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Actualités - Opinion

Mourir à 6 ans Anne-Marie EL-HAGE

Thaër n’avait que 6 ans. Il se trouvait hier à bord d’un bus, avec sa famille, entre Bagdad et Baaqouba, lorsqu’un sanguinaire franc-tireur lui a ôté la vie. Le petit Irakien s’est éteint dans les bras de sa mère, impuissante, qui n’a pu que bercer son petit garçon et lui fermer les yeux, une toute dernière fois. Ultime caresse, baignée de larmes et de sang, de mots tendres et rassurants, de désespoir et de résignation, de colère aussi, surtout. Qu’aurait-elle pu faire d’autre, Wafa’, à part montrer à son fils mourant la force de son amour, alors qu’elle aurait tant voulu hurler sa douleur ? Avant de s’endormir pour l’éternité, le petit Thaër a-t-il seulement ressenti l’immensité de cet amour ? Thaër était-il chiite ou sunnite ? Peu importe ! C’était avant tout un enfant comme tant d’autres, avec des rires et des larmes, avec des rêves plein la tête, de l’espoir à en revendre et un dégoût pour la guerre. Même s’il jouait sans aucun doute à la guerre, comme tous les enfants de son âge. Thaër n’avait que 6 ans. Il figure désormais dans le meurtrier bilan d’une banale journée de la guerre d’Iraq : plus de 20 tués et de nombreux blessés, lit-on dans les titres de la presse. Un fait divers, comme tant d’autres, n’était-ce cette photo d’une poignante tristesse, qui montre en direct la mort de cet enfant, ensanglanté, victime de la barbarie humaine... Victime d’un tireur embusqué, mû par je ne sais quelle folie, qui a carrément décidé de lui faucher la vie, de l’arracher à l’amour des siens. Demain, la page sera tournée, une nouvelle photo fera la une de la presse, parfois moins triste, parfois plus dure aussi. D’autres enfants tomberont sous les balles de fous de la guerre, ou périront dans de sanglants attentats terroristes... ...Rien que parce qu’ils ont le malheur d’être des enfants d’Irak. La scène est malheureusement familière aux Libanais, victimes eux aussi, durant les trop longues années de la guerre libanaise, de la barbarie des francs-tireurs qui fauchaient, impitoyables, enfants, vieillards et femmes, le long des lignes de démarcation. Elle ne leur apparaît que plus triste et plus cruelle, car la mort d’un enfant n’est pas seulement révoltante, elle est tout simplement impardonnable.
Thaër n’avait que 6 ans. Il se trouvait hier à bord d’un bus, avec sa famille, entre Bagdad et Baaqouba, lorsqu’un sanguinaire franc-tireur lui a ôté la vie. Le petit Irakien s’est éteint dans les bras de sa mère, impuissante, qui n’a pu que bercer son petit garçon et lui fermer les yeux, une toute dernière fois.
Ultime caresse, baignée de larmes et de sang, de mots tendres et rassurants, de désespoir et de résignation, de colère aussi, surtout. Qu’aurait-elle pu faire d’autre, Wafa’, à part montrer à son fils mourant la force de son amour, alors qu’elle aurait tant voulu hurler sa douleur ? Avant de s’endormir pour l’éternité, le petit Thaër a-t-il seulement ressenti l’immensité de cet amour ?
Thaër était-il chiite ou sunnite ? Peu importe ! C’était avant tout un enfant comme tant...