aujourd’hui, la mère de Charles Chikhani se sépare de son sourire pour toujours.
Aujourd’hui, au moment de porter Charles Chikhani en terre, on ne devrait pas ceindre son cercueil du drapeau libanais mais ceindre le drapeau libanais du corps de Charles Chikhani et le mettre non pas en berne mais en terre. Oui, enterrer ce drapeau et ce pays avec lui !
Car à quoi sert un pays qui tue ses enfants ?
Carla YARED
Jeudi 19 septembre, Antoine Ghanem, un « homme d’honneur », et ses deux gardes du corps sont tombés.
Le destin de deux autres victimes était de se trouver, là, sur les lieux du crime terroriste. Dommages collatéraux.
Collatérale l’affection maternelle de Samia Baroudi ?
Collatéral le sourire de Charles Chikhani ?
Jeune homme de vingt-huit ans, parti faire des études et revenu travailler et vivre au Liban, Charles Chikhani y trouve une mort insensée.
En juillet 2006, j’ai fait évacuer mon fils pour qu’il regagne à temps la Suisse où il entreprend des études, ravivant ainsi le souvenir douloureux de ma propre évacuation en 1975.
Pour dédramatiser nos adieux au pied du taxi l’emmenant en Syrie, je lui dis mi-figue, mi-raisin : « T’inquiète pas pour moi, tu connaîtras mes sentiments quand vers 2037 tu...
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