On devrait cloner notre ministre de la Culture…
… Et avoir ainsi plusieurs Tarek Mitri. (Se référer à L’Orient-Le Jour du samedi 25 août, page 4).
On pourrait ainsi clouer le bec à certains de nos politiciens – que dis-je certains, à tous ceux qui paradent continuellement sur nos chaînes et qui s’envoient des insultes dignes des pires voyous, eux qui sont censés donner l’exemple à tous ces jeunes qui ne jurent que par eux et qui les suivent comme des moutons de Panurge !
Tarek Mitri serait-il le seul homme sensé, conscient parmi nos dirigeants ?
Une pièce de théâtre géante devrait être montée, libre de toute censure (au fait, pourquoi les talk-shows télévisés ne sont-ils pas soumis à la censure ?) afin que tous ces dinosaures de la vie politique puissent enfin laver leur linge sale, évacuer leurs vieilles rancœurs et vexations d’une manière saine et inoffensive… et passer à autre chose.
Qu’ils prennent donc en exemple, à leur tour, ces jeunes qui font un travail sérieux et bénéfique sur eux-mêmes, aidant, par ricochet, tout un peuple à soigner ses vieilles blessures d’une manière positive et constructive.
À quand donc une énorme esplanade en place et lieu de ce camp qui pourrit le centre-ville et nous pourrit la vie, pour que soient exorcisées, digérées et enterrées toutes les douleurs passées ?
Unissez-vous, gens du théâtre, et montez-nous donc un gigantesque spectacle digne de ce nom qui fasse exploser, une fois pour toutes, ce cancer purulent qui métastase à l’infini.
Claude AMMOUN
L’hélicoptère de la vie
Depuis plus de trois mois, un hélicoptère fend l’air à toute vitesse, survolant la ville vers les plus proches hôpitaux, dans un ronronnement qui finit par passer inaperçu. À son bord, un cœur qui lutte contre la mort, s’accrochant désespérément à cette vie qu’il a si vaillamment défendue. Cet homme avait le courage des soldats et l’âme des héros qui ne craignent pas de mourir. Il avait 20 ou 25 ans. Dans ces camps de haine, il a marché vers la mort comme on marche vers la gloire et l’honneur, la tête haute et le regard brillant. L’horreur et la peur, il les a affrontées avec, comme seule arme, son courage et sa foi dans son pays, ce pays qu’il voulait à son image : fier, libre et indépendant, ce pays livré aux mains des pires assassins. Il avait espéré un signe, une trêve qui lui permettrait de retrouver ses siens. Mais les responsables, vautrés dans leurs villas et dans leurs palais, trop occupés à régler leur propre honneur bafoué, poursuivaient leurs valses d’insultes et d’injures, le laissant se débattre dans une cause qui ne semble pas les concerner. Et tandis que cet hélicoptère défiant la mort poursuivait inlassablement son va-et-vient, accompagné par les pleurs des mères éplorées et les cris d’un peuple qui n’en peut plus d’agoniser, à son bord, un cœur s’accroche désespérément à la vie, alors qu’au loin, dans ce camp de la haine, des soldats tombent jour après jour, abreuvant cette terre de leur sang de héros.
À ces soldats animés de courage et d’espoir, à ceux qui donnent leur vie pour que nous vivions fiers et indépendants, toutes nos pensées et prières s’élèvent au passage de ces hélicoptères de la vie.
Lamia Sfeir DAROUNI
NDLR
Dans le nombreux courrier que nous recevons quotidiennement, certaines lettres comportent des passages qui seraient difficilement publiables. Pour cette raison, et aussi afin de faire paraître le plus grand nombre possible de lettres, le journal se réserve le droit de n’en reproduire que les parties les plus significatives et d’en rectifier certains termes désobligeants. En outre, chaque missive doit comporter la signature (nom et prénom) de son auteur. Les lecteurs, nous en sommes certains, le comprendront, ce dont nous les remercions par avance.
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